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CHAPITRE IV. — INDUSTRIE

Imprimeries et librairies.

Saumur possède deux imprimeries, et chacune d’elles sert à la

publication d’un journal : l’un, P'Echo saumurois, l’autre, le Cour-

mer de Saumur. Le premier est dirigé par M. Godet, et le second par M. Roland. À chacune de ces imprimeries avec lithographie, se trouve réunie une librairie.

Vins champagnisés.

Au nombre des produits industriels de Saumur, nous devons

» citer et avec avantage, à raison du perfectionnement auquel ils sont

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arrivés, les vins mousseux ou thampagnisés de M. A. B. Ackermann, dont la première émission dans le commerce remonte. à l'année 1834.

Après plusieurs essais infructueux faits avec les vins blancs du pays, M. Ackermann, à l'exemple des Champenois, n’emploie plus maintenant que le vin provenant de raisins rouges. Les plants qui le fournissent sont connus sous le nom de plants nobles de la Touraine. et les raisins viennent de cette contrée.

Saumur, Angers et Chalonnes sont les seules localités dans le département de Maine-et-Loire où l’on fabrique des vins de cette sorte, et qui depuis longtemps déjà s’expédient sur différents points de l’Europe et même en Amérique.

Quant aux vins dits des coteaux de Saumur, voy. Dampierre,

Souzay, Parnay, Turquant, Montsoreau, ete.

Emaillerie,

Depuis un temps immémorial, l’émaillerie de Saumur jouit d’une

réputation justement méritée. Indépendamment d’une foule d’objets variés qu’elle livre au commerce, elle confectionne surtout, et avec une grande perfection, des yeux de mammifères et d'oiseaux

pour la taxydermerie, et même des yeux pour l’espèce humaine; ”

mais ceux-ci, comme on peut bien le croire, ne se vendent pas par paire lorsqu'il s’agit de les détailler.

Fabrication de echapelets.

La fabrication des chapelets occupe en quelque sorte toute la population du faubourg de Fenet. Les perles qu’elle emploie sont variées et de différentes matières, mais dont la dureté est assez considérable pour en assurer la durée. Elles sont ou en bois, ou en fruits, ou en graines, ou bien en verre et en émail.

Les perles en bois de houx prennent diverses coulenrs, mais la noire les fait ressembler à des perles faites en bois d’ébène.

Les perles en bois et fruits (noyaux) du cocotier (Coccos nucifera,

L.) restent dans leur couleur naturelle, ainsi que celles fournies

par les fruits des deux palmiers ivoires des vallées du Pérou (Phytelephas macrocarpa, Ruis. et Pav., et Phytelephas microcarpa, Ruis. et P.). Ces dernières resemblent à celles que Pon fait avec livoire,dont elles ont la dureté et la couleur à s’y méprendre.

Les graines de larmille ou larmes de Job (Loix lacryma, L.), ou plutôt les involucres fructifères de cette graminée sont employées comme perles toutes faites. Il en est de même des graines de l’'Abrus precatorius, L., etc.

Le ls

— Quant aux perles en verre et en émail, celles-ci confectionnées

par les émailleurs, elles sont de différentes formes, grosseurs et

couleurs.

Les chapelets de Saumur, expédiés autrefois en nombre considé-

“rable pour l'Espagne, le Portugal et l'Amérique méridionale, ont

— sufhi seuls pour faire la fortune d’un certain nombre de négociants;

et aujourd’hui encore, le commeree qui les transporte sur un grand

-— nombre.de points en tire des profits salisfaisants.

un

Fabrique de lacets.

. La fabrique des lacets de Saumur, dont la mise en activité remonte vers l’année 1834, continue de donner des produits de bonne qualité. |

Usine à gaz, etc.

Au bord de la Loire, près de l’abreuvoir, se trouve l’usine à gaz our l'éclairage de la ville de Saumur, et dont l’époque remonte à ‘année 1840.

L’entrepreneur de cet établissement a eu l'heureuse pensée de faire construire un four à chaux pour utiliser le coke restant de la fabrication du gaz. Ce four, construit en 1849, est alimenté, nous a-t-on dit, avec le calcaire d’eau douce provenant des carrières de

Champigny-le-Sec.

Fabrication d'engrais.

Aux Huraudières, lieu situé sur le bord de la Loire, est un établissement d’équarrissage et d’engrais animalisé, créé en 1843 ou 1848 par M. Rocher jeune.

Sans vouloir entrer ici dans tous les détails des procédés employés pour la confection de cet engrais, nous ferons remarquer seulement que les matières qui entrent dans sa composition sont on ne peut plus convenables pour en assurer le succès :

Chairs provenant de l’équarrissage des animaux ; Os de ceux-ci réduits en poudre ; Et charbon de tourbe sous forme pulvérulente.

Les os sont réduits en poudre sur les lieux au moyen de meules mises en mouvement par la vapeur; et la tourbe qui se prend à Méron, sur les bords de la Dive, est transformée également, sur les lieux mêmes de son extraction, d’abord en charbon, puisen poudre, au moyen de meules anglaises mues par une chute d’eau établie sur la Dive, en amont de la Motte-de-Bourbon. — Voy. Méron.

Ce nouvel engrais, dit le Conseil de salubrité de Saumur, privé

entièrement d’acide sulfurique, ce mortel ennemi des plantes, enrichi d’alcalis, de sels et surtout d’azote, principes que les plantes s’assimilent pendant la décomposition dans le sol, ne peut manquer de fixer l’attention des agronomes.

Confection de balais.

La chicorée sauvage, croissant naturellement et en abondance

dans les terres calcaires de l’arrondissement de Saumur, les habitants des campagnes ont su tirer parti de ses tiges, en les cueillant après la floraison, pour en faire des balais propres au nettoyage des aires où l’on bat le grain.

A défaut de cette plante, les tiges de la condrille (ckondrilla juncea, L.), qui croit naturellement dans les champs sablonneux, sont employées au même usage. — Ce genre d'industrie n’entre pas dans le commerce. Nous devons citer aussi par rapport à leurs

inventions, savoir : 1° M. Passedoit pour sa locomobile spéciale- ,

ment destinée au service des fermes, et son manége à transmission ; 2° M. Neveu (Elie), de Saumur, pour sa baratte à doubles ailettes tournant en sens inverse.

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