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CHAPITRE I. — MONUMENTS HISTORIQUES

Ancien château fort de Pouancé.

L'ancienne et petite ville de Pouancé autrefois entourée de mu-

railles, recèle les ruines d’un vieux château-fort situé au nord, sur un

rocher schisteux et dont les eaux du vaste étang sinueux et allongé de Saint-Aubin-de-Pouancé viennent baigner le pied.

« Ce château, dit M. le marquis de Preaulx (1), était, dès la première moitié du xr° siècle, déjà regardé comme une forteresse trèsimportante, et de grands souvenirs se rattachent à son nom. »

Pour donner une appréciation convenable de cette ancienne for-

(1) Notice généalogique et historique sur Pouancé et la Guerche, par M, le mar-

quis de Preaulx.

teresse, il est bon de faire remarquer, qu’indépendamment de la position au nord qu’elle occupe et qui la garantissait suffisamment de ce côté, elle était formée de quatre enceintes. La première, qui entourait la ville, est restée inachevée ; la deuxième passait au pied de la Madeleine et derrière l’hospice ; la troisième commençait à la Porte-Saint-Aubin, arrivait à l'horloge où l’on voit encore une porte de la ville, entourait la halle actuelle et côtoyait la route de Châteaubriant.

La troisième enceinte montre encore les restes de plusieurs tours, et présente une petite chapelle transformée en écurie, mais qu’il est facile de reconnaître à sa charpente, ainsi qu’à la présence d’un petit bénitier en pierre encastré dans l’un de ses murs.

La citadelle ou quatrième enceinte, était flanquée de plusieurs grandes tours dont certaines encore sont restées debout, savoir : deux à l’est et servant au pont-levis et six autres à l’ouest, disposées en cerele sur le lieu où existait une poterne indiquée par une petite tour carrée, joignant la plus haute tour ou tour pointue (1).

Des fouilles faites à différentes époques ont fait découvrir dans les restes de cet ancien château des fragments de casques et d’épées, des boulets en pierre (2), ainsi que des pièces de monnaies d’or et d'argent des règnes de Charles V, Charles VI, Charles VIL, etc.

Quant à ce qui concerne plus particulièrement les personnes nous ferons remarquer que Sylvestre, fils de Manguenor, le premier seigneur de la Guerche, dont l’histoire fasse mention, devint à son

tour seigneur de la Guerche et de Pouancé, sous le règne de Conan IF, fils d'Alain IT.

Sylvestre se maria en 1602 eteutunfilsnommé Geoffroy de Pouancé.

Nous n’irons pas plus loin dans ces recherches généalogiques rappelant seulement qu’une famille marquante, des plus honorables et propriétaire de cet ancien château, descend par alliance, des anciens seigneurs de la Guerche et de Pouancé.

(1) D'après la tradition du pays, un chemin de sauvetage avait été creusé sous l'étang même de Saint-Aubin et arrivait ainsi à l’ancienne paroisse de ce nom, dont l’église, très-ancienne d’ailleurs, remonte dit-on au xni° ou xie siècle.

(2) Ces boulets en pierre que l'on retrouve quelquefois dans de vieilles forteresses ou leurs ruines — et qui en garnissaient quelquefois extérieurement les murs comme une espèce de menace ou de trophée — n’ont point été faits dans le principe pour être mis dans des canons, ear à ces époques fort reculées les ca- nons n’existaient point encore, leur invention ne remontant qu’au xime siècle, et le premier emploi qui en fut fait en France, disent les historiens, nous reporte au siége de Puy-Guillaume, qui eut lieu en 1338. L'usage de ces boulets, il faut le croire, était de s’en servir en désespoir de cause : ces boulets, d’abord portés au sommet d’un donjon, d’une tour, étant ensuite lancés à la main dans les escaliers en spirales de ces lieux de défense, renversaient, culbutaient ou assommaient tous les assaïllants qu’ils rencontraient sur leur passage. ut

Nous terminerons cet article en faisant remarquer que les maisons … les plus considérables de Pouancé, mais dont la construction re- …. monte toutefois à une époque fort reculée, avaient leurs ouvertures (portes et croisées) garnies d’une espèce de pierre de schiste serpentüineux d’un gris verdàtre ou bleuâtre, d’une grande dureté et en quelque sorte inaltérable à l'air (1).

On peut voir et donner pour exemple de ces maisons, l’une d’elles encore bien conservés, située rue Saint-Aubin, à gauche en descendant, ayant ses ouvertures ainsi garnies, et montrant dans son intérieur le devant d’une cheminée en bois légèrement sculptée en rellef et dont les dessins représentent des arbres, ainsi que des animaux étrangers. Une rampe d’escalier dans cette même maison doit également fixer l’attention de l’archéologue.

Hospices.

Pouancé possède un hôpital fondé par une demoiselle Marguerite de Tierry de Langeraye, de la maison de la Prévalaye en Bretagne, qui en fut la première supérieure, et mourut le 30 mai 1707, comme Pindique une inseription placée dans la chapelle de cet hospice.

L'hôpital de Pouancé est aujourd’hui desservi par des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, dont le chef-lieu d’ordre pour le département de Maine-et-Loire, est à l'Hôtel-Dieu d'Angers.

Une autre maison de charité a été érigée à Pouancé par lettrepatente de l’année 1779 à la prière de demoiselle Marie Marais- Grand-Pré et de Geneviève Colas, qui en devinrent les deux premières supérieures. — Les sœurs de cet établissement forment une congrégation particulière dont les fonctions consistent à tenir une école gratuite pour les filles et à donner des secours aux pauvres.

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