CHAPITRE IV. — INDUSTRIE
Anciennes forges de Pouancé.
» Au nombre des industries marquantes du département de Maine- … et-Loire, il faut comprendre les forges de Pouancé, dont nous allons donner un aperçu, mais à titre de renseignements historiques
(1) Cette espèce de pierre, qui autrefois tenait lieu de pierre de taille, se retrouve encore dans des constructions fort anciennes de diverses communes du même canton, comme à la Chapelle-Hullin, par exemple ; elle nous paräît être de même nature que celles qui ont servies à faire ces croix en pierre, dont nous avons : eu déjà l’occasion de parler. Voy. Vergonnes, Suint-Michel-et-Chanveau, ete.
seulement, car ces forges n'existent plus que par le souvenir qu’elles ont laissé.
Deux hauts fourneaux, deux forges à marteau à deux fins et une fonderie composaient cet établissement connu sous le nom de Forges de Pouancé ou bien de la Prévière.
Fondées en 1651 par Louis de Cossé, duc de Brissac, seigneur de la Guerche et de Pouancé, ces forges, placées sur la limite des deux communes de Pouancé et de la Prévière, ont eu quelques moments d'interruption ; mais reprises avec activité elles ont continué de fonctionner avec succès jusqu’à l’année 1853, époque à laquelle elles ont cessé leurs travaux, bien que la fonderie de la Prévière ait continué d’être en vigueur jusqu’à l’année 1864 qui l’a vue disparaitre. |
Comme souvenir de ces usines, nous allons dire en quelques mots comment, de quelle manière et par quels moyenselles fonctionnaient.
Les minerais pour la fonte — tous étrangers au département de. Maine-et-Loire — se composaient de la mine de fer hydraté compacte et de la mine de fer hydraté piciforme des carrières de Rougé (Loire-Inférieure), ainsi que du minerai de fer hydraté compacte d'Herbé (Loire-Inférieure). Ce dernier, ordinairement sous forme d'os fossiles et de couleur ochracée, était mélangé avec les deux premiers pour la fonte (1). |
La forge employait encore d’autres fontes étrangères au département. é
La castine (calcaire tertiaire marin), dont on se servait dans le principe pour la fonte du fer, se prenait à la Prévière, mais ce fondant fut ensuite remplacé par du marbre étranger à ce département.
Une machine à vapeur à haute pression, à cinq atmosphères, faisait mouvoir une machine soufflante qui donnait le vént au hautfourneau et aux feux de la forge. Elle ne consommait pas de com= bustible, sa chaudière en fer battu, suspendue sur deux bouilleuses, recevait la chaleur du haut-fourneau. La plus grande force em. ployée était de trois atmosphères.
Les eaux pour les besoins de cette usine étaient fournies par l'étang de Saint-Aubin-de-Pouancé et celui de la Prévière ou étang de la Forge (2).
De ce grand établissement, la fonderie de la Prévière seule s’est conservée jusqu’à l’année 1864, comme nous l’avons déjà dit.
(1) Bien que ce minerai donnât un fer cassant, néanmoins le fer qui en provenait était fort recherché.
(2) De la réunion de ces eaux avec celles que donne l’étang des Rochettes, se forme la petite rivière de la Verzée qui jette ses eaux dans l’Oudon, à Segré.
dent
Le minerai qui l’alimentait se prenait à Rougé (Ille-et-Vilaine) et autres lieux comme par le passe; et le marbre comme fondant, venani de Saint-Martin-de-Vouvante (Ille-et-Vilaine) ainsi que d'Arbré (Loire-Inférieure), remplaçait la castine d’autrefois (calcaire tertiaire marin de la Prévière) ; enfin les charbons et les bois nécessaires étaient fournis par les forêts d’'Ombrée (Maine-et-Loire), de Juigné, d’Arraise, de la Guierche, etc. (Ille-et-Vilaine).
Le département de Maine-et-Loire ne possède aucun autre établissement de ce genre. Avant sa fondation, des forges à bras fonctionnaient sans doute, mais à des époques qui se perdent dans la nuit des temps, si ce n'est celle de Pouancé que la tradition fait remonter à l’année 1400; les scories de fer d’ailleurs que l’on rencontre encore sur différents points de ce département et plus parti culièrement dans l'arrondissement de Segré, attestent ces faits d’une manière irrécusable.
Industries diverses,
Plusieurs autres usines non moins intéressantes que celle que nous venons de passer en revue, se font remarquer aux environs de Pouancé.
1° La tuilerie ou briqueterie du Petit-Mouliu établie en 1830, fournit des produits de bonne qualité et analogues à ceux de Durtal : ce qui s'explique en disant que le maître de cet élablissement est originaire de cette localité.
2° Deux tanneries, sises au Petit-Moulin, sur la Verzée et deux moulins à tan dépendant de ces deux usines, sont en pleine activité. L'une de ces Lanneries a été établie en 1800 et l’autre en 1820.
3° Enfin lé grand moulin à farine par des travaux importants exécutés en 1854 a élé métamorphosé en une miuoterie avec turbine et meules anglaises.
LA PRÉVIÈRE
(ARRONDISSEMENT DE SEGRÉ, CANTON DE POUANCÉ