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CHAPITRE PREMIER. — APERÇU GÉOGRAPHIQUE

Cette commune, composée de deux paroisses : Ségré et Saints Aubin-du-Pavoil, est située au centre d’une espèce de cercle formé

des communes qui suivent : la Chapelle-sur-Oudon, Sainte-Gemmes-"

dAndigné, Bourg-d'Iré, Noyant-la-Gravoyère, Nyoiseau, Aviré et Louvaines. Elle est traversée par l’Oudon qui reçoit à Segré même. les eaux de la Verzée.

LÀ

En 1840 elle s’est agrandie d’une partie de la commune de Saint-

“ Aubin-du-Pavoil qui, à cette époque, fut supprimée en donnant son

autre portion à la commune de Nyoiseau.

La petite ville de Segré — à laquelle viennent aboutir : la route

stratégique de Craon avec son embranchement vers Châteaugontier,

puis les routes départementales de Segré à Rennes, de Segré à Candé et de Bécon à Segré — est située dans une position assez pittoresque, aux pieds de deux collines schisteuses d’où la vue s’étend au loin; et l’église, bâtie sur la partie la plus élevée de la rive gauche de cette petite rivière, et qui domine toutes les autres constructions, ajoute encore à cet effet.

Elle est divisée en deux parties principales par l’Oudon ainsi que sur un autre de ses points par la Verzée; mais trois ponts en pierres solidement construits — un sur l’Oudon et deux sur la Verzée — établissent des moyens de communications entre les différentes rives (1).

Sur les bords de l’Oudon. à l’est et à peu de distance de la ville, se présente un port vaste et commode sur lequel sont reçues — en attendant le moment de leur transport — les marchandises ou autres produits apportés par terre ou par eau.

Bien que l’Oudon ne soit navigable qu'uue partie de l’année et jusqu’à Segré seulement, néanmoins cette rivière rend de grands services à toute la contrée qui trouve ainsi le moyen de transporter facilement ses produits et de recevoir ceux que le commerce lui destine.

La ville de Segré, au centre de laquelle végète un beau tulipier de Virginie, montre de jolies maisons, des jardins en terrasses ; et ses environs présentent des promenades, des sites agréables qui invitent en quelque sorte les étrangers à aller les visiter.

Au nombre de ces excursions se présentent le petit voyage à la fontaine ferrugineuse de la croix de Minquet, fontaine située sur la

(1) Le pont sur l’Oudon, du nom de Pont neuf, présente un développement de 18 mêtres 70 centimètres en longueur. 1] est construit en granite de Bécon et se compose de deux arches surbaissées. Les piles, culées et parapets sont également construits en pierres de même nature. Commencé en 1835 1l a été terminé en 1836.

Un second pont, mais sur la Verzée, connu sous le nom de Pont de la Rouëérte, de 20 mêtres 74 centimètres de longueur, également de deux arches surbaissées, est construit en pierres de granite ainsi qu'en pierres du pays.

Eufin, un troisième pont, en pierres de granite, commencé et achevé en 1850, a été construit sur la même rivière, mais sur la route de Segré au Lion-d’Angers. Ce pont a été placé en amont de celui qu’on y voyait précédemment, afin de donner une direction plus convenable à la route en question et de remplacer en même temps le vieux pont qui menaçait ruine.

A Saint-Aubin-du-Pavoil, en-deça du moulin de Courepivert, un bac établi sur POndon, présente un autre genre de communication.

route de Segré à Louvaines, dont les eaux indiquent assez — par le dépôt abondant qu’elles laissent dans leur trajet — les qualités: fortifiantes qu’elles possèdent, surtout pour les tempéraments d’une constitution faible, délicate, lymphatique, etc.

Superficie : 2,084 hectares, dont 27 hectares 72 ares en bois.

Population : en 1851, 2,653 habitants; en 1856, 2,592 habitants.

Foires : 8 janvier, 22 mai, 22 août et le premier mercredi de tous les autres mois. — Marché : tous les mercredis.

Distances : de Châteangontier, 19 kil. ; de Craon, 18 kil. 1/2 ; de Pouancé, 22 kil. ; de Candé, 18 kil. ; de Saint-Georges-sur-Loire, 31 kil. ; de Chalonnes-sur-Loire, 38 kil; du Lion-d’Angers, 15 kil.; de Châteauneuf ; 34 kil. ; d'Angers, 36 kil.

La ville de Segré, chef-lieu de sous-préfecture , est administrée par le maire et deux adjoints. Elle est desservie, pour l’une de ses paroisses, par le curé et son vicaire, et la paroïsse de Saint-Martindu-Pavoil l’est par nn seul prêtre. La construction de l’église de cette dernière date de 1865.

Cette ville est Le siége de diverses institutions ou établissements, savoir : d’un bureau de bienfaisance, d’un conseil d'hygiène, d'une caisse d'épargne, d’une commission de la prison, d’une compagnie de pompiers et de sa musique, d’un comité supérieur pour l’ins- « truction publique, d’une école pour les garcons dirigée par trois frères de la Doctrine chrétienne, d’une école libre pour les jeunes filles, dirigée par les sœurs Sainte-Anne de la Providence, dont le chef d’ordre est à Saumur ; d’une salle d’asile dirigée par les mêmes sœurs, enfin d’un pensionnat de demoiselles tenu par M°° Quris, qui en même temps est chargée de l’école communale des filles.

Elle est encore le siége du tribunal de première instance, d’une justice de paix (le Juge de paix, son greffier et un huissier), de deux notariats (1), d’une chambre consultative d'agriculture, d’un comice M agricole fondé en 1838, d’une station pour la monte composée de quatre étalons fournis par le haras d'Angers. — Les deux autres stations pour l’arrondissement de Segré ont pour résidence les villes de Pouancé et de Chäteauneuf, — de la direction des postes et d’une poste aux chevaux. |

Quant aux courses de Segré, elles n’ont eu qu’un temps trèslimité d'existence; les accidents graves qui s’y sont produits ont été le signal de leur chute, l'humanité des actionnaires ayant prévalu sur le plaisr que peut donner ce genre d’exercice.

(1) Le tribunal de première instance, les cinq justices de paix, les treize notaires et les sept huissiers dispersés dans divers cantons, constituent l’organisatiou judiclaire de l’arrondissement de Segré.

— La ville de Segré est aussi la résidence, savoir : du percepteur («pour les communes dont les noms suivent : Segré, Nyoiseau, la

; D de nr Oudon et Sainte-Gemmes-d’Andigré, du conserva teur des hypothèques, du contrôleur des contributions directes, du receveur-entreposeur des contributions indirectes, du vérificateur des poids et mesures, ainsi que de deux médecins, d’un officier de santé, d’une sage-femme, de deux pharmaciens et d’un artiste vélérinaire.

Quant à la gendarmerie de l’arrondissement de Segré, elle se compose : 10 d’une brigade à cheval, dont les résidences sont Segré et le Lion-d'Angers ; 2° de huit brigades à pied, qui ont pour résidences : Segré, Candé, Loiré, Châteauneuf, Combrée et Vern. — Celle de Champigné a été supprimée en 1857.

Enfin, une imprimerie, fondée en 1839, y est établie pour la publication d’un journal hebdomadaire, ayant pour titre : Mercure Segréen,

CHAPITRE IL. — PRODUCTIONS NATURELLES

‘ Composition géologique.

Terrain silurien inférieur : Schistes divers, minerai de fer, source ferrugineuse, arqiles plastiques de diverses couleurs.

La ville de Segré est bâti sur un schiste quasi fissile, approchant du schiste tégulaire. Cette roche y forme des escarpements considérables ainsi que dans les environs. |

À deux kilomètres de Segré, sur la route de Craon, l’on rencontre dans un terrain argileux, plus ou moins rougetre, de petits dépôts d'argile plastique blanche et bleue, ainsi qu’un minerai de fer employé à lempierrement de la route.

Quant au minerai de fer d’Orvau, il en a été déjà question en parlant de Nyoiseau (voy. cette commune.). Au reste, ce minerai se rencontre depuis cette dernière commune jusqu’à Vergonnes.

Non loin de Segré, sur le chemin vicinal de Segré à Louvaines, près la Croix de Minguet, l’on remarque une petite fontaine dont les eaux ferrugineuses déposent un limon ochreux très-abondant.

‘* Plantes.

Polygonum lapatifolium, L.; bords de lOudon. Eté. Portulaca oleracea, L.; chemin de Louvaines, au pied des rochers de schiste. Eté. 4

PT

Brassica cheiranthus, Vill.; rochers schisteux. Avril-juin.

Trifolium ochroleucum, L.; les prés, les pelouses. Eté. .

Cuseuta epithimum, L.; sur les personnées et le genêt à balais. Eté.

Malva moschata, L.; haïes et fossés. Eté.

Scilla autumnalis, L.; les pelouses schisteuses, Aoùt-octobre.

Obs. Si, comme on le voit, la commune de Segré ne possède pas de plantes rares — celles-ci se trouvent indiquées dans les communes voisines — néanmoins 1l en est quelques-unes qui, sans présenter cette heureuse particularité, n’en méritent pas moins d’être remarquées ? la digitale (Digitalis purpurea, L.), par exemple, n’estelle pas dans cette catégorie, car rien n'égale la beauté de cette plante — si répandue d’ailleurs dans tout l’arrondissement — lorsque surtout elle abonde sur certains points ou qu’elle convre des champs entiers, ainsi que d’autres lieux non cultivés,

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