CHAPITRE IL. — MONUMENT CELTIQUE
Au centre d’un petit pré situé sur la rive gauche de la Verzée, à" peu de distance et en amont du pont de la Rouërie, ainsi tout près de la ville de Segré, l’on trouve un mein-beer ou pierre courte, d'un mètre ou environ d’élévation au-dessus du sol et présentant un diamètre à peu près de même dimension.
La roche dont 1l est formé étant une espèce de poudingue quartzeux blanc, indique assez que ce monolithe a dù être transporté. dans ce lieu, puisqu'il ne peut être ni un fragment ni le sommet d’un rocher qui se montrerait ainsi, les rochers de cette localité n'étant composés que de schistes d’un gris bleuâtre à contexture douce et uniforme.
Nous sommes d’autant plus porté à admettre cette hypothèse, que nous avons rencontré sur la route de Marans une roche de nature sembiable à celle de cette pierre celtique, roche que l’on extrait pour l’'empierrement de la route, et dont le monument en question a pu être détaché. Ce poudingue d’ailleurs, souvent mal défini il est vrai, se présentant sur divers autres points, sur la route de Vern à Longuenée, par exemple, servirait encore à corroborer ce que nous venons d’avancer, que ce monolithe est bien un bloc étranger à la localité qui ie possède. Ici, c’est le cas de dire avec les archéologues: Lapides clamabunt.
Non loin de ce mein-beer et sur la même rive de la Verzée, l’on
rencoutre une grotte peu profonde taillée dans le schiste, au centre de laquelle existe une petite fontaine coupée dans le roc. |
Au premier aperçu, l’on pourrait peut-être se faire cette question : cette grotte et cette fontaine, à défaut de dolmen ont-elles été employées au culte des druides ? Mais en se rappelant que les sacrificateurs du dieu Teufatès, n’employaient pour leurs cérémonies religieuses que des temples formés de pierres brutes et non taillées par la main des hommes, le doute cesse aussitôt.