‹ Indicateur de Maine et LoireChapitre 146 sur 563 · TT NOT · texte numérisé non relu

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… leurs mœurs, leurs arts et même leurs spectacles de gladiateurs et

de bêtes féroces. Sous ce dernier rapport, nous devons citer l’amphithéâtre de Grohan, avec son arène et ses gradins destinés à ces jeux romains, qui existait dans l’enceinte de l’ancien couvent de la Fidélité, situé sur le boulevard de Saumur (1). Cet amphithéätre fut remplacé par l’ancien couvent de la Fidélité; et celui-ci, à son tour,

a fourni les terrains nécessaires pour un nouveau quartier, ainsi

que l'emplacement d’une rue percée en 1861 , dans la direction du boulevard de Saumur à l’église Saint-Joseph.

Le couvent de la Fidélité fut fondé en 1632, par dame Françoise de Douault; cette communauté de femmes était sous la règle de Saint-Benoist.

En 1637, Ménard , historien de l’Anjou, fit graver le plan de cet amphithéâtre, avant que ce monument eût fait place à cette maison religieuse. Il rapporte que la circonférence en était ovale, 1l pouvait contenir 10,000 spectateurs ; sa longueur était de 30 toises (60 m.), et sa plus grande largeur de 20 toises (40 m.). Cinq murs

“d'enceinte en formaient le contour, et étaient coupés vers l’occi-

dent , par une ouverture de 23 pieds, servant d'entrée. Ces cinq murs circulaires portaient le poids énorme du Podium ou tribune , séparé de l’arène par une balustrade , et étaient élevés de 12 à 15 pieds au-dessus des gradins ou Precinctions.

Cet amphithéâtre, dont la forme parait avoir été la même que

celle du Colysée de Rome et des amphithéâtres de Nimes et d'Autun ,

avait son arène et ses caves où les animaux rassemblés pour le spec-

tacle, étaient renfermés.

Un champ voisin de cette arène portait autrefois le nom du champ du Bücher : c’était là sans doute qu'on brülait les corps des gladiateurs morts dans ces luttes sanglantes.

Si l’on ne s'accorde pas sur l’époque de la construction de cet amphithéâtre , 1l est certain du moins qu’on y a trouvé, dans le X VII: siècle, des médailles des deux Valérien père et fils, de Galien, de Posthume et de Victorin, empereur du IL siècle, ce qui induirait à le croire bâti dans ces premières années.

Dans le XVIIIe siècle, en 1802, époque à laquelle Pamphithéàtre de Grohan fut complétement démoli, une statuette en bronze et d'un travail remarquable, a également été trouvée dans ce lieu.

(1) Cet amphithéâtre encore a fourni le sujet d’un tableau peint à lhuile, sans nom d’auteur, et qui fut longtemps relégué dans le cabinet d'histoire naturelle, uis occupa une place dans la galerie de peinture du musée, où en 1820 il portait

“le n° 188; enfin on le voit aujourd’hui dans le musée archéologique de la ville ; sa hauteur est de 2 pieds, 7 pouces, 6 lignes et sa longueur présente un développe- … ment de 3 pieds, 2 pouces.

Cet objet, bien que mutilé dans l’un de ses bras et l’une de ses jambes, n’en est pas moins précieux. Il fait partie du musée archéolo=

ique d'Angers. Nous l’avons représenté de grandeur du modèle, pl. 56, f. 3, dans l’atlas de cet ouvrage.

Les Thermes ou bains publics étaient établis à l’Esvière , selon quelques écrivains , bien que d’autres leur donnent pour emplacement le lieu des Belles-Poitrines , situé à peu de distance de l’'Esvière , sur le chemin de la Baumette. Les eaux nécessaires à cet établissement provenaient de la fontaine Frotte-Penille , située sur la route des Ponts-de-Cé, et y étaient conduites au moyen de canaux souterrains. Ces anciennes constructions romaines , qui por— taient aussi le nom de Bains de Juliomagus , ont disparu, et fait place à l’Esvière, aux constructions modernes du Prieuré de ce nom, dont la chapelle Sainte-Eutrope, connue aussi sous le nom de

Chapelle Sous-terre, remonte au XVe siècle pour son édification.

Des restes de constructions romaines se font remarquer à l’ancienne porte Toussaint , où , pour les préserver de toute atteinte, sans les dérober à la vue, une grille en fer a été placée aux frais de la ville. |

Au nombre des antiquités romaines d'Angers, l’on doit citer encore cette espèce d’urne en pierre , trouvée dans l’ancien monastère des Cordeliers, que l’on voit au jardin botanique de cette ville, où elle sert de base à une colonne de marbre de travail moderne. Cette pierre , d'environ 1 m. 15 c. de hauteur et de forme hexagonale à sa partie supérieure, présente sur sa base, qui est taillée presque en cube , l’inscription suivante et telle qu’elle est gravée sur la pierre :

VXORI OPTIMAE T. FLAVIVS AVG. LIB.

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