ASIATICUS
Cette urne, disent les historiens, renfermait sans doute les cendres de cette épouse de l’affranch1 du nom d’un des empereurs, enfants de Vespasien, maître de Rome vers la fin du premier siècle de l’ère chrétienne.
Pour les autres antiquités romaines, nous renvoyons au musée archéologique d'Angers , ainsi qu’aux auteurs qui ont écrit sur cette matière: Hiret, Bodin, M. Godard-Faultrier, etc.
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$ 2. — Monuments du Moyen-Age.
4 Le château fort d'Angers , bâti sur un rocher de schiste , se fait … remarquer par les 17 grosses tours construites en pierres de schiste, avec cordons ou assises en pierres de grès ou de rairie, ainsi que par ses murs élevés et ses larges et profonds fossés qui l’eniourent en partie, a été commencé sous Philippe-Auguste , par …. Jean-sans-Terre, et son achèvement est dû à Louis IX, autrement dit saint Louis. Hiret, néanmoins, en attribue la construction à Bertrade, veuve de Foulques-Réchin.
René, comte d'Anjou et de Provence, premier duc de Lorraine, roi de Sicile, surnommé le bon (le bon roi René), naquit au chàteau d'Angers, le 10 juillet 1408. Il était fils de Louis IT, roi de Naples, et de Yolande d'Aragon.
En 1420, à 12 ans, 1l épousa à Nancy, Isabelle de Lorraine. De- —… venu veuf (1), et après deux années de veuvage, il convola en se- — condes noces et s’unit, en 1455,à Jeanne de Laval, qu’il avait connue Len 1447, lors. d’un tournois donné à Saumur , et organisé par lui sous le nom de l’'Emprise de joyeuse garde.
René eut trois fils, qui moururent dans un âge peu avancé ; et — Margucrite d'Anjou, sa fille, épousa Henri VI, roi d'Angleterre. Ce — mariage rappelle cette lutte sanglante qui eut lieu entre la maison …— d'York et celle de Lancastre, ainsi que les malheurs de l’infortunée … Marguerite d'Anjou.
René mourut à Aix en Provence le 10 juillet 1480 ; et son corps, longtemps après, fut transporté à Angers et déposé dans le chœur de la cathédrale de cette ville (Voyez à ce sujet : Eglise Saint-Maurice) (2).
Des évêques ainsi que des comtes d'Anjou ont habité cette par-
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(1) Isabelle de Lorraine mourut le 98 février 1453.
(2) Lorsque René habitait Angers, ce bon prince avait choisi le faubourg de / Reculée — lieu situé sur la rive droite de la Maine et qui occupe tout l’espace compris entre Angers et l’île Saint-Aubin — pour y construire un petit manoir; et c'est dans cette résidence qu’il se plaisait à cultiver des œillets.
Les pêcheurs de Reculée obtinrent de Lené le droit de se montrer à la procession de ia Fête-Dieu avec un très grand et très gros cierge. Cette espèce de torche, pute par l’un d'eux, était précédée de trois ménétriers (deux violons et un fifre).
et usage s’est conservé, moins la musique, toutefois, qui a fait défaut. Il n’en est pas de même de celui de la Charibaude, consistant en un feu de joie qu'on allumait le jour de la saint Pierre, et qui est tombée en désuétude vers le milieu du XIXe siècle.
Cette fête, dans le principe, était présidée par le syndic de la pêche de Reculée, que les habitants de cette localité qualifiaient de Roz des gardons.
due
tie, maintenant en ruine , du château d'Angers, dont les croisées cintrées , fermées par de la maçonnerie, font face à la rivière.
Sous Philippe-Auguste , Jean-sans-Terre , sans tenir compte du
jugement de la cour des pairs, qui prononca contre lui la confis- :
cation des comtés d'Anjou et du Maine, dont il s'était emparé injustement , prit Angers sans coup férir et en fit démolir les fortfications ; et c’est par les ordres de saint Louis que la ville d'Angers fut enceinte de hautes murailles, de larges fossés et flanquée de 24 tours rondes. |
Sous l’Empire , il fut décidé que les fortifications de la ville d'Angers seraient détruites ; et aujourd’hui à peine en reste-t-il quelques vestiges, si ce n’est la tour élégante de la Haute-Chaïîne , connue sous le nom de tour Guillou, que la ville a voulu conserver comme souvenir historique, et aussi pour en faire une pou- RHIeren, Lt:
La ville d'Angers était remarquable autrefois par ses maisons construites en bois; un petit nombre existe encore, et l’une d’elles, bien conservée d’ailleurs, située à l’est de la place Neuve, se fait distinguer surtout par ses sculptures fortement accentuées.
L'église carlovingienne de Saint-Martin, bâtie par Hermengarde, épouse de Louis le Débonnaire, présente une architecture qui remonte au IX° siècle, et que les archéologues regardent comme un monument des plus recommandables du pays, à raison surtout de l’époque à laquelle remonte sa construction. À partir de 1791, cette église fut transformée en un magasin de bois de chauffage — qui par cela même a beaucoup détérioré son architecture — jusqu’en 1858 où elle devint le siége d’un bureau d’octroi.
L'église de la Trinité , dont l’édification remonte à 1062, se fait distinguer par son architecture , dont l’ogive est alliée au pleinceintre. Son élégante tour, surmontée d’une coupole, est également digne de fixer l'attention des archéologues. Elle joint à l’ouest l’ancienne abbaye du Ronceray.
Cette abbaye de femmes instituée sous la règle de Saint-Benoist, ne recevait que des filles nobles. Elle a été transformée et est consacrée maintenant à l’école des Arts et Métiers d'Angers.
La cathédrale d'Angers, ou église Saint-Maurice, résultat de plnsieurs siècles &e travaux, est admirable par l'élégance de son architecture intérieure. La corniche , qui sert en même temps de galerie et règne à la hauteur de la naissance de la voûte, dans tout le pourtour intérieur de cet édifice, dont la forme présente celle d’une croix latine, est particulièrement remarquable par les modillons qui la soutiennent , représentant des figures plus on moins bizarres , sou— vent hideuses ou grimaçantes, qui rappellent le style byzantin.
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( Le bénitier en marbre vert, soutenu par des lions en marbre blanc, et qui est placé sous l’orgue, a été donné par le roi René.
; Le grand orgue ou orgue actuel, dù à Danville, a été construit — sous Louis XV; la boiserie du chœur est de 1783. Le style grec de ce dernier travail, parfaitement exécuté d’ailleurs, contraste cependant d’une manière frappante avec le style gothique des autres - parties de l’église ; mais le fini du travail et sa grande valeur artistique, sont au nombre des considérations qui militent en faveur de
sa conservation.
Cette cathédrale fut commencée vers le X° siècle, par Hubert de Vendôme, évêque d'Angers, qui, sans qu’elle fût achevée, en fit la dédicace en 1030. Un siècle après, un chanoine nommé Hugues de Semblançay, fit vitrer la nef en verres de couleur.
Vers le XIT° siècle , la voûte de la nef, reposant sur des colonnes engagées dans les murs et disposées par faisceaux , fut achevée par Normand de Doué, évèque d'Angers.
Raoul de Beaumont, également évèque d'Angers, fit terminer le chœur vers la fin du même siècle, et en 1240, les transepts, pré- … sentant chacun une belle rosace de neuf mètres de diamètre, v1- — irée en verres de couleur, furent construits d’après les ordres de … Pévèque Guillaume de Beaumont, par les soins d’Etienne Azäire, chanoine et procureur de la fabrique. — L’escalier qui conduit de …— l’église à l’évêché date de cette époque.
— Ainsi, la cathédrale d'Angers a été près de deux siècles en cons- …truction, non compris le temps nécessaire à l'édification complète des deux flèches et de la coupole , ornée de huit statues, qui les sépare. |
| Ces flèches, commencées en 1518 , ne furent terminées qu’en 1533, et la coupole sept années plus tard. Leur élévation était d’environ 206 pieds (68 m. 36 c.). Détruites déjà deux fois par le feu, et le 4 août 1831, frappées et incendiées de nouveau par la foudre, “elles ont été ainsi que la coupole qui s’y rattache, reconstruites sur les mêmes plans , avec exactitude et dans toute leur élégance , par Binet, architecte d'Angers; mais les sculptures et les statues qui les décorent , sont dues au ciseau de Dantan ainé , sculpteur et statuaire de Paris du plus grand mérite. Quant aux travaux de ma-
connerie , ils ont été conduits par Coudret, entrepreneur à la Flèche.
Ces différents ouvrages ont été terminés, savoir : ceux qui se rattachent à la flèche du sud en 1839 , et à la flèche du nord quelques années plus tard. Mais leur reconstruction les ayant fait parvenir à une élevation de 74 m. 23 c., non-compris la girouette et la croix, leur hauteur primitive se trouve dépassée de 5 m. 87 ce,
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Dans une crypte placée derrière le maître-autel, l’église Saint Maurice recèle les dépouilles mortelles de la seconde maison d’Anjou-Sicile, dont voici les noms :
Louis [* d'Anjou, décédé le 22 septembre 1384.
Marie de Blois ou de Bretagne, son épouse, décédée à Angers le 12 novembre 1404.
Charles d'Anjou , second fils de Louis I‘, décédé à Angers le 17 mai 1404.
Louis IE, fils de Louis [°', décédé le 20 avril 1417.
Yolande d'Aragon, épouse de Louis IT, mère de René, duc d’Anjou, décédée au château de Saumwr, le 14 décembre 1442.
Louis II, fils aîné de Louis II, décédé à Naples en 1434 (1).
Isabelle de Lorraine , première femme de René, décédée au chàteau d'Angers, le 28 février 1452.
René , dit le Bon, comte d'Anjou, etc., décédé à Aïx en Provence , le 10 octobre 1480, inhumé longtemps après sa mort dans le chœur de Saint-Maurice, et près de sa première femme Isabelle de Lorraine.
Marguerite d'Anjou , fille de René et épouse d'Henri VI, roi d'Angleterre , décédée au château de Dampierre , Le 25 août 1482.
Jeanne de Laval, seconde femme de René, décédée au château de Beaufort , le 2 janvier 1498.
Jean I‘, duc de Calabre , fils aîné de René , décédé le 16 décembre 1470.
Cette église était dépositaire encore de plusieurs tombeaux : ce-
lui de René, construit en marbre de Carrare , d’abord placé dans le
chœur , fut en 1783 , lors de la construction de la boiïserie de cette partie de l’église, transféré dans la nef , près de Saint-Séréné, où il resta jusqu’en 1793 , époque à laquelle la fureur révolutionnaire Je brisa et le mit en éclats (2).
Pour rappeler convenablement le souvenir de la maison d’Anjou-Sicile, dont aucune trace apparente n’est restée dans l’église Saint-Maurice, la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers a, le 12 décembre 1850, fait placer à ses frais, au milieu du chœur de la cathédrale, une dalle en pierre, propre à faire retrouver au besoin la crypte qui recèle les dépouilles mortelles du roi René et de sa famille.
(1) Son cœur seul fut apporté à Saint-Maurice.
(2) Des restes, des fragments de ce tombeau ayant été retrouvés par un magistrat d'Angers, M. le président Planchenault, chez un marbrier de cette ville, furent suffisants pour donner les moyens de le reproduire avéc exactitude. Une lithographie, insérée dans les travaux de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers, donne l’image de cette restauration.
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