AGRICULTURE ET HORTICULTURE
L'agriculture se subdivise en deux parties distinctes : l’agriculture proprement dite et l’horticulture. |
Si la première, pour la commune d'Angers, n’a rien de bien particulier qui puisse la faire distinguer de l’agriculture pratiquée
dans son entourage , il n’en est pas de mème de l’horticulture : en —cftet, cette seconde partie de l’agriculture, dont les travaux se rattachent soit à la culture des plantes maraîchères, soit à celle des pépinières ou bien des fleurs, est tellement avancée dans les progrès qu'elle a su faire, qu'elle occupe, et déjà depuis longtemps, un rang distingué dans l’horticulture francaise. Nous allons rapidement passer en revue chacune de ses subdivisions. |: La culture maraïichère , complément indispensable de l’agri- “culture proprement dite, se montre dans la commune d'Angers sur une très-grande échelle, puisqu'on la rencontre sur toutes les fermes autour d'Angers, et principalement dans la paroisse de Saint- — Laud , où les terres si convenables à ce genre de culture donnent des productions remarquables en choux de diverses sortes, pois, “haricots, asperges, artichauts, melons, etc., qui d’ailleurs, pour Ja plupart, sont expédiées pour Paris , etc.
“Cette culture alterne avec celle du lin, du chanvre, du blé, ete.; … ce dernier , Connu sous le nom de froment de Saint-Laud , est tellement remarquable par sa beauté, que tout ce qui en est récolté “st ordinairement vendu pour semences.
2° La culture des pépinières, comprend une grande quantité d'hectares de terre aux environs d'Angers, et plus particulièrement encore dans la paroisse de Saint-Laud. Cette culture se rapporte à celles des arbres de décoration, et des arbres fruitiers ; mais ce sont plus spécialement ces derniers qui en occupent la majeure partie.
…— Dans un ouvrage sur l’agriculture du département de Maine-et- Loire (1), nous avons eu l’occasion déjà d'indiquer les espèces arbres qui entrent dans ces deux catégories; néanmoins nous croyons devoir rappeler ici, par rapport aux nouvelles espèces “arbres fruitiers, comment et de quelle manière celles-ci se trouvent dans les cultures des pépimiéristes angevins.
Mu. La Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers, désirant | à l’horticulture argevine, les diverses espèces nouvelles de fruits, que la Belgique, plus particulièrement, possédait en abondance , conçut en même temps le projet de les réunir dans un jardin particulier afin de pouvoir les étudier, et de ne répandre en- “cuite que les espèces dignes vraiment d’être cultivées. Pour atteindre ce but elle fit part de ce projet à la ville qui lui donna son ap- M probation ; et en 1834, la concessiou pour vingt années d’un jardin situé sur le boulevard des Lices, fut faite à cette société par le onseil municipal d'Angers.
M La société dont il vient d’être question nous en confia la direcion, et, à peu près dans le même temps, ayant créé dans son sein,
Des n'O | 1 ML #
(1) Etat actuel de l'agriculture dans le département de Maine-et-Lotre.
un comice horticole, — le Comice horticole de Maine-et-Loire, — cette Société nous en couféra la présidence.
Pour arriver au résultat que s’était proposé la Société d’Agricul-
ture, non-seulement nous entreprimes des voyages , mais encore «
nous provoquâmes une Correspondance qui devint des plus actives avec un certain nombre d'amateurs pomologistes distingués de différentes contrées , afin de pouvoir et le plus promptement possi= ble, faire jouir notre pays des nouvelles espèces de fruits si remarquables, d’ailleurs, que possédait la Belgique, l'Angleterre, la Suisse, etc.
Ainsi, la Belgique , qui doit à Van-Mons, d’heureuse mémoire, de même qu’à beaucoup d’autres pomologistes distingués de ce pays, la création par des semis, d’une quantité prodigiense de beaux et excellents fruits, nous procura la plupart des espèces de Van= Mons , toutes celles de la collection du duc d’Aremberg , et la ma=
jeure partie des fruits de MM. Parmentier (Louis), Bouvier, Decos-
ter, Bivort, etc., et particulièrement en poires.
L’Angleterre, par la bienveillance de sir Knight, président alors de la Société d’horticulture de Londres, et les dons de MM. Langelier et Lemasurier, de Jersey, nous fit présent aussi d’un grand
nombre de fruits intéressants, tels que poires, pommes, groseilles.
La Suisse, par nos rapports avee M. de Candolle , l’auteur de la Flore française, directeur alors du jardin botanique de Genève, nous fit présent surtout , de 80 variétés de raisins de table , ainsi que de la plupart des espèces de pruniers, que lon peut encore observer dans le jardin fruitier de la Société d’agriculture , sciences et arts d'Angers.
Enfin , en France, MM. Léon Leclerc, de Richebourg, Breton-
neau, le comte Odart, Mabit, Philippart, Lecomte, Guilloud , Mar-" celin Vétilard, Foulard , Vibert, ainsi que quelques autres ama-"
teurs, nous firent parvenir de nombreuses et nouvelles variétés de fruits de divers genres. Il en est de même du potager de Versailles,
et le Luxembourg nous adressa une grande quantité de vignes , «
mais celles-ci, pour le plus grand nombre, se rapportant à des cépages propres à faire du vin.
Avec de tels secours, auxquels sont venues se joindre la plupart des espèces de fruits anciens, et quelques-unes des nouvelles offertes
par les pépimiérisies d'Angers, il nous fut facile et en peu de temps de faire planter convenablement le jardin en question, dont nous
avions tracé le plan, et auquel la Société d’agriculture donna son approbation. |
Les choses étant ainsi , le Comice horticole put bientôt distribuer
des greffes aux pépiniéristes et aux amateurs qui en firent la de-
Éd Ve PS UT ns nd SE EN DE OS D TE
m nande , après constatation toutefois de leurs bonnes qualités (voy. au reste : la Statistique horticole de Maine-et-Loire).
Ÿ ge La culture des fleurs , culture obligée maintenant pour satisfaire au goût si prononcé en général, dans ce genre de plaisir, qui rte l’homme , souvent à son insu , à l'admiration des œuvres de Ja création , mais qui fait sa joie, son contentement , son bonheur.
Et si son admiration est grande, en voyant se dérouler le tableau “qui rassemble tant de beautés diverses , elle le devient bien davan- ‘age encore pour celui qut, par les soins qu’il s’est donnés lui-même, a a pu obtenir de nouvelles conquêtes par des semis intelligents.
. Cependant, il faut bien le reconnaitre, la paternité peut se la isser entrainer à un penchant bien naturel | sans doute celui qui “le porte à l'admiration de ses enfants ; mais ici elle doit avoir ses bornes, et ne pas donner à penser que toujours une nouvelle va- 1 riété doit être préférée à sa devancière. Sous ce dernier rapport, e Comice horticole de Maine-et-Loire a rendu de véritables services à l’horticulture ainsi qu'aux horticulteurs, en décrivant et p bliant chaque année, dans un recueil spécial , les fleurs et les fruits nés dans le département , après toutefois avoir reconnu pour celles-ci leur beauté et pour ceux-là leur bonne qualité.
- La floriculture angevine , qui occupe un grand nombre d’hortià ilteurs , et tous dans ies faubourgs ou la banlieue d'Angers, cCOmend les plantes de pleine terre, de serre tempérée , d'orangerie et serre chaude.
La première de ces divisions, se rapporte à la culture des rosiers, acelle des plantes dites de terre de bruyère , dont les Camélias, les Rhododendrons, les Fuchsias, etc., occupent une certaine place (1), ainsi que les plantes dites aussi de pleine terre.
La deuxième renferme les plantes de serre tempérée et d’oran-
rre chaude.
… Obs. Ne pouvant entrer ici dans de plus grands détails par rappc Pt à l’horticulture angevine , nous renvoyons done le lecteur à la S latistique horticole de “Maine-et-Loire, ainsi qu'aux autres publiüons du Comice horticole , où les noms des horticulteurs se trount indiqués et d’après leurs spécialités.
(1) Tous les camellias peuvent, à Angers,. passer toute l'année en pleine terre, leur floraison sera toujours assurée lorsque ces arbustes seront placés à une ixposition telle que le soleil ne puisse les atteindre ou que faiblement, à son lever ou son coucher.