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TECHNOLOGIE OÙ ARTS INDUSTRIELS

Angers n’est point une ville essentiellement manufacturière; elle a perdu même certains genres d'industrie. $

Elle possédait dans sa banlieue deux carrières d’ardoises (la car= rière de Pigeon et celle du T'ertre-au-Jau qui, depuis longtemps L° sont abandonnées, de même qu’une raffinerie qui n’existe plus. ÿ

La fabrication des bas au métier qui, en 1789 occupait plus de 1,500 personnes, et produisait plus de 600 douzaines de paires de bas par semaine est réduite maintenant , et se rapporte seulement à deux ou trois fabricants. À

En 1804, la ville d'Angers comptait 300 métiers environ ponr la confection des mouchoirs de coton ou de fil, imitant ceux de Cholet, et dont ils avaient pris le nom. La filature , à cette époque, faisait usage de mécaniques, dites à la Jenny. Et si cette industrie, pour Angers, se trouve maintenant en quelque sorte anéantie, l’on doit dire aussi qu’elle s’est reportée dans l’arrondissement de Cho= let d’où elle était primitivement venue , et à Cholet même qui tou= jours en est le centre d'action (voy. Cholet).

De la manufacture de foiles peintes de Tournemine , jouissant w autrefois de priviléges et d'avantages immenses, il n’en existe plus, et depuis fort longtemps que le souvenir ; mais à raison de sa célé=m brité et de sa longue existence, nous croyons devoir rappeler ici

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quelques faits qui s'y rattachent afin d’en perpétuer ainsi le sou-M venir. ‘4 Manufacture de Tournemine. — Les frères Danton (Thomas et À

Francois) furent les fondateurs de cet établissement , qui remonte à la moitié du X VIT siècle. Eu 1752, 1l obtinrent du roi le pre- | mier privilége d'établir à Angers, une manufacture de toiles peintes ou imprimées, à l’instar de celles des Indes. à,

Cette manufacture , établie à Tournemine , faubourg Saint-Jacques , l’une des trois entreprises de ce genre en France autorisée par le roi, fut pourvue bientôt d’un nouveau droit , celui de pou=« voir faire de l’indienne. )

Ÿ 4 \ 5 En 1764, une compagnie formée de MM. la Besnardière, Le-

% sourd-Delisle et Gaultier succéda aux frères Danton, par la cession que ces derniers lui firent de la manufacture de Tournemine. Mais en cédant leur établissement , les frères Danton firent construire, i sur un terrain situé à l’ouest de Tournemine, la manufacture de Bel-Air, qui plus tard fut acquise par M. Lesourd-Delisle, et pour« son propre compte. &

La manufacture de Tournemine , pendant onze années que dura #

son association, fit l’impression des mouchoirs avec dessins des deux côtés.

ni Le bleu de Cuve, dit à la réserve, atteignit aussi une grande — perfection. |

} Cette association dissoute, et la manufacture vendue , une autre société composée de MM. Commeau, Lemasurier fils, Sibon et Hau- …deville , se vonstitua et fit bâtir la manufacture des Capucins , en ……Heculée ; et les impressions d’indienne, ainsi que les mouchoirs à double impression continuèrent d’avoir lieu pendant cinq années.

….… Après cet espace de temps écoulé, l’association se modifia bientôt en perdant successivement la majeure partie des membres qui la —composaient ; et de telle sorte, qu’en 1825, M. Sibon se trouva seul 4 Dur soutenir vette entreprise. Les choses ne pouvant rester ainsi, l'établissement fut vendu en 1830 aux dames de Belle-Fontaine, qui y établirent un pensionnat de jeunes demoiselles (1). Ces diverses fabrications occupaient 80 tables d’impressions, et “près de 5,000 ouvriers ; et 250,000 aunes de toiles pour mouchoirs, plus particulièrement, de toutes largeurs, qualités , dessins et couleurs, tant à forfait que par commissions , étaient imprimées cha- … que année.

A l’exception d’une petite quantité de toiles de coton, dites sia- — moises, fabriquée en France , la plupart des toiles destinées à être … peintes, provenaient de l’Inde.

Les débouchés, pour les produits de cette manufacture , étaient “les grandes foires de France et différents ports sur les deux mers. Obs. Si nous consignons ici les faits qui se rapportent à cette

«ancienne et bien remarquable manufacture, et qui nous ont été «fournis par un ancien associé, M. Lesourd-Delisle, c’est afin qu'ils puissent un jour servir à l’histoire de l’industrie angevine , tout en faisant voir les mutations qui surviennent ou s’opèrent dans l’espace — d'une période de temps à une autre.

Nous allons maintenant indiquer les diverses industries qui existent dans la commune d'Angers, en les classant dans l’ordre pi suivant : | 1° Industries qui emploient les matières minérales. 2° Industries qui emploient les matières végétales. 3° Industries qui emploient les matières animales. 4° Industries mixtes ou qui emploient plusieurs des matières in- … diquées précédemment.

à (1) Cette propriété étant devenue nécessaire aux hospices d'Angers pour effectuer leur grande entreprise, la construction de l’hospice Sainte-Marie, les dames de - Bellefontaine en firent aussitôt l'abandon et entrèrent facilement en arrangement. :

Première division,

La première de ces divisions, comprenant la statuaire et autres

genres de sculptures, etc., nous montre :

1° L'atelier de Saint-Joseph, situé rue Grainetière , appartenant 4

à M. l’abbé Choyer , et qu’il dirige avec tant d'avantage.

Cet établissement consacré à la statuaire religieuse, ainsi qu’à Por-\

nementation des églises , et en général à tout ce qui peut concerner le culte catholique , se présente sur une grande échelle. Le marbre,

ainsi que la pierre de Tonnerre et celle de Chauvigny , sont pour #

ces sortes de travaux généralement employés, bien que le bois et même les métaux le soient aussi dans cetaines circonstances.

« Cet atelier, ainsi dirigé par un ecclésiastique, dit un rapport + » que nous avons sous les yeux , donne un exemple qu’on ne sau-

» rait trop encourager : montrant ainsi le clergé dirigeant Iui=

» même l’art et les AC HÈIEe dans les voies de la qe et de la Æ

» science liturgique. » Les succès obtenus par M. l'abbé Choyer

dans la conception et lexécution de ses œuvres étant bien connus; « nous dispensent de tout autre éloge à l’égard de cet habile sta=

tuaire.

2° L'atelier de sculpture de M. Chapeau, situé Chemin de Terre, À À

près la caserne, offre comme le précédent, le même genre de

travaux ; et l'établissement de même nature, de M. Barème, auquel a succédé M. Bouriché, situé rue de la Madeleine et destiné à à la statuaire religieuse, ont fourni l’un et l’autre, des ouvrages tellement bien appréciés par les personnes compétentes , qu'il ne nous reste M

seulement que le plaisir de rappeler des éloges si bien mérités.

3° Nous pourrons en dire autant des ouvrages de divers genres : 4 | statues, groupes, etc., d’une parfaite exécution déjà sortis des

mains de MM. Taluet, Maindron, Arnault, etc., statuaires distin=

gués de notre ville, et dont les {alents, comme ceux des précédents, û |

les placent dans la section des beaux-arts.

4° Dans cette division encore, l’on doit comprendre cette indus=«« trie que se partagent les nombreux sculpteurs de notre ville, dont

les travaux se rattachent à l'architecture et à ses ornements; tra a

vaux d’ailleurs des plus variés, parfaitement exécutés, et qui SE font remarquer , dans l’ornementation non-seulement des édifices, Re À

mais encore des hôtels et des maisons particulières. Si maintenant on jette un regard sur ces beaux et nonvéat

édifices , ces maisons nouvellement construites , que l’on rencontre # dans tous les quartiers de la ville, constructions ornées de ce : 1 que l'architecture ne pouvait donner autrefois qu'à des ouvrages exceptionnels , l’on se demande qui a pu faire naître ou procurer |

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