‹ Indicateur de Maine et LoireChapitre 389 sur 563 · CITE · texte numérisé non relu

CITE

Hygiène.

Quatre fois. — en 1832, 1834, 1849 et 1854 (1), — le choléra a sévi de la manière la plus intense et la plus meurtrière dans le département de Maine et Loire, et quatre fois Baugé a échappé à ce terrible fléau ; car ilest constant qu'aucun cas de choléra ne s’est manifesté dans cette ville aux quatre époques précitées. D’où peut venir cet état de choses, cette heureuse exception ?

La position géographique de cette ville, au centre des boïs et des vastes forêts qui l'entourent, n'est-elle pas pour beaucoup, et peutêtre même la seule cause qu’il convient d'admettre dans cette heureuse abstraction ? En effet, puisqu'il est certain que les feuilles des arbres jouissent d’une propriété qui leur est inhérente, celle &e pouvoir absorber, non-seulement le carbone de l’air dont elles ont besoin pour former la contexture de leurs tiges, mais encore d’autres gaz délétères, impropres par cela même à la vie des animaux et particulièrement à celle de l’homme{(2), ne doit-on pas en conclure que plus il y aura d’arbres complantés sur un seul point, plus aussi

(1) Invasion du choléra à Angers : .

re fois, du 21 mai au 30 août 1832, 261 victimes.

2e fois, du 1 janvier au 25 février 1834, et du 20 juillet au 26 octobre de la même année, 136 victimes.

3° fois, du 9 mai au 6 octobre 1849, 522 victimes.

4e fois, du 22 juillet au 6 décembre 1854, 80 victimes.

(2) Le carbone aspiré par les feuilles, sert à la nourriture, à la composition des végétaux, tandis que l’oxigène, dans cette opération, devenant libre, fournit à l'air pan la quantité de ce gaz qui lui est nécessaire pour sa combinaison avec ’azote.

Non seulement le gaz carbonique de l'air est absorbé, mais aussi l'hydrogène

. carboné ainsi que les autres gaz méphitiques dont l’air peut être imprégné.

l'air de cette localité sera épuré, se trouvant ainsi dégagé par cette absorption des gaz méphitiques, des miasmes dont 1l était imprégné.

Ainsi le rôle important que jouent les forêts sur la surface du globe, en concourant à l’épuration de l'air, indique assez que l’agglomération des bois et des forêts autour de Baugé a été la principale cause à laquelle cette ville doit d’avoir échappé, et d’une manière si exceptionnelle, au fléau terrible qui décimait impitoyable ment les autres villes de ce département.

Cette observation nous rappelle naturellement cette autre, non moins frappante de ressemblance et tout aussi concluante, nous voulons parler de la situation dans laquelle se trouve actuellement, et depuis des siècles sans doute, la ville de Rome, envahie qu’elle est chaque année par la malaria, à l’époque des chaleurs de la canicule. En effet, 1l n’en serait pas ainsi si les bois sacrés, dans lesquels se rendait Numa-Pompilius pour consulter, disait-1l, la nymphe Egérie, n’eussent pas été livrés à hache destructive (1); car il est hors de doute que si les bois, les forêts, qui environnaient la Rome antique, eussent continué d’être respectés, les habitants de cette ville n’éprouveraient pas ce qu’ils ressentent maintenant, la triste nécessité de s’en éloigner chaque année.

Enfin, commeil est constant que les forêts apportent avec elles des changements importants, soit dans l'air atmosphérique , qu’elles modifient en l’épurant, soit dans les eaux qu’elles fixent et dont le sol profite à son tour ; que d’ailleurs ces faits se rattachent à l’hygiène publique, nous avons cru devoir présenter ici les observations qui font l’objet de cet article, observations toutefois que nous soumettons au jugement des personnes compétentes en pareïlle matière.

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