CHAPITRE IIL -— MONUMENTS HISTORIQUES ET HISTOIRE
l’ancienne et petite ville de Baugé, située à l’est du département, sur la rivière du Couasnon, tire son origine ainsi que son nom d’un château ou rendez-vous de chasse, que Foulques-Nerra fit consiruire dans une bauge, au centre d’une forêt (2).
(1) Tout en feignant de consulter la nymphe Egérie, Numa-Pompilius se mon= » trait un législateur éclairé ; car ce n’est, sans doute, qu'après avoir reconnu l'utilité des bois ou des forêts pour l'assainissement de l'air atmosphérique, qu'il dé-
clara ou fit déclarer par le sénat, que les bois qui entouraient Rome, étant des bois sacrés, devaient, par cela même, être respectés, et ainsi préservés de toute atteinte.
(2) Bauge, lieu fourré et humide d’une forêt où se retirent les sangliers.
ie d—
Ce château, du XIe siècle, dont on ne retrouve aucun reste, était situé non loin d’un village, qui porte aujourd’hui le nom de Vieil- Baugé.
Un autre château, mais celui-ci d’une bonne conservation, est situé à l’est et dans la ville même de Baugé. Sa construction, qui remonte au XV: siècle, est attribuée à René, comte d'Anjou.
Ce château, affecté depuis longtemps à la mairie de Baugé, montre une architecture qui rappelle beaucoup celle du logis Barrault, à Angers; l’escalier se termine de la même manière, par une espèce de palmier à nervures, dont les feuilles s’épanouissent en retombant gracieusement sur la voûte.
Comme le font remarquer les historiens, le Vieil-Baugé est redevable de ses premiers développements à Foulques-Nerra, de même que le nouveau Baugé l’est à René (souvent appelé le hon roi René) qui aimait beaucoup cette résidence.
Au reste, voy. Bodin : Recherches... M. Godard : ?’Anjou et ses monuments, etc.
Au nombre des monuments de la ville de Baugé, il faut com- . prendre le dernier, dont l’utilité pour les habitants de cette ville ne peut être mise en doute. Nous voulons parler d’une fontaine inaugurée, le dimanche 27 décembre 1863, par un discours de M. le Maire de cette localité.
Cette fontaine, la Fonranxe pu Ror René, bien remarquable par son architecture, dont la vasque circulaire est d’un diamètre de deux mètres quarante centimètres, sur soixante-quinze centimètres de hauteur, faite en pierre de grès du pays, a été dessinée par M. L. Rohard, architecte, et sculptée par A. David, tous les deux de la ville de Baugé, ainsi que les chefs de métiers qui ont exécuté les autres travaux.
Franc-Nacçconnerie,
Avant ja révolution, Baugé possédait une loge de franc-macçonnerie de dames. Mais chose assez remarquable, c’est qu'aucune loge franc-maçonnique d'homme n’y a été établie, même sous l'Empire, époque à laquelle chaque ville en possédait au moins une.
Hospices.
La ville de Baugé possède trois hospices : 1° l’Hospice civil, desservi par des sœurs de Saint-Joseph ; 2° l’Hospice des Incurables; 30 et celui de la Providence, desservis par des religieuses du Sacré- Cœur de Marie.
L’Hospice civil de Baugé est le produit d’une donation faite à
cette ville, en 1650, par M"° de Melun, princesse d’Epinay, sa fondatrice, qui se dévoua — sous le nom de sœur de la Haye — au sort des pauvres, et le dota libéralement. Elle y établit des sœurs de Saint-Joseph, qui continuent et ont toujours continué avec zèle et dévouement l’œuvre de leur fondatrice.
Le 26 novembre 1856, ces religieuses, réunies à la commission administrative de cet hospice, ainsi qu'aux autorités civiles et à la garde nationale, célébrèrent, après deux siècles entiers, l’anniversaire de cette fondation. A cette fête fut convié M. Armand de Melun, député d’Ille-et-Vilaine, et parent de la fondatrice.
BOCÉ
(CANTON ET ARRONDISSEMENT DE BAUGÉ
Cette commune est située au sud de Baugé, à 5 kil. de cette ville, entre le Guédeniau, Chartrené et le Vieil-Baugé. Elle est bornée à l’est par la forêt de Chandelais.
À l’ouest de cette forêt, se trouve le château de l’Auberdière, dans les fossés duquel la fauvette rousserolle vient se cantonner chaque année.
Enfin, la grande route de Baugé à Saumur traverse cette com mune du nord au sud.
Superficie : 1,601 hectares, dont 83 hectares 71 ares en vignes, et 66 hectares 54 ares en bois.
Population : en 1856 , 800 habitants; en 1861, 803 habitants.
Bureau de poste : Baugé.
Distances : du Guédeniau, 2 kil. 1/2; de Cuon, 3 kil. 1/2; de Chartrené, 3 kil. 1/2; du Vieil-Baugé, 4 kil.; de Baugé, 5 kil. : d'Angers, 45 kil.