CHAPITRE IV. — INDUSTRIE
Ostéotomie.
Voir le magnifique cabinet d’ostéotomie de M. Lesassier, pharmacien à Durtal, qui, au moment où nous écrivons (année 1858) se compose de trente squelettes de mammiferes, soixante-dix d’oiseaux et huit de reptiles. Ces différentes pièces, que nous avons examinées avec beaucoup d’attention et d'intérêt, présentent autant de chefs-d’œuvre d’habileté et de patience que d’objets soumis à Padroit scalpel de M. Lesassier.
Papeterie,
La fabrique de papier, connue sous le nom de papeterie de (rouis, remonte pour son origine à l’année 1818 ou 1820, époque à laquelle M. Lentaigne, originaire de Normandie, fit lacquisition d’un
moulin situé sur la rive droite du Loir, près l’église de Gouis.
La chute d’eau de ce moulin étant considérable permit d’y établir trois roues pour faire mouvoir les pilons dont on se servait alors pour préparer la pâte.
je papier qu’on en obtenait était placé dans des greniers ou séchoirs.
Vers 1835, ces séchoirs furent remplacés par des cylindres chanffeurs dits sécheurs et les pilons par des cylindres broyeurs, au nombre de deux.
Mais M. Lentaigne ayant vendu cette usine à M. Bilbille, celui-ci ou ses préposés y firent de notables changements, en ajoutant, vers l’année 1837, quatre cylindres broyeurs, une blanchisserie, où le chifton de couleur perdant toutes ses teintes, cela permet d’en faire du papier blanc.
En 1846, un incendie détruisit en grande partie ce remarquable établissement.
Relevée sur un nouveau plan, les propriétaires actuels, MM. Bilbille père et fils dirigent cette importante papeterie, à laquelle 1ls apportent fréquemment de nouvelles modifications. Maintenant, et comme dans l’origine, on fabrique à Gouis, sur commandes, toutes espèces de papiers ; mais le papier de journal et le papier écolier en rames sont les sortes de produits les plus importants de cette entreprise.
Le papier se fabrique en une bande d’une longueur indéterminée, qui s’enroule sur une espèce de rouet, d’où on l’enlève pour le couper, selon les dimensions voulues, à l’aide de machines appelées coupeuses (1).
Fours à chaux.
La commune de Durtal possède trois fours à chaux, tous les trois alimentés avec le calcaire jurassique de cette localité, semblable en tout à la pierre dite de Rairie.
Le premier, situé dans la section Saint-Pierre et construit en 1818, est chauffé au bois (bourrées).
Le second, dans la section de Gouis et construit en 1845, est chauffé au charbon de terre.
Enfin le troisième, dans le faubourg Saint-Léonard et construit en 1851, est chautfé au charbon de terre.
La chaux, qui est hydraulique, provenant de ces fours, est em-
(4) Nous avons cru devoir entrer dans certains développements par rapport à cette remarquable papeterie, à raison des perfectionnements qui lui ont été apportés et en considération aussi de la rareté, dans ce département, de ce genre d'industrie.
ployée pour la bâtisse et l’agriculture. Elle est généralement con fondue avec celle de la Raïrie (1), dont elle partage les excellentes qualités.
Nous citerons encore les fours à chaux suivants, savoir : 1° Le four de M. Dubas-Guyet, construit en 1855; 2° les deux fours de M. Huart-Lambert, construits en 1857 ; 3° et celui de M. Lucon, construit également en 1857.
ÉTRICHÉE
(ARRONDISSEMENT DE BAUGÉ, CANTON DE DURTAL
La commune d’Etriché est située sur la rive gauche de la Sarthe — rivière qui la borde de ce côté — entre Baracé, Daumeray et Tiercé.
La route de grande communication d'Angers à Morannes, etc. passe par le bourg et s’embranche, dans son parcours, avec celle de Châteauneuf à Daumeray, Durtal, etc, Au Porage, sur la Sarthe, Etriché posséde un bac.
Un ancien château, le Plessis-Chivré, situé au nord-est de cette commune, doit fixer l'attention sous divers rapports, comme hous aurons occasion de Île faire remarquer, de même que ses dépendances, à raison des améliorations et innovations agricoles introduites dans les cultures.
Le solde cette commune est ou calcaire, ou sablonneux.
Superficie : 1,960 hectares, dont 45 hectares 15 ares en vignes, et 136 hectares 63 ares en bois.
Population : en 1856, 1,245 habitants; en 1861, 1,229 habi-
Bureau de poste : Châteauneuf.
Distances : de Châteauneuf, 5 kil. ; de Tiercé, 4 kil. 1/2 ; de Baracé, 6 kil. 1/2 ; de Daumeray, 7 kil. ; de Durtal, 14 kil.; de Baugé, 32 kil. ; d'Angers, 24 kil.
(1) Village ou paroisse dépendant de la commune de Montigné.