CHAPITRE IL. — INDUSTRIE
Les principaux genres d'industrie de cette commune se rapportent :
1° A l'extraction des pierres de taille, ou bien de celles destinées à faire de la chaux ;
2° À la confection de diverses espèces de poterie ;
3° Enfin à la fabrication des tuiles, carreaux, tuyaux de drainage, etc. Nous allons les passer successivement en revue.
Les matières premières sont prises sur les lieux, savoir : au village de la Rairie, soit pour pierres de taille, soit pour faire de la chaux ; et sur divers points de la commune, pour la terre nécessaire aux autres Industries.
De la pierre de Rairie (ealeaire jurassique).
La pierre calcaire, connue sous le nom de pierre de Rairie, présente deux variétés de couleur, l’une d’un blanc jaunâtre, et autre d’un gris blanchätre, La première est la plus estimée.
Cette roche est exploitée depuis plus d’un siècle pour la bâtisse comme pierre de taille, ainsi que pour faire de ja chaux hydraulique. Cette exploitation se fait ordinairement par galeries qui attergnent quelquefois une étendue considérable. L'une d'elles est déjà parvenue à plus de 300 mètres de longueur, et au delà de 10 mètres en contrebas du sol.
Cette pierre étant dure, et néanmoins facile à tailler, est des plus I. 4
résistantes ; aussi l’emploie-t-on pour les ouvrages qui exigent une grande solidité. Les escaliers dits à l’anglaise sont faits avec cette pierre comme avec celle de Brossay (Voy. Brossay, près Doué). Mais comme on lui reproche d’être gelive pour les ouvrages extérieurs, i! faut attendre, avant de l’employer, qu'elle ait perdu son eau de carrière, ce qui s’obtient en la laissant séjourner à l'air libre pendant l’espace d’une année.
Pour la bâtisse, elle arrive à Angers sous quatre formes ou dimensions différentes : 1° par quartiers de 50 centimètres (dix-huit pouces) de longueur, sur 33 centimètres (un pied) d’épaisseur; 2° par grands quartiers de 66 centimètres (deux pieds) de longueur, sur 33 centimètres (un pied) d'épaisseur ; 3° par marches de différentes longueurs et largeurs, ordinairement de 16 à 22 centimètres (six à huit pouces) d'épaisseur; 4° enfin en carreaux de 33 centimètres (un pied) carrés.
Indépendamment de ces dimensions, la Rairie fournit aussi des pièces de commande.
Fours à chaux.
Quatre fours à chaux sont établis dans cette commune ; voici le nom des propriétaires de ces fours : MM. Marchand (Antoine), en 1790 ; Poulain, en 1812; Segretain (Pierre), en 1813; Beaussier jeune, en 1820.
Ces fours sont alimentés avec la pierre de Rairie et chauffés avec des bruyères, des broussailles, ou bien le résultat de l’élagage des pins de la forêt de Chambiers ou autres lieux.
La pierre de Rairie, que l’on convertit en chaux, se compose des débris de cette pierre ou bien des portions qui n’ont pas les dimensions voulues pour faire partie de l’une des catégories dont nous venons de parler dans l’article précédent. La chaux qui en provient est hydraclique et employée pour la bâtisse et l’agriculture.
Elle se mesurait autrefois avec un panier emmanché de deux perches formant brancard et désigné par le nom de coteret. I] fallait neuf coterets pour faire une pipe de chaux, quise vendait, prise sur les lieux, au prix de neuf livres tournois. La chaux, maintenant, se livre à l'hectolitre.
Fours à poteries (poteries vernissées et autres).
Deux fours à poterie, construits en 1816, l’un par M. Courtigné et l’autre par M. Loiseau.
Un troisième, construit en 1848, à la Huberdière, par M. Fillon. M. René Loiseau, à son établissement des Hardouinières, confec-
tionne des pots à fleurs de différents modèles, dont la bonne cuisson ajoute à leur mérite.
O6s. La terre propre à la fabrication de cette poterie est douce, onctueuse au toucher, et passée à la claie pour la débarrasser des cailloux qu’elle contient naturellement. Son gisement est au dessous de la terre employée pour la confection des briques et carreaux que l’on rencontre sur la commune de Montigné.
Fours à briques et à carreaux (|).
Ces fours, pour le plus grand nombre, sont chauffés, comme les fours à chaux et à poterie, avec l’émondage des pins maritimes cultivés dans cette contrée.
Voici l’ordre chronologique de leur autorisation, depuis origine de cette industrie dans cette commune, et d’après un relevé qui nous a été fourni par la préfecture. Dans ce nombre, dont l’origine remonte à des époques plus ou moins reculées, il en est naturellement qui n'existent plus ou qui auront été remplacés par d’autres constructions.