Corimune de Juvardeil
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En résumé, le département de Maine-et-Loire possédait 194 étangs avec leurs eaux au moment où ce chiffre a été posé ; mais, comme on doit le présumer, ce nombre est bien loin de présenter
quelque fixité.
Arrondissement d'Angers... 41 | Arrondissement de Saumur. 35 Arrondissement de Baugé .. 39 | Arrondissement de Segré... 36 Arrondissement de Cholet .. 43 Total : 194 étangs.
[3] Marais.
Les marais joignent ordinairement les rivières, les ruisseaux ou les étangs, dont habituellement ils ne sont que des dépendances ; soit qu’ils appartiennent à leur cours, soit qu'ils dérivent de leurs hords, souvent fort agrandis et dans des proportions plus ou moins considérables; comme aussi l’on en rencontre à la queue des étangs, ainsi que dans les bras des rivières abandonnés en grande partie par les eaux.
Les maraïs encore existants sont en petite quantité dans ce département, et tous les jours le nombre en diminue, soit par leur desséchement, soit par l’exhaussement naturel du sol sur lequel ils reposent.
La limite qui les sépare de certaines prairies est difficile à saisir ; car à bien prendre, l’on qualifie de marais des prairies basses, qui
. dans certaines années, ne peuvent être fanchées ou fannées convena-
blement, et cependant ce sont plutôt des prairies que de véritables marais.
Au nombre des marais de ce département, deux surtout, à raison de la grande quantité d'hectares qu’ils présentent, avaient déjà mérité et depuis longtemps de fixer une attention sérieuse : les marais de la Dive et ceux de l’Authion ; mais tous les deux ayant été desséchés et mis en culture, il n’en sera pas question dans cet article. — Voy. Canal de la Dive et Canal de lAuthion. Voici, au reste, l’indication des principaux marais de Maine-et-Loire.
Marais de la Loire.—Ces maraisparaissent appartenir à d'anciens bras de la Loire abandonnés par les eaux, et dont la fraicheur est entretenue par quelques ruisseaux ou par le voisinage même de ce fleuve. |
Sur la rive droite se présentent 1° le marais de la Boire-Girouard, situé à 2 kilomètres en decà de Saint-Georges-sur-Loire, et d'une étendue assez considérable en longueur ; 2° le marais de Saint- Germain-des-Prés, d’une contenance à peu près égale à celle du précédent.
Sur la rive gaucne, l’on remarque 1° un marais situé entre Montjean et le Mesnil, et d’une étendue assez considérable; 2° entre
Saint-Florent et Liré, un marais ou plutôt des prairies maréca-
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veuses se font remarquer ; 3°enfin les marais de la Haute et Basse- Varenne présentent une grande surface de terrain.
Marais de la Maine. — La Maine, à proprement parler, ne présente que les marais de la Baumette, d’une assez vaste superficie, et divisés en deux parties inégales ; l’une, la plus considérable, située en amont de la Baumette, et l’autre, d’une moins grande étendue, placée en aval de cet ancien monastère, vis-à-vis les rochers de Pruniers. Le fond de ces marais, qui est boueux, se trouvant placé à un niveau moins élevé que celui de la rivière, indique assez l’impossibilité de pouvoir les dessécher. Néanmoins les jones (Sczrpus lacustris, L.), qui abondent sur certains points, sont, ainsi que d’autres herbes, fauchés tous les ans pour être convertis en litière, bien qu’une certaine quantité de Joncs soit réservée pour les chaisiers.
Les marais de la Baumette recèlent une grande quantité d’animaux intéressants pour les naturalistes, et particulièrement des oiseaux palmipèdes et de rivage. Parmi ces derniers, l’on en cite de rares, qui y richent ou y ont niché. De ce nombre sont les Rales Poussin et Baillon (Gallinula pusilla, Bechst et G. Bailloni, Tera.), le Héron pourpré (Ardea purpurea, L.), Echasse (Aimantopus melanopterus, Meyer), etc.
Marais de la Sarthe — Sur la rive droite de la Sarthe, entre Epinard et Soulaire, se présentent les marais de Cantenay ; mais comme ces marais produisent des foins, plus ou moins grossiers 1l est vrai, et qu'il est rare qu'on ne les coupe pas chaque année, ce qui cependant arrive lorsque surviennent des crues abondantes à époque de la fauchaison, peut-être devrait-on les considérer comme prairies.
Marais du Loir. — Le Loir sous ce rapport ne nous présentera que deux localités : 1° le marais de Corzé, situé sur la commune de . ce nom, près de la rivière et à 17 kilom. d'Angers. |
La majeure partie de ce marais donne de gros foin, employé néanmoins à la nourriture des bêtes à cornes, mais l’autre portion conservant toujours une partie de ses eaux, présente plus que tout le reste le caractère attaché à cette désignation.
Parmi les marais de ce département, ceux de Corzé doivent être La , . L L2 .
cités d’une manière tout exceptionnelle, à raison du fait géologique qui les concerne : nous voulons parler d’un dépôt d’arbres qu'ils recèlent dans leur sein, de chênes entiers enfouis, et on ne sait depuis combien de temps.
Déjà quelques-uns de ces arbres, retirés du gisement qui leur est propre, ont été employés pour la bâtisse.
Ces arbres, par leur séjour prolongé dans ces marais, avaient
acquis dans leur bois la couleur plus ou moins foncée de lébène ; et leur enfouissement pouvant être expliqué géologiquement, nous r’entrerons ici dans aucune explication à cet égard, ayant eu déjà dans la publication de la Paléontologie de Maine-et-Loire Poccasion de présenter quelques observations sur ce fait.
2° Sur la rive gauche encore de la même rivière, entre Villevêque et Briollay, se présentent des prairies marécageuses plutôt que de véritables marais, et d’une étendue assez considérable pour avoir été remarquées. Klles produisent d’ailleurs des foins employés à la nourriture des bêtes à cornes. 4
… Marais de la Breille. — Ce marais, dont les eaux surabondantes forment un des affluents de l’Authion, est situé sur Îa rive droite de la Loire, dans l'arrondissement de Saumur, à 10 ou 11 kilom. de cette ville. Son importance, sous le rapport de l’histoire naturelle est de fournir un grand nombre de plantes rares, parmi lesquelles il en est qu’on ne rencontre pas ailleurs dans ce département ; c’est done pour le botaniste une précieuse localité à visiter, comme aussi pour l’entomologiste qui y rencontrera des insectes intéressants.
[4] Sources et Fontaines.
Les fontaines, aussi bien que les fleuves et les forêts, furent «les sujets de vénération pour les Gaulois, nos prédécesseurs sur cette terre que nous habitons ; et l’on peut croire que les fontaines que l’on rencontre dans les lieux qu’ils fréquentaient, ou dont on ne trouve que les traces, ont été regardées comme telles par ce peuple à peine sorti de la barbarie.
Dans des temps plus modernes, plus rapprochés de nous, les fontaines, sous un autre point de vue, ont également été vénérées : fait qui peut se constater encore et facilement par les chapelles érigées près d’elles, pour en mieux consacrer les eaux, et que l’on rencontre assez fréquemment.
Par le nombre considérable de rivières et d’étangs disséminés, cornme nous l'avons déjà vu, sur la surface de ce département, l’on reconnaît bientôt que les sources qui surgissent de toutes parts pour leur donner naissance, y sont en nombre prodigieux ; et en y comprenant celles auxquelles sont dues les fontaines et même les eaux minérales, l’on se convaincra facilement qu’il y a peu de départements à être si complétement arrosés que celui-e1.
Des eaux. — Considérées sous le rapport de leur nature, les eaux peuvent être séparées en deux classes distinctes : les eaux ordinaires, et les eaux minérales. |
Les eaux de rivière, de marais et d’étang sont rangées dans la première classe; et pour compléter notre travail nous y réunirons les eaux ordinaires de fontaines ou de sources, mots synonymes en cette circonstance, puisque les fontaines ne diffèrent des sources que par leurs eaux surgissant d’un bassin, tandis que les sources coulent immédiatement dans le ruisseau qu’elles ont formé.
j Toutes les eaux ne présentent pas le même poids, et plus elles ; sont mélangées, plus elles sont pesantes. Voici, d’après Bergmann, les rapports de queiques espèces d'eaux :
L'eau’ distillée pèse. ........,:,..1 1,000
L’eau de source la plus pure........ 1,001 à 1,005