CHAPITRE ler. — Instruction (Académie de Rennes
Ecole préparatoire de médecine et de phar- Enseigt supérieur. , ; macie. | Ecole supérieure des sciences et des lettres. Fnseignement Enseigt secondaire . .| Lycée impérial d'Angers. public. …… Ecole normale primaire (une).
LE Ecoles primaires supérieures (trois).
Enseigt primaire... .À Ecoles primaires, soit publiques, soit libres, | dans toutes les communes.
Salles d'asile. | Ecoles dirigées par des laïques.
Ecoles dirigées par des frères de la doctrine chrétienne.
Enseignement Ecoles dirigées par des ecclésiastiques. Hbre. Pensionnats et écoles pour les jeunes personnes.
Grand séminaire.
Petits séminaires.
Institution des sourds-muets.
Cours publics de dessin.
( Cours du conservatoire municipal de musique. Etablissements relevant directement! Ecole de cavalerie de Saumur, du gouvernement............... | Ecole des arts et métiers d'Angers.
Enseigt secondaire. ,
Enseigt religieux ..
Institutions spéciales. ..... .. Ave
CHAP. 11. — Etablissements scientifiques et artistiques.
Jardin des plantes ou jardin botanique.
Jardin fruitier.
Musée ou cabinet d'histoire naturelle.
Musée de sculpture, Nues publics... ............ Musée de peinture. Musée d’antiquités d'Angers.
Musée mixte de Saumur.
Ç Bibliothèque d'Angers.
{ Bibliothèque de Saumur.
LL ILE NRA
CHAP. 11. — Sociétés savantes.
Société de médecine.
Société impériale d'agriculture, sciences et arts d'Angers. Société industrielle d'Angers.
| Société vétérinaire.
Société linnéenne.
Société académique.
CHAP. IV. — Sociétés éteintes et dont 1l ne resle que le souvenir.
Société phitharmonique d'Angers.
Société du concert des amateurs.
Sociétés franc-maçonniques de Maine et Loire, savoir : Angers (trois loges), de Beaufort (une loge), de Vihiers (une loge), de Baugé (une loge de dames).
Société 2rammaticale. | |
CHAP, v. — Monuments historiques ou monuments anciens, du moyen-âge et monuments modernes.
$ 1. Antiquités.
40 Monuments celtiques.
20 Monuments romains et gallo-romains.
$ 2. Moyen-âge ou temps historiques compris entre le v: et le xve siècle après Jésus-Christ.
4° Architecture romane (monuments du Ve au commencement du xie siècle).
2 Architecture romano-byzantine (x1° siècle).
30 Architecture de transition (x1I° siècle).
4° Architecture gothique ou du style ogival (xilIe et x1ve siècles).
5o Style ogival-fleuri ou de décadence (XVe et commencement du xvie siècle).
$. 3. Temps modernes.
4° Monuments de la renaissance (xvie siècle). 20 Monuments des temps modernes {du Xviie siècle jusqu'à nos jours).
CHAP. VI. — Histoire, littérature, etc.
10 Histoires concernant l’Anjou depuis les temps anciens jusqu'aux temps modernes.
20 Biozraphie angevine.
3° Bibliographie angevine.
4° Cartographie (cartes relatives au département de Maine et Loire).
5° Etat des sciences, des lettres et des arts en Anjou.
D’après le plan que nous venons de tracer, cet ouvrage se trouve divisé en deux grandes catégories sous les désignations d’éfat naturel et d’élat social.
La première division , en nous montrant d’abord la GÉoGRAPHIE PHYSIQUE, nous conduit ensuite à l’HISTOIRE NATURELLE, Cette science qui embrasse dans ses rapports tout ce qui est sorti des mains du Créateur, c’est-à-dire tout ce qui est grand, beau, admirable ou sublime dans la nature. Car, depuis la montagne soulevée par le feu central de la terre, jusqu’au grain de sable qui roule à ses pieds; depuis le sequoia qigantea, ce géant végétal de la Californie, ou le chêne altier de la forêt, jusqu’à l’humble lichen qui recouvre son écorce ; enfin, depuis le maminouth, dont la race est éteinte, ou plutôt l'éléphant qui le remplace sur la terre, jusqu'aux infusoirs ou autres animaux microscopiques, tout n’est-il pas empreint de cette puissance invisible par elle-même, mais qui se révèle par les faits attachés à la création ? Aussi, combien sont erronés, sont loin
de la vérité, ces discours fallacieux qui tendent à détourner les hommes de l’étude de l’histoire naturelle, de cette science si aimable et si pleine d’attraits, qui chaque jour enseigne à ses adeptes des faits nouveaux et souvent du plus haut intérêt, en leur faisant connaître que les plus éievés comme les plus infimes des êtres de la création sont appelés à jouer un rôle dont l’importance existe, comme à démontrer tant de merveilles, mais que des études spéciales, il est vrai, peuvent seules aider à soulever le voile qui les cache ou les dérobe à la vue des hommes indifférents.
Combien Réaumur, cet illustre observateur des lois de la nature, dont il sut tant de fois pénétrer les secrets, dut-il éprouver de jouissance lorsqu'il reconnut, par exemple, ces générations successives et comme spontanées des pucerons, ces êtres si peu dignes en apparence de fixer l'attention; puis les mœurs des cynips et des ichneumons, insectes parasites pour la plupart, etc., etc.
Enfin, ce nest qu'après avoir observé tous Les faits qui se ratta-chent aux êtres organisés, et les avoir profondément médités, que l’observateur est arrivé à cette conclusion définitive : que tous les êtres organisés n’ont, d’après l'instinct qui les gouverne, qu’un but auquel toutes leurs actions se rapportent : la conservation de l'espèce!
S1, après avoir examiné avec l’altention qu’elle mérite, toute cette création terrestre, et dont l’homme seul, parmi la quantité innombrable des êtres de la nature, est capable de concevoir l’auteur de tant de merveilles, et que, relevant la tête, il regarde avec le même intérêt ce qui se passe dans la région céleste, que voit-1l? un grand tableau qui se déroule à ses veux et lui montre ce que peut lui présenter l’astronomie, et entre autres choses, ces astres, tixes en apparence, et ces planètes qui se meuvent autour de chacun de:ces centres d’attraction, sans se heurter (1) ni dévier aucunement, dans leurs courses rapides, de la route qu’elles doivent suivre dans limmensité qui les recèle.
(1) Ici se présente une réflexion. Si l’on examine d’abord ce qui se passe, quant à la terre qi tourne 365 fois par an sur elle-même, en faisant sa révolution annuelle autour du soleil, ainsi que par rapport à la lune qui la suit dans sa course comme satellite, il est facile de remarquer qu’une puissance divine seule 4 pu présider à un tel arrangement; l’on se demande ensuite comment pouvoir admettre avec l'illustre Buffon, que le choc d’une comète ait pu détacher du soleil un certain nombre de fragments qui tout en s’arrondissant aient formé les planettes et leurs satellites. D’ailleurs n'est-il pas plus convenable, plus satisfaisant pour la raison, de penser que le monde astronomique, le système planétaire tout entier, a dû être créé par une seule pensée, une volonté divine, qui a tout prévu et dont la puissance est sans bornes, piutôt que d'admettre qu’un hasard, qu'un vas fortuit aient été nécessaires, indispensables même pour arriver à un tel résultat. Et cette brèche faite au soleil, ne nuirait donc en rien, en aucune manière aux fonctions départies, dans le système de la formation de l'univers, la cosmogonie, à cet astre si resplendissant de lumière ?
L’astronomie, d’ailleurs, de même que l’histoire naturelle, en agrandissant la pensée, n’élève-t-elle pas l’âme jusqu’à la hauteur du Créateur, comme elle nourrit l’intelligence de vérités, le cœur et l'esprit d’admiration et de reconnaissance envers Dieu, le grand architecte de l’univers?
Si l’on passe à la seconde division de cet ouvrage, celle qui se rattache spécialement à l’ÉraT socraL DE L'HOMME, on voit là, plus
qu'ailleurs encore, la différence qui le sépare des autres êtres de la création ; car, à lui seul, par son intelligence, son génie, son discernement, son jugement, appartient le pouvoir, la faculté de former des combinaisons, C’en tirer des conséquences et de pouvoir exprimer sa pensée. |
Ce n’est point un instinct qui le gouverne, mais bien une inspiration divine qui le conduit et peut le porter à dire, — par un de ces élans de la pensée, dans ces moments commandés par Padmiralion pour tout ce qu’il voit dans la nature : — Gloire à Dieu, pour toutes les merveilles répandues avec tant de profusion sur la terre et dans le ciel! Reconnaissance de l’homme envers le Créateur, qui lui a donné l'intelligence nécessaire pour admirer ses œuvres!
Sans aller plus loin dans cette considération, nous dirons néan— moins que l’homme a été créé pour vivre en société; car, isolé, 1l u’eût jamais pu se défendre, résister à l’aggression de certaines es— pèces d'animaux qui bientôt l’eussent fait disparaître de la création.
I! ne dut, dans le principe, s'occuper que des intérêts matériels de la vie : il inventa les instruments nécessaires pour sa défense, ceux indispensables pour la chasse et la pêche , seuls moyens d’abord de subvenir à sa nourriture; se vêtit de la peau des animaux et se bâtit des cabanes pour se soustraire aux intempéries des saisons. L'homme alors était encore à l’état sauvage.
Si l’on considère, si l’on compare ces travaux grossiers à ceux que homme civilisé sait maintenant entreprendre et réaliser tout à la fois, esprit se perd, est confondu, en pensant surtout au nombre de siècles qu’il a fallu traverser pour arriver à ce dernier résul- . tat; résultat, d’ailleurs, qui n’est pas encore parvenu sans doute à l'apogée des connaissances humaines, car la science s'agrandit chaque jour en se fortifiant des connaissances déjà acquises et sans lesquelles elle resterait stationnaire. |
Aristote et Humboldt, deux hommes exceptionnels, embrassent l’un et l’autre toutes les connaissances humaines, et marchent ainsi
sur la même ligne; ce dernier, néanmoins, comme on l’a dit avant nous, n'est-1l pas supérieur à son aîné de toute l'expérience des vingt siècles qui les séparent?
Sans les connaissances déjà acquises des mathématiques, de la physique et de la chimie, il eût été de toute impossibilité de penser à la création des machines à vapeur, des chemins de fer, des télé
graphes électriques, de même que de tant d’autres inventions admirables : une découverte en amène nécessairement une autre, lorsque le génie sait en faire une nouvelle application.
Pour appuyer ces vérités, il suffira de présenter ici une série de faits avérés et que l’on ne peut mettre en doute. Ainsi, en jetant un regard rétrospectif sur un certain nombre d’inventions, dont l’époque remonte du x1° au x1x° siècle par exemple, nous dirons, — sans toutefois nous assujétir à une chronologie trop rigoureuse, — que la GAMME MUSICALE est attribuée à Gui d’Arezzo, qui l’aurait découverte en 1025.
La poussore fut inventée vers l’an 1300, à Amassi, dans le royaume de Naples, par Flavo Gioja, bien que Pineda, jésuite espagnol; et Kirker même aient prétendu que Salomon avait connu cet instrument. Cette découverte est encore attribuée à Jean Gola, napolitain, qui l’aurait inventée en 1303.
L'invention des Lunerres remonte à l’année 1280.
La POUDRE À canon fut inventée à Cologne par un moine nommé Berthold Schwartz, en 1340 ou 1350, d’autres disent en 1382 (1). Cependant, avant 1268, Roger Bacon en fait mention, et l’on raconte même que le premier emploi des canons en France remonte au siége de Puy-Guillaume, qui eut lieu en 1338. Dans un poème arabe, vers 1269, il est fait mention de la poudre à canon.
L'invention de LA PEINTURE A L'HUILE, par Van Eyck, remonte au xv° siècle, en 1426. D’autres historiens disent que Jean de Bruges, vers le xve siècle, en fut l'inventeur.
Avant la découverte de cet art, la célèbre Dibutade, fille d’un potier de Sicyone, dont Pamour conduisait la main, avait déjà donné l’idée du pEssi, comme son père, dans le même temps, celle de la SCULPTURE.
L’imprimerte fut inventée au xve siècle, par les allemands Guttemberg , Faust et Schæffer , en caractères mobiles en 1436, et en caractères de fonte en 1452 ; néanmoins cette invention est attribuée plus particulièrement à Guttemberg seul.
La première imprimerie établie en France remonte à 1470, sous Louis XT, et l'imprimerie royale fut fondée par François I°, en 1521.
La GRAVURE sur Bo1S , qui remonte à 1430, fut suivie de la crA- VURE EN TAILLE-DOUCE, inventée en 1452, par Masso Finiguerra, orfèvre florentin. La GRAVURE SUR ACIER est moderne, comme le perfectionnement de la gravure sur bois, qui est parvenu à donner des contours aussi purs , des lignes aussi déliées que ceux apportés sur les métaux par le burin le mieux exercé.
(1) Au mois de décembre 1853, à Fribourg (grand duché de Bade) un monument à été érigé en l'honneur du moine cordelier Berthold-Schwartz, auquel est attribuée l’invention de la poudre à canon. (Extrait des journaux du temps.)
L’AmérIQuE fut découverte par Christophe Colomb , en 1492 : il y a donc de cela, en 1863, 371 ans.
En 1500, Pierre Hellé, de Nuremberg, inventa Les MONTRES oRp1- NAIRES, tandis que les MONTRES À RÉPÉTITION ne parurent qu’en 1680.
En 1544, Copernic, né à Thorn, en Pologne, le 16 février 1473, fit paraître son système astronomique ou l’EXPOSITION DU VÉRITABLE SYSTÈME DU MONDE, Consigné dans un ouvrage qu'il publia sous le titre de Revolutionibus orbium cœlestinum.
Galilée, né à Pise en 1564, mort en 1642, fut fun des plus ardents promoteurs du système de Copernic.
La CIRCULATION pu sAnG fut découverte et démontrée en 1608, par Guillaume Harvey, médecin anglais, mais elle avait été indiquée déjà par Michel Servet. é |
Le TÉLESCOPE À RÉFLEXION fut inventé en 1639, par Mersenne (F. M.), né dans le Maine en 1588.
Le raermomèrre, inventé en 1600, par un hollandais du nom de Camille Drebbel, fut perfectionné par Réaumur. Ce thermomètre, divisé en 80 degrés, est depuis un certain temps généralement remplacé par le THERMOMÈTRE CENTIGRADE, divisé en 100 degrés.
Le sAroMÈTRE est dù à Torricelli, célèbre mathématicien, né en Italie en 1608, qui l’inventa en 1643.
Le microscorr, instrument sans lequel les merveilles de la nature dans la création des infiniment petits (les infusoirs, etc.) n’auraient jamais apparu aux yeux de l’homme étonné, fut inventé par Gottlieb Hoffmann, qui en fit la découverte en 1774.
Le PARATONNERRE, instrument inventé par Franklin en 1757, perfectionné par Chappe et Bertholon, ne parut en France qu'en 1782 (1).
Le caré est originaire de l’Yemen, dans l’Arabie-Heureuse. En 1696, Jean Thevenot l’introduisit en France, et ce sont deux pieds de caféiers partis des serres du Jardin-des-Plantes de Paris pour les Antilles, qui sont devenus les souches premières des immenses plantations de l'Amérique.
L’ATTRACTION UNIVERSELLE, dont la découverte est due à Newton, remonte, pour ce fait, à l’année 1687. D’après ce système, tous les corps célestes qui tournent autour du soleil, étant doués comme cet astre de la puissance de l'attraction , il en résulte que la mécanique céleste n’a pas d’autres fondements.
La vaccin. La découverte des eflets de la vaccine contre la production de la petite-vérole , qui remonte à l’année 1775, est due au docteur Jenner (Edward), savant médecin écossais, né en 1749 , et qui mourut à Berkley en 1823. Selon quelques personnes, cette
Le Franklin (Benjamin), né à Boston (Amérique) en 1706, mourut le 47 avril
importante découverte avait été faite simultanément par le docteur Jenner et le docteur Rabaud, de Montpellier.
… Macrines 4 vapeur. La première machine à vapeur, à piston et à cylindre, est due à Papin (Denis), mécanicien et docteur en médecine, né à Blois vers le milieu du xvir siècle, qui la fit connaître en 1690 (1).
Des mécaniciens en grand nombre se sont occupés du perfectionnement de cette découverte, et une des modifications importantes, celle de la condensation de la vapeur par le refroidissement, est due à Newcomen et.Cowiey. D’eutres améliorations ont été apportées par Watt, de Glascow, et Bolton, de Birmingham, en employant Pélasticité de la vapeur comme puissance active, et c’est à New-York, en 1807, que l'ingénieur américain Fulton fit construire le premier bateau à vapeur, dont la machine équivalait à la force de vingt chevaux (2).
L’Angleterre, en 1812, posséda le premier bateau à vapeur régulier; la France en 1816, et les autres nations vinrent ensuite.
Après de tels résultats obtenus, l’on pouvait croire que l’homme se serait contenté de naviguer ainsi sur l’eau; cependant il en fut autrement : 1l lui fallait vaincre une autre difficulté, celle de pouvoir naviguer sous l’eau, dans le sein même de la mer. Eh bien! la NAVIGATION SOUS-MARINE n’est plus un problème à résoudre depuis la construction, dans les ateliers du Creusot, du bateau d’un nouveau système, qui pourra naviguer et entreprendre des voyages comme le font les bateaux à vapeur ordinaires, avec cette différence toutefois que , pouvant se submerger à volonté, il sera facile, dans diverses circonstances, même en cas de guerre, de tirer un parti avantageux de ce nouveau système de navigation.
Caemins DE FER. En 1805, Trévithick et Vivian firent les premiers essais d’une locomotive sur des rails en fer; l'invention se perfectionna ensuite jusqu’en 1814, époque à laquelle Georges Stephenson établit des locomotives régulières. La première application en grand de ce nouveau système fut faite en 1825, sur la route qui conduit des mines de Darlington (3) au port de Stockton. En France, pour la première fois, ce moyen de rapide communication fut mis er pratique en 1832, sur le chemin de fer de Lyon à Saint-Etienne.
CHEMIN DE FER ATMOSPHÉRIQUE. L'idée d'employer la raréfaction de air comme moyen de locomotion fut émise en 1810, mais sans aucune application, par un ingénieur danois nommé Medhurst, En
(1) Papin (Denis) naquit à Blois le 22 août 1647 et mourut en 1710. Après plus d’un siècle d'oubli, en 1847, l’on annonça une publication sous ce titre : La vie et les écrits de Denis Papin. (1 faut en toutes choses de la réflexion!)
(2) La force d’un cheval, en terme de mécanique, est celle qui peut élever verticalement à un mètre de hauteur un poids de 75 kilogranmes.
(3) Darlington, gros bourg d'Angleterre.
1838, MM. Clegg et Samuda, au moyen d’une invention qui leur est propre, réussirent, en appliquant ce principe , à faire mouvoir des locomotives, et en 1845 M. Arnollet fit connaître un nouveau système de chemin de fer atmosphérique.
Cnemn éorique. En 1850, M. Andraud fit connaître un nouveau mode de locomotion mis en mouvement par l’air comprimé, dont il est l'inventeur , et par lequel sont supprimés les machines à feu, les lourds convois, et par conséquent les ruineux travaux d’art. Les caractères principaux des chemins éoliques se résument en quatre mots : vitesse, sécurité, économie, confortable.
Le 3 avril 1850, Louis Bonaparte, aujourd’hui empereur des Français, est monté dans le char éolique, conduit par Andraud luimème, afin de mieux apprécier la valeur de cette nouvelle invention, dont il a été on ne peut plus satisfait,
Vorrure À vArEuUR. En 1819, le mécanicien Owen, de Stockholm, inventa une voiture pouvant contenir douze personnes, et mise en mouvement par une machine à vapeur au lieu de chevaux, sur une route ordinaire.
CHaRRuE À vapeur. En 1850, l’on a essayé en Angleterre Papplication de la vapeur au lahourage des terres. La machine dont on a fait usage était une petite locomotive attachée au cabestan, ainsi que la charrue, et qui se mouvait sur un rail mobile.
AfrosTaTs. Montgoltier (Etienne), né à Viadalon-les-Annonay, en 1745, et qui mourut en 1799 , inventa les aérostats , en société avec son frère (Joseph-Michel). Le premier essai se fit à Annonay, le 15 mai 1783.
C’est à Montgolfier qu’est venue l’idée d’élever dans les airs des hommes ainsi que des animaux, tels que chevaux, etc., au moyen d’aérostats qui prirent aussi le nom de montgolfières et de ballons.
Le physicien Charles, né à Nancy en 1746, substitua le gaz hy— drogène pour enfler les ballons, à l’air raréfié employé par Montgolfier, et fit la première ascension d’un ballon ainsi gonflé par ce gaz. Cette ascension eut lieu au jardin des Tuileries , le 1° décembre 1783. Elle fut plus heureuse que le voyage aérien entrepris le : 15 juin 1785 par l’infortuné Pilâtre des Rosiers, qui, pour se rendre en Angleterre, partit de Boulogne-sur-Mer avec un compagnon de voyage, au moyen d’une nacelle suspendue à un ballon qui les recut tous les deux; mais le ballon s'étant enflammé, précipita dans sa chute les deux malheureux aéronautes d’une hauteur de cinq cents mètres ou plus d’élévation.
… Blanchard, aéronaute distingué, né en 1753, aux Andelys, mort en 1809, inventa les PARACHUTES, et fit soixante ascensions.
Ii essaya de donner une direction positive aux ballons, et la certitude de réussir lui fit entreprendre, en 1785, le voyage qu’il exécuta de traverser la Manche de Douvres à Calais.
Un grand nombre de problèmes restent encore à résoudre par rapport à la navigation aérienne. En septembre 1850, le célèbre aéronaute espagnol, J. Montemajor, entreprit cette tâche par des essais faits à Madrid , et qui ont été couronnés de succès. Pour un voyage de long-cours, ce savant intrépide vient de faire construire un immense aérostat, auquel il a donné le nom d’ÉoLeE.
Un angevin, M. Bazin (E.), à dit aussi son mot par rapport à la navigation aérienne; car rien maintenant ne pouvant étonner esprit humain, tout fait présumer qu’un jour nous verrons la réalisation de ce projet tant de fois repris et tant de fois abandonné. Le modèle de la machine aérostatique de M. Bazin, qui, soutenue par deux ballons, doit marcher à l'encontre du vent, a été exécuté à Marans, petit bourg situé à six kilomètres de Segré , département de Maine-et-Loire. Aïnsi, cette machine étant d’origine angevine, et le rôle qu’elle peut jouer dans le problème de la navigation aérienne important, ce sont deux motifs puissants d’intérèt pour les Angevins (1).
L’intrépide aéronaute Poitevin organise bien des trains-de-plaisir en recevant dans une ronde nacelle d’osier sept personnes (M. Poitevin, son aide et cinq voyageurs) qui vont se rafraichir dans les hautes régions atmosphériques; mais c’est toujours le vent qui dirige Zodiaque (nom du ballon), et non la volonté de l’aéronaute.
À tous ces procédés vient s’en joindre un dernier, encore à l’état de projet, il est vrai, mais dont la réalisation est loin d’être mise en doute par une commission instituée pour la pratique de la navigation aérienne. La machine, d’après les journaux qui en ont donné la description, qui doit servir à la réalisation de ce projet, se compose : «d’un plancher supporté par quatre ballons cylindro-con1ques, comme le coffre d’une voiture par ses quatre roues; autour des ballons, des aubes mobiles se fermant et s’ouvrant successivement pendant chacune de leurs révolutions; un moteur pour le service de ces aubes ; en avant du véhicule , une tête d'oiseau; en arrière, une queue de poisson ; telle est la locomotive aérienne à laquelle inventeur donne le nom de rrans-éTHer, et dont il a présenté les plans à l’Académie des sciences. »
TÉLÉGRAPHE ORDINAIRE OU AÉRIEN. Le père Kircher, et autres savants de cette époque, firent les premiers essais de la télégraphie; néanmoins, d’après les perfectionnements apportés à cette découverte, on peut dire que c’est à deux français, MM. Chappe frères, qu'il convient Jd’attribuer la valeur de cette invention. En 1791, ils tirent l’expérience de leur méthode dans le département de la Sarthe,
(1) C'est encore à M. Bazin (E.) qu'est due l'invention nouvelle (1861) de V'Avertisseur, machine de sûreté indispensable pour les voyages en chemin de fer. il en est de même de cette autre non moins importante, qui consiste, pour la marine, à remplacer le loch, et à laquelle M. Bazin a imposé le nom de Lochomtre.
et le 12 juillet 1793 ils la répétèrent devant le comité d'instruction publique, qui lui donna son approbation.
TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE (ou éleciro-magnétique). L'idée d’'appliquer l'électricité à la transmission des dépêches remonte à la fin du xvi® siècle. Mais c’est à Lesage, fils d'un français réfugié à Genève, qu'il convient de rapporter la gloire d’avoir fait la première application du fluide électrique à la télégraphie. En 1774, Lesage établit à Genève un télégraphe électrique. Mais ce n’est bien qu’en 1832, après qu’il eut subi les modifications apportées par MM. Morse et Breguet , que cet instrument recut tout le perfecüonnement dont il était susceptible.
Quant à son utilité, fonctionnant bien de jour et de nuit, sans que les brumes et les brouillards aient aucune action sur lui ou ses appareils, l’on peut dire qu’il présente un avantage réel sur le télégraphe ordinaire.
La ligne du chemin de fer de Paris à Nantes, — servant pour l'établissement d’un télégraphe électrique, dont Angers, à raison de sa position géographique et de son importance, se trouve natu— rellement partagé, — eut un premier crédit de 268,266 fr. ouvert au ministère de l’intérieur sur l’exercice de 1850, cette somme ayant été votée par l’Assembiée législative, dans sa séance du 9 février, pour l’étab:issement sur cette ligne d’une télégraphie électrique de Paris à Angers. Cette ligne a fonctionné pour la première fois le 21 janvier 1851. Deux bureaux sont établis à Angers : l’un à la gare du chemin de fer, pour la correspondance particulière de cet établissement, et l’autre à la Préfecture, pour la correspondance du gouvernement et des particuliers (1).
TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE sOuS-MARIN. En 1850, il fut grandement question, et la chose fut définitivement arrêtée, d'établir une ligne télégraphique sous-marine entre la France et l’Angleterre. Cette nouvelle invention, due à deux ingénieurs : l’un français, M. Troché, et l’autre anglais, Sir Bréet, a trouvé son application dans la construction d’un télégraphe électrique (électro-magnétique), jeté de Douvres à Calais, par dessous la Manche, appayé d’un côté sur la pointe de Gris-Nez, près Calais, et de l’autre sur le cap de Shakespeare en Angleterre, donnant un parcours de 42 kilomètres de traversée de mer, pris sur la distance de Paris à Londres, qui est de 560 kilomètres.
Pour la mise en exercice de cette nouvelle invention, un câble, formé de sept fils de cuivre, revêtu de gutta-percha, long de 42 ki-
(1) Les bureaux télégraphiques sont ouverts tous les jours y compris les fêtes et dimanches, du 1° avril à la fin de septembre de sept heures du matin à neuf heures du soir; du 1° octobre à la fin de mars, de huit heures du matin à neuf heures du soir.
lomètres et propre à réunir Douvres à Calais à travers l'Océan, fut posé le 24 septembre 1851.
Sir Breet ayant conçu le projet de relier immédiatement, par une communication électrique, les observations astronomiques et météorologiques de Greenwich et de Paris, et le projet ayant été accepté par le gouvernement français, un fil conducteur, enté sur les fils de l'administration, vient aboutir à l'Observatoire de Paris d’une part, et de l’autre à l'Observatoire royal, à la station télégraphique la plus proche de North-Ken rail-way.
Ainsi, il n’est plus possible de douter que ce moyen de communication presque immédiate ne puisse trouver son application sur d’autres points d’un parcours beaucoup plus étendu, comme par exemple celui de la France à l'Algérie, de l'Amérique à lEurope, etc., et ces lieux pourraient donc à ieur tour profiter de cette heureuse et admirable découverte, qui ne craint d’autres sinistres que ceux que peuvent apporter des vaisseaux qui, chassant sur leurs ancres, viendraient à rompre le câble conducteur qui repose au fond de la mer.
Técécrapmie Acousrique. Le télégraphe acoustique, inventé en 1849, par M. Sudre, est encore une de ces découvertes qui surprennent l’esprit humain.
Les instruments employés pour ce genre de télégraphie étant le tambour, le clairon, et mème le canon, c’est dire assez que ce système de correspondance peut convenir et doit être destiné à l'armée, dont les ordres sont difficilement transmis par les moyens ordinaires avec la célérité que comportent des circonstances impérieuses.
Des expériences relatives à cette nouvelle invention, faites à Paris le 15 février 1850, sur la place du Champ-de-Mars, sous les ordres du général de division Guillabert, ainsi que celles du 5 mars de la même année, qui ont fait voir des postes de clairons échelonnés de distance en distance, transmettant des ordres à dix kilomètres du point de départ, ayant eu le succès le plus complet, 1l est à présumer que l’armée saura mettre à profit cette découverte importante pour Les opérations de stratégie qui demandent des communications rapides.
M. Sudre était déjà inventeur d’une TÉLÉGRAPHIE AÉRIENNE et d’une TÉLÉPHONIE, dont voici un aperçu : À l’aide de trois fanaux ou de trois sons, M. Sudre proposait d'établir des communications sur terre et sur mer, à de très-grandes distances.
EcLaIRAGE AU Gaz. En 1785, l'ingénieur francais Lebon fit la découverte de l'éclairage au gaz. Dans le rHERMoLAMPE, inventé en 1800 par le même ingénieur, le gaz hydrogène fourni par la distillation du bois servit à l'éclairage, et Mundoch, ingénieur anglais, éclairait, en 1806, les fonderies de Watt ei Bulton avec le gaz extrait
du charbon de terre (gaz hydrogène carboné). C’est ce dernier système qui a prévalu et qu’on emploie encore aujourd’hui.
LiraocrApaie. Cette admirable invention a été faite en 1795 ou 1796, par Aloys Sennefelder, choriste du théâtre de Munick, en Allemagne, et c’est en 1814, à M. de Lasteyrie, que l’on doit d'avoir monté en France le premier établissement de ce genre.
Dacurerréoryre. La découverte du daguerréotype , faite en 1838 ou 1839, par MM. Daguerre et Niepce, a donné naissance à la PHOTOGRAPHIE OU DAGUERRÉOTYPIE qui, depuis l’époque à laquelle elle a paru, a fait tant de progrès, et chaque jour encore en présente de nouveaux, qu'on ne peut prévoir le moment où ce progrès s’arrêlera.
Purrs ARTÉsIENS. Les premiers essais des fontaines jaillissantes ayant été faits en France dans le département du Pas-de-Calais, composé de l’ancienne province d’Artois, 1l est naturel de penser que la dénomination de puits artésiens n’a pas d’autre origire.
Le travail le plus remarquable en ce genre est le puits de Grenelle (à l’Abattoir de Paris), foré par l’habile soudeur Mulot. Le 26 février 1841, après un travail persévérant qui a duré piusieurs années, M. Mulot parvint à faire remonter de la profondeur de 548 mètres une colonne d’eau chaude donnant 3,000 mètres cubes par heures. L’on ne peut désirer quelque chose de plus satisfaisant.
Tunnez DE LA Tamise, à Londres. Cet admirable travail est dû à un français nommé Isambert Brunel, ingénieur célèbre, qui aaquit en 1769, à Hacqueville, près les Andelys, département de l’Eure, et mourut à Londres dans sa 81° année. Les travaux de ce tunnel, commencés en 1825, interrompus en 1828, repris en 1835, furent terminés le 25 mars 1843.
Ce passage souterrain sous la Tamise, de 300 mètres de longueur. dans lequel circulent les voitures et les piétons, est un de ces travaux gigantesques qui étonnent l’esprit humain , qui paraissent de loin en loin, comme cet autre sans égal, cité par Aristote : la construction de la GRANDE PYRAMIDE D'ÉGYPTE, haute de 125 mille pieds anglais, et qui occupa 100 mille hommes pendant 20 années.
COTON—POUDRE OU FULMICOTON. Cette découverte, faite en 184. , est attribuée à M. Schœnbein, chimiste de Bâle (Suisse). Bien que fort remarquable, cette nouvelle proauction ne fera point abandonner la poudre à canon, quoique destinée en partie aux mêmes usages, à raison des graves inconvénients qu'elle présente. Mais cette matière est utilisée avec tout l’avantage désirable pour préparer le collodium employé pour la photographie, etc.
ETtHÉRISATION et CHLOROFORME. L’éthérisation, découverte de leftet de l’éther comme agent d’insensibilité ou d’anasthésie, appliqué à l’allégement des souffrances humaines, est due à MM. Jackson et Morton, de Boston. Le chloroforme, découvert ensuite par M. Sou-
beiran , et employé pour le même usage par le docteur Simpson , a remplacé généralement le premier procédé. Mais à léther et au chloroforme qui ne sont pas sans danger, l’on vient, en 1862, de substituer la KEROSOLÈNE , découverte de M. Cutter, savant américain, et le GAZ ACIDE CARBONIQUE, dans son mélange de quatre parties et d'une partie d’air atmosphérique. Cette dernière invention, due au docteur Ozanam, jouit, dit-on, de ces précieux avantages d’être facile à préparer et de remplir le but qu’on se propose sans donner lieu à aucun accident.
Nous n’irons pas plus loin dans ces recherches, dans ces citations, qui se sont en quelque sorte présentées d’elles-mêmes; elles sont suffisantes pour atteindre le but que nous nous sommes proposé, et en enregistrant toutes ces découvertes, toutes ces conceptions de l'esprit humain, nous avons voulu aussi constater cet autre fait : que les hommes de génie ne se présentent que de loin en loin, qu’à des époques souvent fort éloignées les unes des autres ; car, depuis invention de la boussole (1), sans laquelle le navigateur ne pourralt marcher que d’un pas incertain, jusqu’à la découverte du chloroforme, combien a-t-il fallu traverser de siècles ?
Cette réflexion nous conduit à cette autre vérité non moins importante : c’est que l'esprit humain encore tend sans cesse à l’agrandissement de ses connaissances , de son savoir; qu’il ne peut rester en repos, et montre parfaitement la propension des idées vers le bien Gu le bien-être, car toutes les découvertes, les inventions qu’il enfante, se rapportent plus ou moins directement, mais toujours aux besoins de la civilisation.
(1) Ce précieux instrument, guide infaillible du navigateur, qui le regarde et avec toute raison, comme un génie tutélaire propre à le conduire, à le diriger dans les nuits les plus obscures comme dans les jours les plus éclairés, et à l’aide duquel, comme le dit Maltebrun, « on doit attribuer toutes ces mémorables découvertes qui ont tant étendu le domaine de l'homme civilisé et presque complété la connaissance du globe. »