L’ALGÉRIE
situation. L’Algérie comprend, le long de la Méditerranée, sur le continent de l’Afrique, au Nord, toute cette onduleuse étendue de côtes qui court entre le cap Roux, par 6° 33' de longitude orientale, et l’embouchure de l’oued Kîs, par 4° 31' de longitude occidentale.
limites. Au" Nord, l’Algérie est bornée par la Méditerranée; au Sud, par le grand Désert; à l’Est, par la Régence de Tunis ; à l’Ouest, par l’empire du Maroc.
étendue. L’Algérie a une étendue de 1000 kil. (250 lieues) entre ses deux limites orientales et occidentales, sur une profondeur, en moyenne, de 390 kil. (97 lieues). Sa surface totale pourrait être estimée ù 390,000 kil. carrés (24,375 lieues carrées).
MONTAGNES, PLAINES ET LACS. L’Atlas, groupe
de plusieurs chaînes de montagnes, qui se développent en s’élevant de l’E. à l’O. sur trois lignes principales,
et presque parallèlement aux rivages de la Méditerranée, prend un grand nombre de noms qui changent dans chaque tribu. Quelques-uns des plus connus que porte le Grand Atlas, chaîne la plus haute régnant le plus au S. sont: Djebel Aurès, Djebel BouKahil, Djebel Amour, Djebel Ksen.
Ces divers points culminants commandent de vastes contrées qui sont, au S. le bassin du lac Melghigh (le plus grand de toute l’Algérie, se prolongeant jusqu’au cœur de la Régence de Tunis) ; les oasis du Ziban, de l’Ouad Righ, de Temacin, de Ouargla, de l’oued Mzab, des Ksour, des Oulad Sidi Cheikh, divisées et dominées en divers endroits par des montagnes sablonneuses, telles que celles de l’oued Souf, des Béni Mzab et des Areg. Au-delà, plus au S. encore, s’étend le grand Désert.
Au N. s’ouvrent de vastes plaines formées par des marais salans, que les indigènes désignent, de l'E. à l’O, parles noms de plaine dEl-Hodna, qui est occupée par le lac (choit) El-Saïda; plaine d’El- Mahaguin, au pied du Djebel Bou KahH ; la Sebkha, qui renferme une série de petits lacs; la plaine du Zaghez, comprenant les deux lacs de ce nom; la plaine du Sersou, traversée par le Chélif; la plaine des Choit, comprenant les tacs El-Gharbi et El-Chergui, entre le Sahara algérien au S. et la région des hautsplateaux, petit désert d’Angad, au N.
Les déclivités septentrionales qui supportent cet immense terrassement, et tracent au sein de l’Algérie
la ligne de démarcation entre le Tell (sol labourable) et le pays du Sahara, ont reçu les noms de Djebel Hargoub, Bou Taleb, Mzeïla, Mazzem , Magraouat, Harbour, Lahkdar, El-Haoud, Ras el-Ma, Ouled Ali Hemel.
Plusieurs contreforts nommés Djebel Edjrès, Bougareb, Braham, Râs el-Oued, Ouennouga, Dira, EI- Guessa, Ouarensenis, Béni Smaiel, — qui déterminent les tortueuses vallées du Roumel, à Gonstantine, du Bou Selam, près de Sétif, du Cbélif près de Médéa, — lient cette seconde chaîne de montagnes à une troisième vulgairement nommée le Petit Atlas , qui descend graduellement au N. vers la mer.
Le bourrelet sinueux que forment ces masses offre, de l’E. à l'O. les noms remarquables de Bjebel Bellarat, Alia, Mtaïa, Bougarcb, Ouahach, Mouila, Bou- Rkach, Ras Seba Bous, Zouagha, Babor, Magrls, Trouna, Biban, Ouennouga, Djeurdjeura, Mouzai'a, Zakkar, Tadjera, Dahra,' Béni Amer, Ouarsous.
Non loin du littoral, et au pied de cette troisième chaîne, dont l'Edough, le Gouraïa et le Sahel sont les derniers anneaux, on rencontre le bassin de la Seibouse ou s’élève Guelma; la plaine de Bône et le lac Fezzara ; la plaine de la Mitidja et le lac Halloula ; la plaine du Cbélif ; la plaine d’Oran et le lac Sebklia : le bassin de l’Habra.
fleuves ex rzvxères. Le fleuve le plus considérable de l’Algérie coule au S. de l’Atlas : c’est l’oued. Djedi qui, après un cours de 100 lieues à
travers des régions stériles, va se perdre dans le lac Melghigh.
Pour l’importance, vient après, au N. de l’Atlas, le Ghélif qui prend sa source aux confins du Sahara. Il est navigable en hiver pour des embarcations qui peuvent le remonter jusqu’à son coude, c’est-à-dire l’espace de plus de 25 myriam. Son parcours est d’environ 45 myriam. 11 a son embouchure entre le cap Ivi et Mostaganem. «
Les autres principaux fleuves, si ce nom doit être donné à tout cours d’eau qui se jette à la mer, sont, de PE. à l’0. l’Oued el-Kebir, la Seibouse, l’oued Bou Mansour, Pisser, l’Harrach, le Masafran, le Rio-Salado et la Tafna.
caps, golfes et île. Les caps dont la saillie est la plus avancée sont, de PE. à PO. les caps de Fer, Boudjarone, Bengut, Caxine, Ténès, Carbon, Falcon, Fégalo et Milonia.
lis déterminent les golfes de Bône, de Stora, de Bougie, d’Alger, d’Arzeu, d’Oran et de Rachgoun.
La seule île qui ait quelqu’importance par son étendue est celle de Rachgoun, près de l’embouchure de la Tafna.
rivages. Les'côtes se déchirent en pentes abruptes sur la plus grande étendue de leurs bords. Des roches sous-marines, des grèves profondément dentelées, des falaises taillées à pic, des criques dangereuses y sont l’effroi des marins, si elles déploient d’ailleurs aux géologues de curieux enseignements. La rade de Bougie,
le mouillage d'Arzeu, les ports de Mers el-Kebir et de Djidjeli, sont les seuls refuges assurés que ces rivages ouvrent aux navires battus des tempêtes. Quelques attérages d’un moins difficile accès mêlent, de loin en loin, quelque verdure et l’image de la civilisation renaissante, à ces mornes plages battues des vents du N. -O. en hiver, ou brûlées d’un soleil sans nuage qui les dévore durant la moitié de l'année, et tarit la plupart des faibles cours d'eau qui viennent déverser leurs tributs à la mer.
intérieur bu pats. L’aspect de l’intérieur de l’Algérie est, en général, plus riant; une végétation vigoureuse le décore avec luxe partout où le ruisseau murmure. Le Tell, le Sahel se tapissent des plus tendres pelouses, s'ombragent des plus épais berceaux ; mais la roche se redresse aux régions de l'Atlas, — le sable, le gravier s'étendent au Sahara, sur les confins du Grand Désert, sur la moitié de la surface du pays que la fécondité la plus puissante d’une part, et la stérilité la plus invincible de l’autre, se partagent en deux zônes marquées et se disputent aussi, sur ces deux terrains, par des exceptions fréquentes.
température. La température dont l’influence produit ces phénomènes, est douce sur les bords de la Méditerranée, froides en-deçà des sommités du petit Atlas, brûlante au-delà. L'hiver porte la moyenne de 8 à 10° du thermomètre centésimal, et si dans l’été elle atteint de 30 à 55 degrés centigrades, des vents frais et des brises régulières, sur les rivages, viennent en
modérer l’ardeur. Le vent du Simoum ou du Désert, apporte soudainement avec lui la sécheresse et l’accablcment, à trois ou quatre reprises de quelques heures, ou de quelques jours, dans tout le cours de l'année.
Les pluies tombent par orages et sont peu fréquentes, mais la quantité d’eau est abondante.
climats se l’Algérie. L’Algérie offre quatre climats différents : »
Climat (le la côte . — D’après des observations faites pendant 23 ans à Alger, par le service des Ponts-et- Chaussées, voici quelles sont, sur la côte, les extrêmes et moyennes températures des différents mois de l’année, ainsi que la quantité d’eau qui y est tombée.