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DE LA PROVINCE D’ALGER EN GÉNÉRAL

SITUATION, LIMITES, ÉTENDUE. La province

d’Alger comprend , le long de la Méditerranée, l'étendue de côtes qui serpente du cap Corbelin par 1°15’ de longitude orientale, au cap Magraoua par 1°50’ de longitude occidentale, — et se prolonge au S. entre les deux lignes sinueuses que forment les limites des provinces de Constantine à l’E , etd’Oran, à l’O., jusqu'au grand Désert. Sa superficie totale est de 19 millions d’hectares dont 3 millions dans les steppes, 13 millions dans le Tell, et 3 millions dans le Sahara.

montagnes. Les masses qui dominent les vallées hautes, et s’avancent de l’E. à l’O. sont :

Le Dira , entre Dellys et Bousada ; #

Le Djeurdjeura, qui règne au N. de Hamza, et s’étend jusque vers Bougie ;

Le Mouzaïa, qui domine, au S., le bassin de la Métidja ;

LeZakkar, qui s'élève un peu au N. de Miliana, entre le bassin de la Métidja et celui du Chélif ;

L’Ouarensenis, qui détermine le large coude du Chélif^

Les masses qui bordent le littoral et dominent les vallées basses , sont :

Le Tamgout, entre Bougie et Alger;

LeChenoua, près de Cherchell;

Le Dahra, entre Ténès et Mostaganem.

plaine et x*a c. La plaine de la Métidja , qui a 06 kil. de long, sur une largeur moyenne de 22, est encadrée, au S., par l’Atlas, et au N.-O., par le Sahel d’Alger; elle présente environ 211,200 hectares de terres cultivables.

Le lac Halouîa, qui s’étendait à son extrémité occidentale et occupait une superficie de 8 kilom. de long sur un de large, a été desséché, par la dérivation de l’Oued-Djer dans le Bou-Roumi, et autres travaux qui feront succéder une riche plaine répandant la vie à des eaux croupissantes qui étaient une cause permanente de fièvres pour les riverains.

D’autres travaux de dessèchement ont été opérés aux marais de l’Oued-Tletat dans la Métidja, — aux environs de Bir-Rabalou, et près d’Aumale.

rivières. Les cours d’eau les plus considérables, sont, de l’E. à l’O. :

L'oued Sebaou, qui traverse laKabyliede TE. à 1*0.; il a son embouchure à l’O. de Dellys;

L’Isser, qui a son embouchure entre le cap Bengut et le cap Maiifou. Ses principaux affluents sont: l’oued el-Berber, l’oued el-Mela , l’oued Boukhelfoun, l'oued el-Arba , l’oued Zagroua , l’oued Souflate ;

L’Harrach, qui a son embouchure au fond de la baie d’Alger, et prend sa source au versant N. du Djebel- Ouzra , près de Médéa ;

Le Mas’afran, qui a son embouchure au N.-E. de Koléa, à 8 kilom. de Sidi-Feruch. Les principaux affluents qui le composent, sont : loued el-Hammam, la Chifïa, l’oued Sidi-el-Kebir, l’oued Djer;

Le Chélif , le fleuve le plus considérable de l’Algérie , qui prend sa source aux confins du Sahara, et s’avance du S. au N., avec des détours rapprochés, pour dévier à l’O., en décrivant une courbe de plus de 240 kilom. Il rentre dans la province d’Oran, après avoir reçu, à droite: l’oued el-Had, l’oued Melah, l’oued Ilarbîl, l’oued Tsagaret, l’oued Ebda, -l’oued Àkheh, l’oued el-Khamis, l’oued Bou-Kahil , l oucd Taria, l’oued Ras; et, à gauche : l’oued el-Kantara, l’oued Ouellezan, l’oued el-Dir, l’oued Djemma, l’oued Djelia, l’oued Tleta, l'oued Rouina, l’oued Bougem, l’oued Fodda, l'oued Tsir’aout, l'oued Belbous, et d’autres ruisseaux.

Les autres cours d’eau de quelqu’importance sont encore de l’E. à l’O. : l'oued Bou-Merdas , l’oued Hamiz , entre l’Isser et le cap Matifou ; l’oued el-Hachem , entre

le ras el-Hamouch et Cherchel , l’oued Mousselmoura , l’oued Sebt, l’oued Khames, l’oued Bou-Ghoussem , l’oued Bou-Ecghell, entre Cherchel et Ténès.

rivages, CAPS et xees. Dans l’exploration que nous allons faire, nous suivrons la route tracée par M. Bérard, capitaine de corvette, dans sa Description nautique de 1 Algérie , dont nous empruntons tous les détails spéciaux contenus dans cet ouvrage. Ce savant oflicier a regardé Alger comme le point central auquel aboutissent toutes les communications qu’on peut avoir avec les autres parties du littoral. Il a donc supposé qu’on part de ce port, qu’on visite les côtes de l’E., et que, dans une autre course, on voit celles qui sont àl’O.

Le cap Matifou est formé par des terres basses, il occupe un espace de 2 mille, à 1;4 de mille; à l’E., on voit un groupe de petits rochers d’un brun presque noir, dont le plus remarquable appelé Sandja , a environ 8 à 9 mètres d’élé\ation. Il y a des jours où le mirage le fait paraître très-grand. Le cap Bengut est formé par trois montagnes : le Bouberak , au milieu , dont le sommet paraît avoir 600 mètres de hauteur , et les monts Dellys et Ginet. Au pied de ce dernier est le Port des Poules (Mers-el-Djadj). Dellys est assis sur des terrains élevés. A partir de la pointe qu’elle prolonge en mer, la côte suit à peu près une direction E.-N.-O., sans sinuosités bien remarquables. Le cap Tedlès forme cependant une saillie rocheuse ; il est peu élevé. La terre la plus saillante qu’on rencontre est le cap Cor-

belin , assez élevé, d’une couleur roussâtre et facile à reconnaître par les bandes inclinées que forment les diverses couches de rochers dont il est composé. A 10. de ce cap on trouve une petite baie et un mouillage pour les vents d'E., appelé Mers-el-Falim (Port au Charbon).

Arrivé à ce point extrême de la limite E. de la province d’Alger, nous reviendrons à la capitale, d’où nous sommes partis , et nous poursuivrons notre exploration de la côte vers l’O.

Le cap Caxine est cette masse de terre qui s avance à l’O. de la baie d’Alger, dont le Bou-Zarriia est le sommet le plus élevé, et la Pointe-Pescade l’extrémité la plus saillante vers le N. Il se termine à la mer par des couches de rochers qui sont taillés à pic presque partout, excepté vers la Pointe-Pescade où il descend par une pente douce jusqu’à fleur deau. On voit les hautes montagnes qui sont situées au-delà de la Métidja , et il est impossible de confondre le mont Mouzaïa avec le Béni Salah, dont il est séparé par la vallée connue sous le nom de coupure de la Chifîa. A l’E. de la Pointe- Pescade, la côte s’arrondit peu à peu vers le S. Elle est très-dentelée et bordée de débris de rochers. A 2 milles et demi, il y a une falaise plus élevée que le reste de la côte , d’une couleur jaune et rousse, qui s’avance un peu au N. C’est ce qui est le plus communément appelé cap Caxine. On voit des carrières avant le Ras-el-K’nateur, qui est une pointe basse ; la côte après, tourne au S. et forme ensuite une grande anse.

li y a une petite crique que les Algériens ont appelé le Port-Calfate ; la mer y est arrêtée par quelques falaises rocailleuses, après lesquelles vient une plage immense qui va rejoindre sans interruption la presqu’île de Sidi-Feruch. Cette presqu’île est large d’environ un tiers de mille. Elle s’avance d’un mille vers le N.-O., et forme ainsi deux baies très-ouvertes, remarquables par les grandes plages et les dunes qui les bordent ; elle est défendue, du côté de la mer, par une bande de rochers escarpés, qu’on peut approcher de très-près. A la partie N.-E., il y a une île de peu d’étendue et de hauteur, qui laisse un passage si étroit qu’on peut le franchir à pied sec. A la pointe S.-O., on voit d’abord, aune très-petite distance, deux îlots plats, et plus loin , deux autres semblables, entre lesquels les embarcations légères peuvent passer. C’est dans la baie du S.-O. qu’est venu mouiller, en 1830, l'armée française qui a fait la conquête d’Alger. La côte, à partir de là , suit une direction générale vers le S.-O. Elle est peu élevée. Fouka est assis, sur une hauteur. On voit, audessus, le Tombeau de la Chrétienne, monument célèbre, situé à 16 kil. plus loin au S.-O., dans l’intérieur. Une baie assez ouverte s’offre ensuite; une petite rivière s’y jette. A 1 mille plus vers FE., auprès d’une petite pointe, on voit les ruines de Tipassa. Les terres qui forment le Ras-el-Hamouch, sont hautes; elles occupent une grande surface de l’E. à l’O. La montagne principale, dont le sommet a 900 mètres de hauteur, est le Chenoua. A son extrémité la plus avancée, vers

le N., on voit l’ile Berinchel , rocher d'environ 20 m. de hauteur, d’un accès peu aisé, au sommet duquel il est resté un peu de terre végétale avec quelques plantes, des raquettes surtout; sa distance au cap est de plus d’une encâblure. Le cap est souvent couvert de nuages, ce qui lui donne un aspect sombre. De Cherchel au cap Ténès, la côte suit une ligne presque régulière vers l’O., les terres de l’intérieur vont graduellement en s’élevant. A t mille et demi de la côte , il y a un rocher noir, à peine hors de l'eau de 2 mètres, qui est connu sous le nom de Achak (l’ile des Amoureux). Lorsqu’on approche du cap Ténès, à la distance de 10 milles, on s'aperçoit que la côte présente quelques sinuosités plus profondes. Le cap Ténès est formé par une grande masse de roches escarpées qui occupe, de l’E. à l’O., une longueur de 3 milles ; il est plus avancé que les autres points de la côte.

La côte, à partir de Ténès, est assez droite, elle s’arrondit ensuite peu à peu en tournant vers le S.-O., et en faisant quelques sinuosités jusqu’à l’île Colombi ou Palombas. C’est un rocher d’une petite étendue, de 26 mètres de hauteur, éloigné de la côte de moins d'un demi-mille. On lui a donné ce nom à cause de la grande quantité de pigeons qui viennent l’habiter. Après nie Colombi la côte se courbe vers le S.-O., formant une rentrée peu profonde, mais d’une grande longueur, et bordée d’une belle plage. Cette grande baie est fermée par la pointe Magraouta, qui marque, sur la côte, la limite occidentale de la province d’Alger.

température. La température de la province d'Alger est généralement plus supportable que celle des deux autres provinces, sa plus grande étendue s’évasant au N. sur les côtes, et l’élévation de son sol n’étant pas aussi grande que celle de la province de Constantine, où l’on souffre, par conséquent, des grands froids en hiver. Son territoire cultivable et habitable n’est pas non plus autant prolongé vers le S. que celui de la province d’Oran, où de fortes chaleurs se font ressentir.

cultures. Les Européens et les Indigènes du territoire civil, formant une population agricole de 120,000 âmes, savoir : 53,000 Européens et 67,000 Indigènes, ont ensemencé en 1865-1866, une superficie de 95,000 hectares de céréales, dont le rendement total est approximativement évalué à 540,000 hectolitres de grains, déduction faite de la part des sauterelles qui ont dévasté la province. En 1864-1866 — les superficies couvertes en céréales avaient embrassé 91,000 hectares et donné un rendement de 700,000 hectolitres de grains. Le territoire militaire contient une population agricole de 740,000 âmes, qui a ensemencé une superficie totale de 500,000 hectares de céréales, dont le rendement approximatif est estimé à 1,000,000 d’hectolitres de grains.

En 1865, 2,665 hectares ont produit 2,320,000 kilog. de tabacs — savoir : 1,722,000 kilog. chez les colons, et 598,000 kilog. chez les Indigènes, qui ont rapporté aux planteurs 1,455,000 fr., chiffres ronds. C’est 62 fr.

70 cent, les 100 kilog. La qualité laisse toujours à désirer.

720 planteurs européens et 47 indigènes ont ensemencé, en 1866, 807 hectares qui ont produit 217,000 kilogrammes de colon brut, lesquels à l’égrénage ont donné 45,570 kilog. de coton net, longue soie presque exclusivement. Au prix moyen de 10 fr. le kilogramme, cette quantité représente une somme de 455,700 fr.

En 1866, — 700 hectares ont été ensemencés en lin de Riga ou d’Italie, et ont généralement été épargnés par les sauterelles. Il n’en est malheureusement pas de même du colza qui a été, partout, à peu près, entièrement ravagé. — On avait consacré 743 hectares ù cette culture.

304 éducateurs de vers à soie ont opéré, en 1865, sur 16 kilog. 633 grammes de graines, qui ont produit 11,726 kilog. de cocons; au prix moyen de 6 fr. le kilogramme, cette quantité représente une somme de 70,356 fr., seulement. L’industrie séricicole, favorisée par des appareils mis à la disposition des colons, et par des soins mieux entendus, permettra sans doute de constater plus de succès à l’avenir.

La situation de la vigne est toujours de plus en plus intéressante. Voici les résultats de la campagne 1865 : — 1,923 européens possédant 2,671 hectares de vignes, ont obtenu 99,244 hectolitres de vin, — et 358 indigènes, possédant 256 hectares, mais ne se livrant pas à la fabrication du vin, ont récolté et versé dans la consommation 260 quintaux métriques de raisins.

Od comptait dans les communes du département d’Alger, en 1865, — 164,000 oliviers greffés, et en Kabylie, 370,000.— La récolte avait été de 291,365 kil. d’olives et de 1,468 hectolitres d’huile, pour le territoire civil seulement.

Il y a 105,500 pieds d’orangers en plein rapport. — En 1865, la province d’Alger a fourni 3,129 kilog. de graines forestières pour le reboisement des montagnes du midi de la France.

Le dommage occasionné aux cultures par les sauterelles a été estimé à 13,868,337 fr. de perte.

Plus de 210,000 hectares de forêts ont été reconnus, ils consistent principalement en :

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