‹ Indicateur général de l'Algerie description geographique, historique et statistique de toutes les localitesChapitre 33 sur 123 · COMMUNE D’ALGER · texte numérisé non relu

COMMUNE D’ALGER

Alger a pour sections communales : 1° son faubourg Bab-el- Ouea, nommé cité Buaeaud , où est une église en planches et une école de jeunes tilles, et 2* la banlieue, les quartiers de l’Agha et d’isly, dont la population a été recensée avec celle de la ville. (Population de Bab-el-Üued, 4092, de la banlieue, 1208.)

L’ Agita est une localité entre Mustapha et Alger, au S., où l’industrie compte de nombreux établissements : moulin à vapeur, grande boulangerie, scierie mécanique, fabriques d’instruments aratoires, ateliers de carrossiers, charrons, potiers, etc.

En se rapprochant de la cité, ce qu’on voit de plus important c’est, à droite, au bord de la mer, — la prison des femmes, dans l’ancien Lazaret, dont nous avons déjà parlé, — la gare provisoire du chemin de fer, et l’usine à gaz.

A gauche de la route, — un aqueduc ancien, réparé par les Maures, occupe deux rangs d’arcades superposées, dans le vallon qui débouché au lieu dit Aïn- Rebot. Là, se décharge à la mer l’oued Bcni-Mzab, petit ruisseau; là fut écrasé le aer-

nier effort de Charles-Quint, qui accourait au secours des cent-vingt chevaliers de Malle repoussés des abords de la porte Bab-Azoun, dans la matinée du 26 octobre 1541. Là encore, on voit des fours bâtis par ses soldats, qui tenaient ce cantonnement.

Dans un repli de la route qui monte au fort l’Empereur, et fut la première de ces magniliques voies de communications dont les amples lacets entourent Alger, les anciens fondateurs de tout ce que la France est venu apporter sur ce rivage, ne verront peut-être pas sans quelque émotion, dans le roc schisteux, et eniouré de pariétaires, une simple plaque de marbre blanc, portant : Bovigo, 1832.

Les autres sections communales sont :

3° BOU-ZARIIA. Village situé à 6 kil. au N.-O. d’Alger, sur une montagne élevée à 407 m. au-dessus du niveau de la mer, d’où la vue s’étend sur un espace de 600 lieues carrées : une chapelle, une école mixte, une vigie, où l’observatoire sera installé, un puits et un abreuvoir y sont établis. Il y a un café maure sur la place de Bir Semmam; on y parvient par une route sinueuse qui parcourt les flancs d’un coteau admirable de végétation et de points de vue romantiques. Deux autres chemins relient Bou-Zariia à Alger : l’un partant du principal groupe des maisons, descend du côté de la mer en traversant la vallée des Consuls au-dessus de St-Eugène; l’autre va rejoindre la route d’Alger dans le Sahel, par El-Biar. A 1 kil. au dessus du village, on voit la petite mosquée de Sidi Nouman et plusieurs Koubba ombragées par de vieux palmiers. Il y a là aussi un café maure. — Popu'ation — 1792 individus.

4* EL BIAfl (les puits) à 6 kil. S.-ü. d’Alger, sur le Sahel, est un village dont les constructions bordent la route, et les maisons de campagnes sont éparses ou groupées au milieu de jolis jardins et de prairies abondantes en foins. Le canton d’Hydra est surtout le plus riant et le plus fertile. — Eglise, école primaire, brigade de gendarmerie, auberges, restaurants, cafés - L’observatoire créé par décret du 6 juillet 1861. est installé provisoirement dans cette localité. Un vaste couvent habité par les sœurs du Bon-Pasteur est un pensionnat et un orphelinat. Dans une dépendance de cette maison existe aussi un refuge pour les filles repenties. — Population — 539 français —780 étrangers— 313 indigènes.

Un ruisseau qui naît sur la pente orientale de ce point *levé forme l’oued Khrenis qui, des coteaux de Mustapha descend à Birmandraïs, et gagne de là Hussein-Dey, en traversant le ravin de la Femme Sauvage. Les eaux d’une autre source très-abondante alimentent une partie des fontaines d’Alger où elles sont conduites par un bel aqueduc. Un chemin vicinal de 2 kil. part d’El-Biar et va rejoindre la route de Birmandraïs,

près la colonne Voirol. Au-dessus d’El-Biar, la route pousse un rameau à gauche, passant devant l’orphelinat de Ben-Aknoun,

Kour atteindre Dély-lbrahim ; au Bivac des Indigènes , elle se ifurgue, continuant vers Cheraga, et à droite conduit au Bou- Zarriia en dominaut le Frais-Vallon, où Von a trouvé des marbres dits aragonites agathisés.

5# MUSTAPHA-PACHA. Cette localité au S., — la plus rapprochée de la ville d’Alger, semble n’en être que le faubourg. De môme qu’El-Biar, Mustapha- Paclia est couvert de charmantes maisons de campagne, éparses dans des jardins disposés avec goût. Son territoire longe la plage et se relève en s’étageant sur la colline. C’est dans cette position que les palais champêtres des riches habitants d’Alger sont assis en amphithéâtre. La plus remarquable est celle où est inhumé le général Jusuf, dans un pavillon en style oriental. Il mourut à Cannes, en Provence, le 16 mars 1866. Le couvent des Dames du Sacré- Cœur, sur ces pentes verdoyantes, a ouvert un important pensionnat de jeunes personnes. Au-dessus du quartier dit de l’Agha, à cause du camp que tenait en cet endroit le Général des troupes turques, une demeure mauresque a été disposée pour *S Exc. le Gouverneur général. La vue magnifique dont on y jouit et l’ameublement en font toute la valeur. LL. MM. Impériales ont honoré ce séjour de leur présence. On y voit un tableau d’Horace Vernet représentant le prince Louis Napoléon a la revue de Satory. Des constructions plus importantes régnent autour. On distingue surtout l’ancien consulat de Danemark qui semble un établissement public à cause de son étendue; le quartier de cavalerie, l’orphelinat tenu par les Dames de St- Vincent de Paul, où sont élevées 196 jeunes filles, — couvent entouré de magnifiques jardins; l’école normale primaire où étudient 29 élèves; le noviciat des sœurs de la Doctrine chrétienne. Le marché aux bestiaux est sur les plateaux voisins. La Maison des Arcades , sur la crête des hauteurs, est un pittoresque séjour. Plus bas, est la villa Roux, et à côté de la délicieuse orangerie de Mustapha-Pacha, qui embaume toute la plage, est la petite mosquée où l’on révère un des tombeaux du marabout Sidi Mohammed Ben Abd-er-Rahman BouKoberin, qui a le privilège d’être enterré dans deux endroits, ainsi que son nom l'indique. L’autre tombeau est chez les Guechtoula des Zouaoua, en Kabylie. Les Arabes vont en pèlerinage de l’un a Vautre en grande cérémonie Un peu plus loin, à l’E., et dans la partie aplanie qui s’étend vers la mer, on trouve le Jardm d' Acclimatation, ancienne Pépinière du gouvernement, qui a une étendue de 50 hectares en la figure d’un carré parfait, où de belles constructions ont été élevées. Une magnanerie, une filature de soie, des machines pour égrener le coton, de vastes serres complètent ce bel établissement. Entretenu avec le plus grand soin, divisé par des allées en berceau, plein de bosquets

et de parterres peuplés des plus curieuses productions du règne végétal, aussi bien que des plus utiles à propager, ce bel endroit est une promenade ouverte aux habitants d’Alger, à 5 kil. de la ville. Ils viennent en foule le visiter au jour de repos. C’est alors que le café maure, surnommé le Café des Platanes . qui est vis-à-vis de l’entrée du Jardin, auprès d’un bassin abondant, ombragé de platanes gigantesques auxquels il doit son nom, fait de bonnes recettes en servant la liqueur de moka, préparée à la mauresque, aux amateurs de cette sombre décoction. Derrière est un vaste réservoir qui alimente les fontaines de la ville d’Alger.

En revenant vers la ville, on rencontre la plaine dite de Mustapha , champ de manœuvres, où les troupes sont passées en revue; où les carrousels, les fantasias et les courses de chevaux ont lieu. On peut y mettre en mouvement une armée de 25,0Q0 hommes. Rien de plus beau que ce grand appareil militaire, lorsqu’il se déploie sous le magnifique soleil de l’Afrique, dans cet espace encadré par la mer et les riches coteaux de Telemly, par les ombrages du Hamma, et les vastes établissements militaires dont une partie est affectée à l’hôpital

Il y a deux églises à Mustapha : l’une dans la partie supérieure de la localité, qui n’est qu’une maison mauresque, aménagée pour y célébrer les divins offices ; vis-à-vis est le bureau de l’adjoint de la Mairie; l’autre à Mustapha inférieur, grande baraque en planches aux abords du Champ-de-Manœuvres.— Ecole, fontaine et lavoirs publics, parc aux fourrages, hôtel de Tivoli avec bains de mer, nombreux cafés et débits de boissons, usines nombreuses pour la confection d’ouvrages en sparterie. Population : 3053 français — 2032 étrangers — 50 juifs - 281 maures — en bloc 766.

6° SAINT-EüGENE. Joli village tout composé de maisons de plaisances bâties à la française ou suivant un goût capricieux et riant, assis au bord de la mer, au N. d’Alger. L’Empereur l‘a traversé le 4 mai 1865. Il y a une église et une école pour les jeunes filles. Tout contre le Fort des Anglais , on remarque le château des Tourelles, construction dans' le goût de Walter Scott. Sur la hauteur est l’ancien consulat de France, résidence qu’affectionnait, en été, feu Mgr. l’Evéque d’Alger, qui avait établi dans cette charmante villa l’école secondaire ecclésiastique (petit séminaire), où étudient plus de 150 élèves. Il avait également béni, le 20 septembre 1857, une chapelle sous le titre de Notre-Dame d'Afrique , but d’un pèlerinage. C’est un grand édifice en construction, dont la gracieuse silhouette se dessine sur un des contreforts du mont Bou-Zariia. On l’aperçoit de fort loin en mer par les reflets diamantés d’une croix qui la domine. On y parvient par des sinuosités qui contournent le coteau à partir de l’hôpital du Dey, près Alger.

A St Eugène, sont de nombreux cafés et restaurants. Le mouvement des voitures y est contiuuel.

La Pointe- Pescade (Mers-el-Debban — Port des mouches). Localité située à 6 kil. au N. d’Alger, répand ses habitations sur un territoire profondément raviné et incliné au N. vers la mer. Le décret du 5 mai 1866 a réuni cette section rurale à Sf-Eugène. Une vaste construction à l’aspect sévére a été, diton, la maison de campagne de Barherousse. De belles habitations y jouissent d’une vue magnifique. Nous avons eu lieu déjà de parler du fort de la Pointe- Fescade, qui a donné son nom à la localité et s’avance dans la mer sur une pointe rocheuse. La route qui mène à Alger suit les sinuosités du rivage et forme la promenade la plus austère qu’il soit possible d’entreprendre. Cependant un établissement dit le Retour de ta Pêche, ainsi que plusieurs autres à la Pointe- Pescade, reçoivent de joyeuses compagnies. — Population — 1355 habitants.

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