I. cercle de MÉDÉA. Il comprend onze kaïdats
isolés el le bach-aghalik du Sud-Est, circonscrivant neuf kaidats.
Beroudguiia est un centre de 42 feux, créé par décret du 3 mars 1860, — à 22 kilora. S. de Médéa sur la route de Boghar. — Il y a une maison de commandement. — La population est de 98 Français. A 5 kilom. E. existent deux sources thermo-minérales. Les eaux, chaudes de 45°, qui contiennent des sels de chaux, des chlorures et du soufre a l’état d’acide sulfhvdrique, sont très-usitées par les indigènes contre les affections du foie et pour la gale, et ne sont pas sans analogie avec celles de la chaîne des Pyrénées. — A 40 m. des sources, les Romains avaient construit une piscine.
A Madala, l'arrêté du 13 juillet 1861, a créé une école arabefrançaise.
A l’Oued Mêla, sur les bords du Zarez Rarbi, un puits artésien de 79 mètres de profondeur, débile 60 litres à la seconde.
11. cercle DE boghar. Boghar — chef-lieu du cercle, esl situé à 70 kilom. S. de Médéa, à 126 kilom. O. d’Aumale, à 92 Kilom. E. de Teniet el-Haad, à 6 kilom. de la rive gauche du Chélif, un peu à droite de la route de Laghouat, sur les limites du Tell et du Sahara. C'était un ancien poste romain dont il existait encore quelques restes, lorsque nous nous y sommes installés. Berkani, khalifat d’Abd-el Kader à Médéa, y fonda, au milieu de la tribu desOulad Anteur, un poste militaire que le général Baraguay d’Hilliers détruisit en 1840, et que le maréchal Bugeaud occupa définitivement le 22 mai 1841. Cette place d’armes, entourée de très-hautes fortifications en belle et bonne maçonnerie, est assise sur le flanc d’une haute montagne, d’une altitude de 900 mètres. Cette position est exposée à tous les vents qui y amènent de violentes tempêtes. La poussière du sol, qui est de roche calcaire à stalac-
fîtes , devient alors fort dangereuse pour les yeux. Le fort est pourvu d'une fontaine, d'un hôpital militaire, d'une manutention, d’un cercle pour les officiers. Le Bureau arabe est en dehors des fortifications, à l’entrée d'une forêt de genévriers, de thuyas très-hauts et de pins, qui sont les derniers que l’on rencontre en allant vers le Sud. Au-dessus du fort sont de belles sources qui viennent tomber en cascades dans la pépinière, vaste et charmant bosquet, d'ou l’on découvre, vers le Sud, un horizon splendide, borné par le Djebel Seba Rous ( les sept têtes) que nos soldats nomment les Montagnes bleues. C'est une plaine parsemée de grands lacs salés, appelée le petit désert de Sidi Aïssa. La seule végétation qui s'y développe consiste en halfa et en thym que paissent les gazelles. Au milieu apparaissent de gros points blancs, — les caravansérails de Bou Guezoul et d’Aïn Oussera. Au-de là est le grand désert, éloigné de 40 lieues de Boghar.
Au-dessous du fort, sur le bord de la route fort sinueuse qui conduit, en passant sur un pont de bois, à Boukhari, qui est sur la rive droite du Chélif , — s'est constitué, dès 1843, le village de Boghar, dont la population est de 539 individus, dont 295 Français, 94 Étrangers et le reste Indigènes. — Ils cultivent de jolis jardins autour de la pépinière dont nous venons de parler. Ils ont une église, des écoles de garçons et de filles, une salle d’asile, une direction des postes, une station télégraphique. La route de Médéa à Laghouat traverse ce centre.
LE KSAR BOüKHARI (par erreur Bogliari), est situé à 8 kilora. de Boghar, sur la rive droite du Chélif,' et sur une crête aride de 650 mètres d'altitude. Il y a deux fontaines, une station télégraphique. Ce point domine la route de Laghouat à Médéa don! il est éloigné de 76 kilom. La population européenne est de 225 individus, dont 147 Français et le reste Étrangers. C'est un centre commercial fort important, — entrepôt du Mzab et du Tell, où il y a de nombreux magasins bien fournis, gardés par des Mozabites qui, le lundi, tiennent un marché, sorte de foire, entre la rive du Chélif et un fondouck français, situé au pied du ksar.
A 20 kilom. 0. du ksar Boukhari, où sont des ruines antiques et des cavernes légendaires, se tient encore un marché très-fréquenté; un autre marché, où les moutons de tous les cantons d’alentour sont amenés, rassemble aussi beaucoup de monde, au pied môme de la montagne, où coule l’Oued el-Akoum. La localité a de bons matériaux de construction, et de la pierre à chaux en grande quantité. Sur le parcours des routes de Médéa à Boghar, on rencontre une gendarmerie et plusieurs exploitations d’aubergistes.
Le cercle de Boghar circonscrit l’aghalik de son nom comprenant neuf kaïdats, — l’aghalik des Bou Aïch, comprenant quatre kaïdats, — huit autres kaïdats particuliers.
La statistique reconnaît dans les caravansérails et fermes répandus dans ces cantons un nombre de 19 Français et 6
Etrangers. II n’est pas rare d’y rencontrer aussi des panthères, des lions et des vipères à cornes.
Deux roules conduisent de Boghar a Laghouat :
\o La route arabe, la plus courte, que des travaux poussent sur une largeur de 8 mètres, vers Chellala, Taguin, on elle existe, ouverte en cette dimension par les tribus, jusqu’à Ze-
nina, et de ce point à Tadjemout.
2° La route de Djelfa, passant pax Bou Guezoul, Aïn Oussera, Ouelt el-Siel, Rocher de sel, Djelta, Aïn el-lbel, bidi Makhlouf, tracée en 1853.
Bon Gvezoul, à 27 kilom. de Boukhari, caravansérail où l’eau est rare salée, amère, chaude. Sur une altitude de 675 mètres le Génie a réuni, vis-à-vis, quelques sources dans un bassin ;
on fait la chasse aux gazelles. . 4 .
La route de Lagbouat se dirige vers 1 Est et contourne une vaste plaine marécageuse où le phénomène du mirage se produit. un y trouve des flamands, des hérons, des canards d’espèces variées. On rencontre le café maure d’El-Kliachem, à moitié chemin d’Ain Oussera, qui est situé à 24 kilom. de Bou Guczoul Au-de là, sur la droite, on voit le marabout de Sidi Aïssa. Au moyen d’un canal de 940 mètres, on a desséché un marais dangereux. Deux sources-fontaines remplissent un immense abreuvoir de 2,400 mètres de superficie.
Guelt el-Stel lie bassin de l’écuelle), qui dépend du cercle de Lagbouat, est un caravansérail situé par une altitude de 940 mètres dans un repli des sept mamelons, à 40 kilom. d’Aïn Oussera. Après avoir franchi un col, on tombe dans le bassin du Zarès, qui a 10 lieues de large sur 25 ou 30 de longueur, entre la chaîne du Djebel Seba Rous et le Djebel bahari. On trouve dans cette plaine de gros rats de couleur fauve, nommés Diird. Hus loin, avant d’entrer dans la région des Dunes, li«me blanchâtre d’un kilom. de large, qui coupe la plaine de l'Èst à l’Ouest en deux longues sections inégales, on arrive au lien dit Mesrane, où est le café-poste, — une auberge en face, et un grand bois de tamarins, nommé Kharza. Dans les hautes dunes on trouve le plestiodon Aldrovandi , ou scinque cyprien, o-racieux lézard à bec de poisson, qui plonge dans les sables comme un poisson dans l’eau, aussi les Arabes, qui le mangent, le nomment- iis Sorbech ou Haout el-Ber (poisson de terre). Objet de cpmmerce eu Egypte et dans le Touat, il ranime les
forces génitales. . , . ,
L’Ouaran, autre espèce de gros lézard gris de un métré de longueur, produit par l’aîtouchemcnt de sa queue un effet diamétralement opposé. — Un autre encore, sous le nom de dob , traîne une queue dentelée en scie.
Après les sables, la route devient difficile; on a devant soi la chaîne du Djebel Sahari, dont fait partie le massif du Ro-
cher de sel, immense dépôt de sel-gemme, auquel il doit son nom, et dont les points culminants ont une altitude de 900 mètres. On y trouve des paillettes de fer très-brillantes. Le caravansérail du Koclier de sel, situé à 47 kilora. de Guelt el- Stel, est à l’entrée de la vallée conduisant à Djelfa. Là toutes les eaux ont une saveur saline. On a fait à l’oued Mêla Goumimi un barrage de 7 mètres 20 cent, de hauteur et de 210 mètres de développement, se prolongeant par une digue de 1,400 mètres qui assure l’irrigation de 1,800 hectares. 11 y a aussi neuf norias à Ksar el-Aîn. On traverse l’oued Mêla, et ou le remonte le long de la rive droite. A quelque distance de la route coule l’oued Sidi Sliman et on voit le tombeau de ce personnage. A Ain Ouaran est une fontaine. Dans la gorge où tombent des cascades remarquables est le moulin de l’administration, distant de 6 kilom. de Djelfa. M. Mein y a créé un séjour enchanteur, et y cultive un joli jardin de fleurs, fruits, asperges. A quelques centaines de pas vers l’Est, est une fontaine chaude de 29°. En suivant la vallée, on trouve qu’elle s’évase, pour donner entrée à la plaine de Djelfa, de 600 hectares cultivables, de forme triangulaire et traversée par la rivière. A ce point est le bordj du Bach agha, une école arabe, un moulin et des jardins bien arrosés. Nous parlerons ci-après de Djelfa, à l’article spécial à cette annexe.
En partant de Djelfa ou longe une plaine et on gravit le col des Caravanes. On descend ensuite jusqu’à l’oued Seddeur, sur la rive droite duquel est le café-poste, à 6 lieues de Djelfa. Puis on arrive au caravansérail d’Aïn el-lbel (la fontaine des chameaux) à côté est un village indigène. M. Long y a planté 16,000 pieds de vigne. A 1,025 mètres de hauteur, près du caravansérail, il y a un gîte de bois fossile. On rencontre dans ce canton le fameux rut à trompe, et une plante parasite (arachide inéquitèle) fort curieuse, qui est Yépisine (Cynomorium coccynœum), laquelle présente la forme a’un phallus, et que les gens du lieu nomme Zeb el-Turki. — On cueille aussi le felipea augrnta , pyramide de fleurs d’or, dont les environs sont couverts. La route est carossable tl’Aïn el-lbel à Laghouat. On laisse Tademit à droite. Au gué Mokta el-Ouost est une auberge, et trois lieues plus loin, est le caravansérail de Sidi Makhlouf, à une hauteur de 900 mètres, auprès d’une koubba. Au-dessus du caravansérail où est une fontaine, on voit la première touffe des palmiers du désert. On trouve du sel, des pyrites de fer et de cuivre, du grès quartzeux, bonnes pierres de construction tirant sur le jaune et le rouge, qui renferment des petits galets de quartz légèrement transparents de diverses couleurs, pouvant être taillés pour camées et pommes de cannes. Ces sortes de gemmes, qui ressemblent à des pralines, sont semées sur la campagne. On peut dire que le Sud de l’Algérie en offre une mine inépuisable. On montre au caravansérail de Sidi Makhlouf une paire de bottes eu fer blanc qu’un touriste anglais s’était
fait confectionner pour ne pas être mordu par les vipères à cornes (Echidna Mauritanica) fort dangereuses en cet endroit. Les mouillons par bandes habitent le massif nommé Djebel Lazereg au S.-O. en face de Sidi Makhlouf. A partir de ce point Je pays devient onduleux et on trouve de nombreux blocs de rocners fendus par l’ardeur du soleil. Le passage devient difficile au temps des pluies jusqu’à Guérara el-Hamra (bas-fonds rouges).
Au-delà est la petite plaine de Foulla. A son extrémité est le poste de Metlili, au bord de l’oued du même nom, à 14 kii. de Laghouat. Les constructions mauresques y sont belles. On remonte ensuite l’oued Mzi qui passe devant une petite montagne nommée le Chapeau du Gendarme. La rivière a 100 m. de large. Enfin à 3 kilom. de Laghouat, on atteint des endroits cultivés et de belles plantations.
fil. cercle de laghouat. Laghouat, chef-lieu du cercle de ce nom, ü 750 m. d’altitude, est situé par 0°30’ de longitude orientale et 33°48’ de latitude septentrionale, à environ 300 kilom. de Bogbar et à 376 kilom. de Médéa, au milieu d’une oasis de 152 hectares, peuplée d’arbres fruitiers de toutes les espèces d’Europe et d’Afrique.
Dix-huit mille palmiers, imposés d’une redevance, se dressent; quelques-uns ont plus de douze mètres d’élévation. A leurs pieds s’étendent des jardins potagers, que des guirlandes de pampres enlacent. Ce verger est entouré d’une muraille en pisé , défendue d'espace en espace par des tours carrées et baignée à l'E. par les eaux de l’oued Mzi. Une grande avenue, percée du N. au S.-E. à l’époque de l’attaque de la ville, v conduit à travers les jardins. — M. O. Mac Carthy décrit ainsi ses cultures, vues à la fin de l'hiver, dans son almanach de l’Algérie de 1854.
« Ce me sera chose assez difficile, que de donner une idée exacte de ces beaux jardins de Laghouat. Nous n’avons rien
de semblable et rien ne peut me servir de terme de comparaison. Qu’on se figure donc un espace divisé en parcelles plus ou moins étendues, toutes entourées de murs bâtis des mêmes matériaux que la ville, (briques crues en terre grise argileuse», cultivées par plates-bandes, et au-dessus desquelles se dressent des palmiers de 8, 10 et 12 mètres d’élévation. A leur hase croissent les arbustes les plus variés : des figuiers, des grenadiers, des oliviers, des pêchers, des abricotiers, des coiprnassiers, tandis que les plates-bandes se couvrent d’oignons, de navels, de carottes, de melons, de pastèques, de citrouilles, de piments. Cette forêt splendide, due toute entière à la main de l’homme, belle dans tous les temps, l’est surtout alors qu’un air frais y circule, rapide et plein d’aromatiques émanations, à travers les colonnades sans fin. L’ombre, une ombre légère et douce, projetée par les feuilles effilées des palmes flexibles, y provoque au repos, et mille oiseaux, sautillant au milieu des* panaches touffus des grands arbres, égaient de leurs chants le calme qui vous entoure »
A Laghouat, la température baisse en hiver à 3 ou 4° au-dessous de 0. Il y gèle alors souvent, et dans la nuit du 19 au 20 février 1852, la neige faisait fléchir la cime des palmiers. Mais en été, elle se relève à un maximum de 40° (5 juillet 1857, trois heures du soir). Alors, dit un savant voyageur, à la complaisance duquel nous devons les notes sur ces cantons, on étouffe dans ces hautes murailles bâties pour arrêter les sables. L’eau a 20<> de chaleur. Beaucoup de gens, affectés par la puanteur des Arabes, l’air brûlant, les myriades de mouches qui salissent tout et veulent goûter à tout ce qu’on essaye de manger, ont le cœur soulevé. On ne voit que borgnes, qu’aveugles, que visages profondément couturés par la variole. Des ophtalmies purulentes, ù cause du vent du Sud, sont fort communes. On est visité par des rats, des serpents, des tarenles, de grosses araignées noires. Tout ce qu’on touche est chaud, tandis que les dames européennes éprouvent, en cet endroit, une réfrigération
notable. En été les nuits sont aussi brûlantes que le jour. On a beaucoup de peine à dormir, en proie à des moustiques imperceptibles qui remplissent les appartements.
En 1852, c'était le chef-lieu d'un khalifat comprenant l’aghalik du sud. En octobre, la révolte ayant éclaté dans Laghouat, le lieutenant-général Pélissier, commandant la division d’Oran, fut chargé de diriger les troupes sur ce point. Le 19 novembre, on battit les gens du chérif de Ouargla, Mohammed ben Abdallah, qui s'enferma dans la ville ; un combat eut encore lieu, le 2 1 . Le 3 décembre, le Général Pélissier arrive devant Laghouat ; le 4, à 7 heures du matin , il ouvre le feu ; la brèche est praticable à 10 heures, elle drapeau tricolore est planté sur le minaret de la maison de Ben Salem. Le Général Bouscaren et le Commandant Morand furent blessés à mort à l’assaut. Le même jour, les Larbaa et les Oulad Nayl furent frottés. Le 17, le Général Pélissier, laissant 1 ,000 hommes de garnison à Laghouat , se rendit à Aïn Madhy, où il fut reçu avec les plus grands honneurs par le marabout Tedjini. Le cercle de Laghouat a été définitivement constitué par arrêté du Gouverneur général du 22 juillet 1853. Le 5 octobre 1864, Si Lala ayant remporté nn avantage au combat d’El- Beida, décida la révolte des Ouled Nayl, qui vinrent bloquer Laghouat. Les tribus révoltées ayant été rudement repoussées de la province d'Oran, se rabattirent encore sur ce point et furent châtiées le 29 décembre 1 865.
La population de Laghouat est de 384 individus — - 155 Français, 55 Etrangers, 174 Juifs.
L'enceinte de la ville proprement dite, n’existe encore qu’à l’état de tracé. Il y a pourtant cinq portes désignées, qui sont Bab Cherquïa, à LE.; bab Nebka, au S.; une porte dite spécialement du Sud ; Bab-Nouader, à l’ O.; et la porte des Caravanes, qui ouvre sur un nouveau quartier arabe, au S.-E. de la portion de la ville occupée par les Indigènes. Dans chacune des fractions de ce quartier, les Arabes ont une origine différente. Les rues y sont tortueuses; les maisons, construites en torchis, qu’on ne blanchit guère à cause de la réflection trop vive du soleil , ne sont que des rez-de-chaussées couverts déterrasses. Les couleuvres, qui chassent les souris, fort nombreuses en ce séjour, ont droit d’asile dans les fissures des murailles.
Laghouat, assis sur les versants E. et 0. de deux mamelons rocheux, est divisé en deux parties, — le quartier
arabe et le quartier militaire où habitent les Européens. Aux sommets des deux points culminants s'élèvent, au S., le fort Bouscaren; au N., le fort Morand. Ces deux fortifications contiennent de belles casernes, pour 5 à 600 hommes chacune. L’hôpital, qui est dans l’ancienne Kasba, contient environ 100 lits. Généralement, tous les bâtiments militaires sont construits avec un goût, une élégance remarquables. Station télégraphique.
Dons la partie de la ville occupée par les Européens, de belles rues tirées au cordeau se développent quelquefois entre de doubles arcades, comme la rue Yusuf, celle de la Pépinière, et sont bordées de gracieuses maisons qu’entoure et domine l'ombrage des jardins et
des palmiers. La place Randon présente un quadrilatère
formé par l'alignement de beaux édifices, pareillement à arcades, et dont l'ornementation extérieure est heureusement diversifiée. Là se déploie la façade de l’hôtel du Commandant supérieur, du pavillon des Officiers , du Cercle militaire, jouissant d'un jardin délicieux, du Bureau arabe, surmonté d’une coupole élégante, du Pavillon du Génie, du Bazar mozabite, où s'élève un clocheton gracieux renfermant l’horloge publique. Au milieu de celle place, un verger en quinconce est enfermé dans une balustrade de briques, qui laisse une large rue autour de son périmètre. Les principales voies de communication, menant aux places Pélissier, Marey, Kasba et Costa, sont les rues Pélissier, Camou, des Palmiers, avec celles que nous avons déjà indiquées. Les plus belles maisons sont celles du Kaid des Larba, des bains maures et français. L’église est une ancienne mosquée, à laquelle on a ajouté un chœur. Deux ecclésiastiques tiennent une école de 30 élèves européens et arabes. Des sœurs de la Doctrine chrétienne ont une école pour les jeunes filles. Une école des Arts-et-Métiers compte plusieurs sujets remarquables. Une école arabefrançaise a été fondée. Les Israélites se sont ménagés une petite synagogue dans un de leurs bazars. La milice est en fonction depuis le 28 octobre 1861.
L’hôtel des Touristes , construit aux frais d'une association de chefs indigènes, reçoit en pension. On y mange d'excellents barbeaux, du poids de 5 à 6 livres, péchés dans les réservoirs de Tademit et de Netiila, à
ii lieues de Laghouat. Des conserves naturelles d’abricots cueillis avant la maturité, suppléent au défaut de citron, et se mêlent avec avantage dans tous les apprêts. Le Café des Lauriers débite une bière excellente, qui est confectionnée dans une brasserie de la ville, dile du Désert , qui alimente de nombreux cabarets. Le commerce d’échange, fort actif à Laghouat, avec ie Tell, s’exerce principalement sur les tissus, le henné, le maroquin. Les caravanes du Touat et des Touaregs qui arrêtèrent le 22 septembre 1862 les bases d’une convention commerciale, entre le Gouverneur de l’Algérie et l’assemblée des chefs des différentes fractions de leur nation, y viennent avec des noirs du Soudan, apporlant des dépouilles d’autruche, du cuir dit filaiif pour les confections de la sellerie, de l’ivoire et de la poudre aurifère.
Les moulons du Sud, dont la belle laine a été singulièrement améliorée par les mérinos qu’on y a envoyés, ' sont amenés par les Ouled Naïls et les Larba. On en fabrique à Laghouat des haïks, des burnous, des djelabats. On fait encore des bollines de femmes en forme de ooihurnes fort souples. Le coton a pris un certain essor dans les Ksour et dans tout le cercle de Laghouat ; mais le commerce principal esL toujours le produit des palmiers, bien que les fruits en soient mauvais et ne se conservent pas.
Aux alentours de Laghouat, on voit des cultures magnifiques, au quartier de Msâad, de lias cl-Aïoun, d’El-l'eda. d’El- Merdja, d’El-Bordj Snoussy, d'El-Ghniü, et à la ferme de Bou- Khonfous.
Des travaux d’une haute importance ont été exécutés à Ras el-Aïoun, à la coupure de l’arête rocheuse, dernier redressement des chaînes parallèles à la mer, où Laghouat est assis, pour y recueillir les eaux de l’oued Mzi, au moyen d’un barrage, et les conduire dans la ville, qu’elles parcourent en ruisseaux ou dans des canaux découverts. Ce barrage, de 300 mètres de long sur 10 de large et 3 de profondeur, dont 2 m. 50 au-dessous du fond de la rivière, a été construit par les Béni Laghouat eux-mêmes, à qui sont venus se joindre les ksour de Tadjmout, d’Aïn Madhi et d’El-Haouita. L’abondance des eaux est augmentée par huit ou dix crues annuelles, qui ne se perdent plus dans les sables comme naguère, mais contenues par des digues, vont arroser 1,000 hectares de cultures en céréales, de la Daïa Guéblia au S , et de la Daïa Gharbia à l’O. Ces irrigations habiles ont permis de faire de beaux jardinages au quartier de Zouaïmou.
Autrefois c’était à l’Oued Lekhïer seul que les Arabes empruntaient ses ondes pour alimenter quelque verdure autour de leur ville. Ils arrosaient leurs jardins au moyen de petites écluses par où l’eau entrait pendant un certain temps marqué par un sablier que tenait un employé, commis à cette répartition. Souvent des discussions, qui dégénéraient en luttes acharnées et qui avaient fini par constituer deux factions ennemies, ensanglantaient les bords de ces faibles ruisseaux. L’autorité française, en s’emparant par sa conquête de tous les droits au partage des eaux et en les faisant couler avec une libéralité inconnue dans cette oasis , a mis un terme aux discordes et assuré la prospérité de tous. Plus de 100 puits ont été creusés par les Indigènes, qui comprennent les Bienfaits de la domination française et la puissante direction imprimée à toutes les améliorations praticables. On a distribué partout des semences de toutes les graines qu’il est possible d’acclimater. Au quartier de Seridjat, on a établi 3 norias qui ont fertilisé 40 hectares. L’eau, dans cette localité, est à 3 et 4 mètres au-dessous du sol. Au quartier de Kheneg, 5 norias ont été établies par l’administration, au moyen de Fractions de la tribu des Larba. Aussi les habitants, oui venaient dans le Tell chercher leur froment, se suffisent déjà à eux-mêmes et peuvent exporter au S. Les caravanes trouvent deux réservoirs, l’un à rîili, à 56 kilom. de Laghouat, contenant 500 mètres cubes, l’autre à Tilr’emt, à égale distance (40 kilom.) de Nili et de Berrian, établi dans une Daïa de 1,200 mètres de longueur sur 700 de largeur, dont la capacité est de 900 mètres cubes. Grâce à ces approvisionnements considérables d’eau dans ces deux étapes, les troupeaux pourront profiter des excellents pâturages qui se trouvent dans cette partie de la région des Daïas.
Un n’a que les chameaux et les chevaux pour se transporter à Tadjmout, à l’A’ssafiâ, à Ksar-el-Haïran, petites oasis où l’on
tue des outardes, des oiseaux nommés ganga, du genre de la perdrix anglaise, et des gazelles, ün rencontre des antilopes, le raoufllon à manchette, des gerboises.
Les caravansérails et fermes de Laghouat comprennent une population d’une trentaine d’Européens, dont 19 Français.
A 10 kilom. à l’E. de Laghouat, sur la rive gauche de l’oued Mzi, est le petit village de VA’ssafia, composé de 20 maisons.
Ksar-el-JIaïran est à 8 lieues de Laghouat à l’E. 100 maisons. Mur d’enceinte en terre sur un mamelon dominant l’oued Mzi. 9 norias. Palmiers. C’est là qu’au mois d’août 1861, le chérif Mohammed ben Adballah el-îlemsani, quittant les plaines sablonneuses du Touat, est venu abreuver ses 1,500 méharis, montés chacun par deux Touareg mourant de soif. 11 a laissé ses pistolets sur le bord du puits en signe de reconnaissance.
Tadjemout à 40 kilom. N. -O. de Laghouat, groupe sur une
Îente, dans une double ceinture de jardins et de murailles. 50 maisons où l’on fabrique des étoffes de laine, ün y voit de beaux jardins et de très-hauts poiriers. Aïn Mahdi est à 20 kilom.
El-Uaou'Ua , à 42 kilom. O. de Laghouat, contient 50 maisons et conserve de vastes citernes.
Les Arabes du cercle de Laghouat ne fument pas et ne prennent pas de café. Ils ne font usage de ces inutilités qu’en contractant nos habitudes. Ils ne vont pas au bain maure. Les tilles de quelques tribus se prostituent dans les maisons de Biskra, Bouçada, Laghouat, Boukhari, Tiharet, pour gagner de quoi ache'ter des troupeaux. Leur bourse faite, elles se choisissent un mari, — et ce commerce parait fort honorable.
Le cercle de Laghouat comprend Taghalik des Ksoursf huit kaïdats des Larbâas, les tribus des Ghaambas de Metlili, dont la ville, à 200 kilom. de Laghouat, consiste en 144 maisons bâties en amphithéâtre sur un petit mamelon, pour 1,600 habitants — et la confédération du Mzab, au sujet de laquelle nous entrerons dans quelques détails.
La confédération est au S.-E. de Laghouat, à environ 50 lieues. Plusieurs routes y conduisent :
1° Celle qui va à Guerara, en plaine, par Ksar el-Haïran.
2° Celle qui va à Gardaïa, par Nili. C’est la plus courte et la plus fréquentée; elle devient montagneuse et pénible.
3* Celle qui va au môme point, plus occidentale que la pré* cédente, qui arrive à la partie occidentale de l’oasis de Ghardia.
La région des Dayas qu’on traverse est pleine de bas fonds où il y a des arbres poussant dans des mares. Jujubiers sauvages. Le pays est plein de gibier.
Lagliouat est à 5 jours de marche de chacun des deux points où aboutissent les routes indiquées ci-dessus.
Sur le parcours, vers Ghardaia, il y a une citerne à Hili et une à Tilr’emt.
Tilr'emt est à 30 lieues de Lagliouat. La citerne est fort grande, bâtie par le Génie et contient un million de litres d’eau.
Elle suffit à tous les besoins pendant un an. Au-dessus des citernes, il y a deux chambres pour les voyageurs. En quittant Tilr'emt ont entre dans la cnebka du Mzab, contrée montagneuse coupée de mille ravins qui s’étend au N. du Mzab.
Berrian , oasis au confluent de l’oued Ballo, — l’oued Soudan, — l’oued Zouili. Les terres des jardins y sont soutenues par des murs épais, et la route qui traverse devient un conduit d’irrigation à 1 époque des grandes pluies. On laisse à gauche un immense cimetière où il y a une gargoulette sur chaque tombe. La ville est assise sur la rive droite de l’oued El-Bir, taillée a pic. Les maisons à terrasses, toutes de même hauteur, tournent le dos à la rivière. Rues longues, bien tracées.
3,500 habitants, 28,000 palmiers* Les dattes sont très-bonnes. i Arbres fruitiers. La ville est dominée par une tour de 8 mètres. Puits nombreux de 15 à 30 mètres. Pierres, chaux, plâtre. Quelques Juifs. Fabriques d’étoffes. Les femmes sont vêtues en cotonnade bleue, et divisent leur chevelure en deux boucles et un chignon.
A l’Oued Maboussa la route se bifurque. tre route : par la vallée de Bou Noura. On arrive sur un plateau blanchâtre,
800 mètres d’altitude, sur la rive droite de l’oued Mzab, appelé Debdeba, où l’on se trouve au milieu de quatre villes : Béni ïsguen , au S.-E.,— Bou Noura, à l’E., — Mélika, au N.-O., — Ghardaia, à l’O. — On est là dans la vallée de l’oued Mzab. La vallée a 500 mètres de largeur. Les rives sont formées par des montagnes de 80 à 100 mètres de haut.
Les Mozabites, de race berbère, sont au nombre de 30,000 habitants dans les 7 villes de la confédération. C’est un peuple < extraordinairement laborieux, qui entend très-bien l’aménagement des eaux. Grande longévité. Il y a là 600,000 palmiers;
32 espèces de dattes. Les jardins sont dans le lit de la rivière, et les villes sont échelonnées et étagées sur les flancs des montagnes. On y mange beaucoup de viande de mouton salée et séchée au soleil, et aussi du chien et du chameau. Les pluies sont rares.
GHARDAIA. C'est la ville principale du pays du Mzab. Elle
est ceinte de murs de 2 à 3 mètres de hauteur, avec tours. Elle couvre de ses nombreuses maisons couleur de terre un rocher qui s’élève sur la rive droite de la rivière, ainsi que le col par lequel ce rocher se relie au Djebel Cheikh el-Had. 1,800 maisons, — 12,000 habitants. La mosquée avec ses dépendances occupe le point culminant. Haut minarets et écoles. Il y a la place du Marché près la porte qui conduit à Béni Isguen. La rue principale est parallèle au lit de la rivière. On y trouve des magasins et des maisons contiguës de 5 à 6 mètres de hauteur; des ateliers d’armuriers et de menuisiers, cordiers, bijoutiers. On y fait de l’eau-de-vie de dattes. 90 familles juives sont fixées dans ce pays. Les femmes en sont très-belies et très-sales. L’oasis de Ghardaia est à quelques centaines de mètres de la ville dans une plaine bordée de rochers trèsélevés. 60,000 palmiers. Vignes, arbres fruitiers au-dessous. Mauvaises oranges acides. Deux barrages en maçonnerie retiennent les eaux. Entre l’oasis et la ville existe une petite plaine où sont les tentes des Medabia qui fabriquent des tissus.
MELIKA, ville à 1 kilom. de Ghardaia, située sur le sommet de la montagne, rive gauche de la rivière. Pâté de 250 maisons. Boute fort ditïicile pour s’y rendre. Entourée de murs. C’est la ville sainte du Mzab. Le cimetière est au-dessous de la ville. Puits au sommet de la montagne.
BENI ISGUEN, à 600 mètres de Melika, adossé à l’extrémité de la montagne, rive droite de l’oued Mzab. 7 ou 8,000 habitants. Enceinte de murs avec tours carrées. Minarets à formes pyramidales. Magasins renfermant beaucoup de produits européens. L’oasis se trouve séparée de la ville par l'oueb Entissa, a son confluent avec l’oucd Mzab. Les maisons du haut de la ville sont en ruines; dans le bas, bien bâties avec cour mauresque au milieu et bien blanchies à la chaux. 5 excellents puits.
BOU NOURA. Il y a un grand nombre de borgnes et fl’aveu-
§les. Sur le flanc occidental d’un rocher escarpé, au confluent es trois rivières l’oued Mzab, l’oued Entissa et l’oued Souid. La partie inférieure de ce rocher est tapissée de magnifiques touffes de câpriers. Cette ville est presqu’entièrement ruinée. II y a 500 habitants. Il y a un grand et beau barrage; 2 minarets. L’oasis est dans le lit de l’oued Souid. Il y a autour de Bou Noura quelques touffes de palmiers.
El-Ateuf , à 6 kilom. en dessous de Bou Noura, sur le flanc de la montagne, rive droite, en face de L’argoub de Gucrara ; rocher glissant que gravit la route menant à Guerara. Puits nombreux au-dessous du village. 3,000 habitants. L’oasis est à quelques kilomètres en aval dans un renflement de la vallée.
Palmiers, champs cultivés. Barrage à l’oued Mzab. A 30 kilom. environ est Metlili, apartenant aux Chambas.
GUÉRARA, à l’E. de ces villes, — à 65 kilom. de Berrian, — est située dans une petite plaine dominée par des escarpements de terre rougeâtre et traversée par l’oued Zegrir. Cette ville a 5,000 habitants. Elle est assise au côté nord de cette plaine, sur un rocher arrondi, et domine l’oasis qui s’étend aux pieds de ses murs, du côté du Sud, — oasis qui a 150 hectares d’étendue, et qui contient 20.000 palmiers. Guéraraest entourée de murs, avec de bonnes portes dont une, s’ouvrant au Nord, est remarquable par ses crénaux. La ville se développe de l'Est à l’Ouest. Un barrage y amène les eaux de l’oued Zegrir. Il y a un hôtel-de- ville à arcades sur la place du marché. Derrière se trouve la mosquée, dont le minaret est une pyramide à quatre pans. Il existe dans l’arsenal de la mosquée des fusils de rempart à mèches dont on s’est servi, en 1853, contre une attaque du Chérif. Une maison des hôtes reçoit les voyageurs. Les femmes fabriquent des tissus. H y a dé nombreuses chapelles sépulcrales, blanchies à la chaux, sur les points culminants, aux environs de la ville. Des puits nombieux arrosent la petite plaine qui est une dépendance de l’oasis. — Plâtre - Cires.— On vient de Laghouat a Guérara sans quitter la région des Davas.
La langue française est fort répandue parmi les Mozabites qui viennent dans* nos villes exercer tour-à-tour les métiers de baigneurs, bouchers, meûniers, etc.
AIN MADHI. A 53 kilom O. de Laghouat, et à 24 kilom. de Tedjemout, dans la môme direction, se trouve Aïn Madhi, ville qu’ont rendu célèbre les Tedjini, puissante famille de marabouts. C’est un groupe de 200 maisons, qu’entoure, en forme
Sue, une muraille de 8 mètres de hauteur sur 2 d’épaisont les créneaux sont couronnés de pyrainidions, comme ceux des remparts d’Alger. Deux portes y donnent entrée, une au N.-O., et l’autre à 1 fi. , qui porte le nom de Bab el-Kebir. Cette dernière, double et flanquée de tours, avec avancée et place d’armes, à l’instar des fortifications européennes, fait une des principales défenses de la ville. qu’Abd ei-Kader n’a pu emporter durant 8 mois de siège, en 1838. La trahison lui ouvrit toutefois ces murs, qu’il renversa en partie. La chemise en pisé qui enclôt les jardins, est une sorte de double enceinte qui présente de grande difficultés à un siège régulier.
On voit une belle mosquée où sont les tombeaux des marabouts. Leurs richesses sont renfermées dans des souterrains. Les jardins sont arrosés par une source au N. de la ville, où elle est conduite par un ouvrage en maçonnerie.
En 1853 jnourut le marabout, ne laissant que des filles. En novembre 1857, les Kbouan de Tedjini étaient dans le ravis-
sement; ils tenaient de découvrir un fils du célèbre marabout : un jeune nègre retrouvé à Guelma, où sa mère se serait enfuie, et où il menait une existence toute différente de celle d’un héritier des Tedjini. Cet enfant, nègre gros et court, a été conduit en grand appareil à Aïn Madlii, non sans avoir opéré, chemin faisant, des miracles qui attestent son origine a une manière irréfragable.
OUARGLA, à 8 ou 9 journées de marche pour un cavalier, et à 12 jours en colonne, à 700 kilom. S. d’Alger. Üuargla, par le 31* 58’ de latitude N. et 2° 54\de longitude E , est située, sur une altitude de 144 mètres, au milieu d’une oasis de 6 kilom. carrés, meublée de 600,000 palmiers. La route droite de Laghouat à Ouargla passe par Guerara. — Ouargla est la ville la plus australe de l’Algérie. Sa population est de 12 à 15,000 habitants à faces noires. Elle a été du double au temps de la gloire sans pareille du pays. C’est une des plus anciennes et des plus célébrés cités de 'l’Afrique septentrionale. Léon l’Africain la nomme Gouargala. Elle a été prise en 1853 par Si Hamza. Le général Desvaux la visita en décembre 1856 et janvier 1857. Reprise par le chérif en 1861, elle céda peu de mois après à Boubekre en la môme année. M. Berbrugger est le premier voyageur qui y ait pénétré en 1852. 11 nous apprend que l’oasis, entourée d’un désert plein d’efflorescences salines, que traverse l’oued Mïa, ouvre, au N., une allée d’un quart de lieue, pour mener à la ville, sorte de quadrilatère qui s’allonge du N. au S. 11 y a sept portes à l’enceinte, formée d’une muraille de 2 mètres de liauteur, défendue d’un large fossé plein d’eau, qu’un étroit chemin de ronde sépare des palmiers environnants. De petits ponceaux agrestes donnent passage pour entrer dans la ville, où habitent trois tribus : les Béni Ouaggin, les Béni Sissin et les Béni Brahim, souvent en querelles sanglantes les unes contre les autres. La Kasba, attenant à un jardin intérieur, et à une plate-forme, espèce d’avant-scène où le Chérif venait se donner en spectacle à la population, est en ruines. Il y a une petite mosquée dans cette citadelle, et deux autres dans la ville, dont l’une a un minaret de trente pieds d’élévation. Des puits artésiens arrosent l’oasis, où la température, en février, mônte à 33°, à l’ombre.
Plusieurs villages sont autour. Le pays est très-malsain. L’eau, amère et salée, a 22° de chaleur. * Au S. se trouve la grande chaîne des Dunes.
IV. ahnexe de DJEX.FA. Djelfa , sur la route de Boghar à Laghouat, à 45 lieues de la première de ces deux villes, à 28 lieues de la seconde, à 240 kilom. S. de Médéa, est située à 1 kilom. au-dessus de la source
de loued Djelfa et sur la rive gauche de cette rivière. Elle occupe le versant S.-E. de la chaîne du Djebei- Senalba, montagne de 1,500 m. d’altitude, couverte de pins et de chênes. Le village est lui-méme à 1,100 m. d’élévation, fl consiste en 52 maisons habitées par 195 Européens, dont 109 Français. — Ils ont une église, — une fontaine, un abreuvoir, un lavoir par un canal de 2 m. venant de la rivière. Il y a partout des puits de 4 5 5 m. Les rues sont plantées d’arbres. Du vendredi au dimanche, un grand marché se lient sur la place entourée de constructions à arcades, qui servent de magasins à des Mozabites qui viennent y vendre du sel, du goudron, des laines, des tapis du Djebel Amour, des fruits, du bétail. Laghouat y achète sa boucherie. L’industrie particulière s’exerce sur la chaux hydraulique, les briques, les tuiles, le grès, le plâtre. 11 y a l’hôtel du Sud et l’hôtel de France, qui prennent en pension; une brasserie. La milice est organisée. Il y a une station télégraphique. Le centre de population a été créé pour 55 feux, par décret du 20 fé-
vrier 1861. Le village est dominé par un fort situé à 100 mètres plus au Sud-Est, qui renferme la garnison , le bureau arabe , les magasins des subsistances. L’enceinte en est bastionnée. Il a été bâti en 1852. — Le 14 avril 1861, 80 fanatiques de la secte du marabout Si Moklar, des Ouled Djebel, ont attaqué le village et ont été châtiés. Au-dessus du fort est une pépinière; autour s’étend une vaste plaine en culture où l'on recueille de l'orge, du blé, raisins, figues, abricots,
pèches, dattes, pommes de terre. Il y a un beau moulin à farine sur Foueil Djelfa. A quelques kilomètres s'étend une forêt de 40 lieues de long, fournissant tout le pays de bois de chauffage. De grands vents régnent sans cesse dans cette localité où l’hiver est rigoureux. La neige y tombe en abondance. Le froid descend à 1° au* dessous de zéro. La chaleur, en été, y est fort supportable, et la température très- variable. Le pays abonde en gibiers. On chasse les gazelles avec des chiens nommés Slougui, qui les forcent en 6 ou 8 minutes.
Les villages de V annexe de Djelfa sont au nombre de huit, où vivent une quinzaine d’Européens.
Ksar Charef, au N. -O sur un plateau. 15 maisons, 60 habitants, à 15 lieues de Djelfa. Dominant la plaine du Zarès. Belle source. A l’E. se trouve la fontaine chaude d’Aïn el-Hamman de 33 degrés jaillissant près d’une ruine romaine.
Amra% au S.-O. de Djelfa, entre Tademit et Ain eMbel. Belle source. 00 maisons neuves. 200 habitants. Ce village est au pied d’un rocher aride de couleur rouge. Hauteur 900 mètres.
Zaccary à 8 lieues de Djelfa au S. à l’entrée de la gorge pittoresque dite Kraneg. Femmes renommées par leur beauté. Fabrique de cordes, 40 maisons, 50 habitants.
Moudjebar, sur la route de Djelfa à Messod. 48 maisons reconstruites en 1854. 340 habitants à 8 lieues de Djelfa au S.-E. Belle fontaine.
Messod, le plus beau et le plus prospère de ces villages, sur la rive droite de l’oued el-Hamouïda à 22 lieues S.-E. de Djelfa. Oasis remarquable par scs jardins; une centaine de palmiers. Mosquée remarquable construite par le Génie, maison du Caïd, un puits fort profond. Ces constructions sont sur un mamelon qui domine le village. 90 maisons, 700 habitants. A un kilomètre oc là, sur la rive gauche est le Ksar el-Baroud, dernier point de l’occupation romaine. On y a trouvé des inscriptions. Ecole, fabrique de tissus et de poudre. On y trouve la marmotte.
Demmedy un peu 5 PE. de Messod. 50 palmiers; contigu à Messod.
El-llania, petit hameau, arrosé par l’oued el-Hamouïda.
Amoura, à 10 lieues de Messod et au S.-E. situé sur une corniche du revers méridional du Djebel Boukahil; on y monte presqu’à pic, par un chemin fort sinueux. De là on voit un horizon immense qui est le Sahara Les eaux réunies des jardins tombent en cascades. 1400 mètres d’attitude. Chasse du mouflon et panthère. Beau massif de verdure.
Launexe de Djclfa comprend le bach-aghalik des Ouled Naïls, l’aghatik des Ouled Saâd ben Salem et 22 kaïdats.