COMMUNE DE BATNA
Balna est situé à 35° 70’ de latitude N., et à 3° 90' de longitude E., dans l'intérieur de l’Algérie, au S., et à 120 kilom. de Constantine, à 126 kilom. de Biskra, à 72 kilom. d’El-Kantara, à il kilom. de Lambesa et à 40 kilom. de Tamugadis, où gisent des ruines romaines fort importantes.
* Batna est au milieu d’une plaine bien cultivée, trèsfertile dans les endroits où il y a de l’eau. Tout autour s’élèvent des montagnes rocheuses, nues au midi, et couvertes, au nord, de magnifiques forêts de cèdres, de chênes-verts, de genévriers et d’arbres d’autres essences, sur un périmètre de plus de 30,000 hectares. La ville est agréable, un boulevard la divise en deux. Les rues, tirées au cordeau, et se coupant toutes à
angle droit, sont belles, larges et propres.
note historique. Batna, dont le nom signifie en arabe le bivouaCf n’était qu un marais, qui a été desséché et occupé d’une manière définitive par l’armée vers le mois de mai 1844, à la suite de l’expédition de Biskra. Un camp fortifié fut assis sur un plateau voisin, où l’on éprouve les ressauts de température les plus brusques, qui, dans le mois de mars, par exemple, descendent, la nuit, à t° au-dessous de zéro, pour s’élever, le jour, à 33° au-dessus.
Un village européen s’était établi au pied du camp. Un arrêté du pouvoir exécutif, du 12 septembre 1848, l’érigea en ville, sous le nom de Nouvelle- Lambèse, dénomination qui n’a jamais été adoptée par l’usage.
L’Empereur a séjourné en cette ville le 30 mai et le ltr juin 1865, à son retour de Biskra.
importance POLITIQUE. Batna est le lieu de
la résidence d'un Général de brigade commandant la subdivision, — d'un Commissaire civil. Justice de paix. — Population : 1268 Français. — 295 Étrangers. — 377 Juifs. — 1187 musulmans. —32 en bloc.
enceinte. Les fortifications consistent en un simple mur en pierres, avec bastions. Les portes de Constantine, de Sélif , de Biskra, de Lambèse, y donnent entrée.
établissements MILITAIRES. Les casernes „ celles de la cavalerie particulièrement, sont fort belles par la hardiesse, la légèreté et à la fois la solidité de leur construction. La toiture en est remarquable par l'élégance de son aspect. Il y a peu de monuments de ce genre, en France même. Ces locaux peuvent contenir plus de 4,000 hommes. L'Hôpital et les magasins des divers Services militaires, ne sont pas en rapport, par leur importance matérielle, avec ces beaux édifices. Il passe par Batna une ligne télégraphique de Constantine à Biskra. Les Officiers ont un Cercle.
établissements civils. Il existe une église* une Salle d'asile et une école dirigée par les sœurs de la Doctrine chrétienne; il y a aussi une classe-école pour les garçons. La Mosquée est située hors de la ville. Le marché se tient sur une place ù laquelle if
donne son nom. Il y a encore une place dite du
Bureau-Arabe. Les principales rues sont les rues Bugcaud, de Constantine, de Sétif, d’Alger. Toutes les maisons ont des puits. Une fontaine publique fournit une eau abondante, amenée par un canal de 1,600 mé~
1res, qui donne 2,160 mètres cubes en 24 heures. De simples trous de sonde donnent Veau de sources souterraines. Les meilleurs hôtels sont ceux de France et d’Europe . Parmi les cafés, fort nombreux, on peut citer ceux de France , du Monde , de YUnivers et le café Roux. On donne des représentations théâtrales et des concerts le jeudi et le dimanche, dans une baraque qui peut contenir quarante spectateurs.
Trois promenades, celles de la Prairie, de la Pépinière et du jardin du Général, embellissent les entours de la ville, où quelques centres agricoles, tels que ceux du Madher et de Fesdis, sont assis au milieu de prairies naturelles de plusieurs milliers d’hectares. Le paysage devient magnifique et grandiose à mesure qu’on approche des montagnes sauvages et pittoresques de l’Aourès et du Belezma, où s’étendent de sombres forêts. De fort belles usines, qui ne le cèdent en rien aux établissements analogues de la métropole, se font remarquer à quatre et à sept kilomètres : ce sont des moulins à blé, — un moulin à vent et cinq moulins à eau. Après avoir franchi, au caravansérail d'Ain Mlita, la lisière méridionale du Tell , la route de Constantine à Biskra traverse les hauts plateaux. Au-delà de Batna, la route est marquée par trois caravansérails : les K’sours, — El-Kanlara — avec pont de construction romaine sur un ravin profond — et El-Outaïa, — où deux planteurs cultivent 260 hectares de coton longuesoie. Les Arabes y font un commerce fort important de bois de construction et de chauffage. Iis y ap-
portent aussi du blé, de l'orge, de la farine et y amènent des bestiaux. Un omnibus part deux fois par jour pour Lambèse.
Les sections communales de Batna, sont :
LAMBÈSE, centre créé par décret impérial du 14 juin 1862, auprès de l’établissement pénitentiaire, à 12 kilom. S.*E. de Batna à 140 S. de Gonstantine et à 322 kilom. N.-E. de Biskra. Là est l’ancienne ville romaine bâtie par la IIIe Légion, surnommée V Auguste , la Pieuse , la Vengeresse , dont le signe numéral est gravé sur la plupart des ruines qu’on y trouve, dans un espace d’environ 4 kilom. carrés. On y voit encore un vaste édilice de 15 mètres de hauteur et de 114 de circuit, qui est l'ancien Prcetorium du Légat, dont on a fait un Musée d’antiquités, contenant une vingtaine de statues et deux cents objets antiques qui donnent une idée parfaite de l’état florissant de cette ancienne colonie militaire. Les savants admirent encore à Lambèse les restes d’un temple d’Esculape, quatre portiques bien conservés, plusieurs rues dallées, avec l’empreinte qu’y ont laissée les roues des chars; cinq mosaïques d’un travail exquis et plus de 1,300 autels et tombeaux revêtus d’inscriptions latines.
Cette ville, fondée dès le commencement de notre ère, au milieu d’une vaste plaine, comptait plus de 50,000 habitants. Les Arabes l’occupèrent sous le nom ae Tar’ezoult, et l’avaient abandonnée depuis longtemps, lorsque l’attention fut appelée sur elle en 1844. Le 2e régiment de la Légion étrangère commença des travaux dans ce centre créé en septembre 1848.
La loi du 24 juin 1850, affecta cette localité aux déportés politiques, qui y furent établis l’année suivante. Dans un établissement cellulaire, il y a 220 condamnés aux travaux forcés. Cet établissement est le plus grand et le plus beau que les Français aient fait en Algérie. La population est de 372 Français* 30 Etrangers, 8 Juifs, 271 Musulmans. L’Empereur a visité cette localité le 2 juin 1865.
Lambèse est adossée aux monts Aourès. De Lambèse à Batna, il n’y a que 12 kilom., et cette route est desservie par une voiture publique, qui fait le trajet en une heure. Il n est pas rare que des voyageurs débarqués à Philippeville un dimanche, accomplissent cette excursion scientifique dans l’espace d’une semaine, en se rembarquant le dimanche suivant.
FESDIS. Par décret impérial du 29 septembre 1862, il a été créé à 11 kilom. N.-E. de Batna, aux lieux dits Fesdis et Quessaïa, deux hameaux dont la population est de 74 Français, 35 Etrangers, 265 Arabes.