RENE D VAE
taines conditions indispensables qui font qu’il ne s’agit plus ici de rupture précoce.
Nous allons étudier séparément les cas où il est, ou il a été indiqué de rompre les!membranes d'une manière précoce ; nous verrons qu'il n'en est aucune de formelle, quand, sauf celle que nous indiquons, que toutes peuvent et doivent être remplacées par une intervention plus certaine, plus fidèle. |
Nous verrons ensuite l’endroit qui doit être choisi pour accomplir cette perforation et la manière de rompre les membranes quand il s’agit d'hydramnios.
Indications de la rupture artificielle des membranes
Si nous cherchons à rassembler les cas où il y a indication de rompre la poche des eaux nous trouvons que cette indication a été recommandée :
1° Quand la poche des eaux tarde trop à se rompre.
20 Quand cette poche est trop résistante et qu'elle éternise le travail.
3° Avant d'introduire la main dans lutérus pour faire la manœuvre interne, mixte, ou l’abaissement prophylactique d’un pied,
4° Avant d'appliquer le forceps.
50 Quand le travail traîne en longueur ; {ædious labor des Anglais.
6° Comme moyen de provoquer l’accouchement avantterme.
7 Dans l’hydramnios aiguë.
8° Dans les cas d'hydramnios au moment du travail.
Toutes ces indications n’ont pas la même valeur : ainsi la
otre
première qui consiste à rompre celte poche-des eaux parce qu'elle tarde trop à se rompre d'elle-même est plutôt destinée à servir de prétexte à un accoucheur trop pressé, ou qui pense gagner du temps, soulager plus rapidement la femme en agissant ainsi.
Mais, dit Velpeau (1), pour être pratiquée sans inconvénient, cette petite opération exige la réunion des conditions suivantes : |
40 Que la dilatation soit au moins très avancée.
2° Que l'enfant soit en bonne position.
36 Qu'il n’y ait point d’autre obstacle à l'accouchement.
Ea ne reltenant que la première condition qui nous intéresse seule nous voyons que la dilatation doit être très avancée, qu’elle se rapproche de la dilatation complète, et, encore dans ce cas, pourra-t-on voir le travail non pas avancer mais s'arrêter, ou même retrocéder. Et alors voilà la femme et le fœtus exposés aux inconvénients attachés à la déchirure prématurée de la poche des eaux. Si le fœtus était mal placé, on augmenterait les dangers de la présentation, et enfin l'application des ressources de Part seraient beaucoup moins favorables si elles étaient nécessaires. |
Outre que le cas se présente bien rarement d'une poche des eaux normale, dans un utérus normal, avec un fœtus en bonne position, qui tarde tant à se rompre que le travail se trouve incommodé, nous voyons qu'il serait tout au moins prudent d'attendre que la dilatation soit près étre complète pour accomplir cette petite opération.
Mais la cause de cette rupture tardive des membranes peut être due à leur résistance anormale
() Accouchement, tome IT, page 57, 4835.
Me —
Résistance anormale des membranes.
On cite des cas, rares il est vrai, où malgré la dilatation complète de l'orilice utérin, malgré les contractions suffisamment énergiques de la parturiente, la poche des eaux qui, normalement se déchire spontanément à ce moment, résiste à la pression. C’est ce que l’on nomme la résistance anormale des membranes. Et cette résistance constitue un obstacle très sérieux à La marche du travail.
On aurait mème vu, exceptionnellement, l'œuf intact être expulsé tout entier.
Kokalski, Kootes, Jonance, Evaus, citent des observations.
P. Dubois en a vu deux cas à la Maternité.
Joulin (4) aurait vu se produire l'accouchement d’un œuf complet dont le fœtus avait l’âge de 5 mois, qui se serait agité encore pendant 5 heures après l'expulsion.
On conçoit que de tels cas nécessitent une intervention, que cette résistance des membranes peut amener un décollement prématuré du placenta, et des hémorrhagies.
Le travail aussi est considérablement augmenté, et femme et fœtus peuvent souffrir.
Aussi, l'indication naturelle qui se pose, est celle de rompre ces membranes, mais, à quel moment ?
Quand reconnaîtra-t-on d’abord qu'il s’agit de résistance anormale des membranes eu présence d’un travail à marche lente ? Seulement à la dilatation complète ou presque complète, au moment où ces membranes devraient se rompre.
Madame Lachapelle (2) prétend reconnaître, pendant la pé-
(1) Trailé d'accouchements, 1867.
(2) Pratique des accouchements, T1, p.57.