V. — Les syndromes hystériques et pithiatiques
Connus de longue date, ils ont été étudiés en particulier par CHARCOT et son Ecole, BERNHEIM, FREUD, BABINSKI, FROMENT, etc. De nombreuses définitions en ont été proposées; parmi cenes: -ci, nous ne retiendrons que celle de BaBINsRE qui, bien qu’'imparfaite, est la plus classique.
« C’est un état psychique spécial se manifestant par des troubles primitifs et accessoirement par des troubles secondaires. Les premiers ont pour caractère de pouvoir se reproduire avec une exactitude rigoureuse et de disparaître sous l'influence exclusive de la persuation. Les seconds sont étroitement subordonnés aux troubles primitifs, mais ils ne sont pas influencés par la suggestion. » ÿ
Actuellement, cette névrose est devenue beaucoup plus rare; toutefois, elle se rencontre encore avec une certaine fréquence dans le milieu.militaire et chez les accidentés du travail (sinistrose). Parmi les causes déclenchantes de ces manifestations, on retrouve à peu près constamment une frustration affective.
Au point de vue clinique, on distingue plusieurs syndromes qui peuvent exister isolés ou plus ou moins intriqués; ce sont :
A) Les syndromes paroxystiques. Ils constituent la « grande attaque ». Ces crises sont annoncées par des prodromes; elles se traduisent par des manifestations pseudo-épileptiques, su1vies d’une période de clownisme et d’une phase dite « d’attitudes passionnelles ». À côté de la forme majeure, il existe de petites crises constituées par un ou plusieurs éléments de la « grande attaque ».
B) Les syndromes somatiques durables. Ce sont surtout des troubles moteurs (paralysies, parésies, contractures, aphasie, etc...), sensitifs (anesthésies, hypéresthésies, etc...), parfois sensoriels.
A ces syndromes s’adjoignent très fréquemment des troubles vaso-moteurs.
Sur le plan psychique, on constate chez ces sujets un excès d'imagination plastique, dominant les autres troubles mentaux.
MERGES C'est cette mythoplastie qui aboutit à la réalisation des signes physiques banaux. | Cependant, avant de porter le diagnostic de pithiatisme ou d'hystérie, il importe d'éliminer toute cause organique. En effet, ce que l’on rencontre le plus, surtout actuellement, est « l’organo-pithiatisme »; dans ce cas, toute épine irritative (médicale, chirurgicale.) est le point de départ de troubles fonctionnels à majoration inconsciente.
Tous ces malades sont, en’ outre, susceptibles de faire de facon épisodique, en plus de leurs troubles :somatiques, des accidents mentaux (états seconds, états somnambuliques, etc...).