VI. — La cyclothymie
En fait, elle n’est pas une névrose, maïs une constitution à manifestations tantôt dépressives, tantôt maniaques ou hypomaniaques, qui est rattachée au groupe des psychoses. Cependant, elle peut parfois, dans ses formes mineures, simuler un syndrome névropathique.
Dans ces cas, le diagnostic peut être hésitant, les phases intercalaires pouvant avoir une durée très longue. Seule l’évolution, c’est-à-dire le retour spontané vers un psychisme sensiblement normal et les rechutes à plus ou moins brève échéance, permet de le faire.
En effet, le déprimé cyclothymique peut se présenter comme un déprimé banal, réactionnel ou non. Il peut également faire penser à un anxieux, à un hypocondriaque, à un neurasthénique. À la cyclothymie peut se rattacher limpuissance périodique, qui diffère toutefois de l’impuissance névropathique, par l’absence ou la faible participation de l’élément anxieux. d
Dans de tels cas, il est bien difficile de juger de l’efficacité d’un traitement, le malade évoluant toujours en un temps variable vers une période intercalaire où il redevient, en apparence, lui-même.
Les phases hypomaniaques sont moins susceptibles d’égarer le diagnostic. On pourra cependant avoir à éliminer la cyclothymie en présence de certains syndromes névropathiques atypiques. I1 faut également remarquer que la constitution
cyclothymique ne s'oppose pas à l’évolution d’une névrose surajoutée.
En définitive, cette classification des syndromes névropathiques n'est pas absolue et, d’autres auraient pu être proposées, mais celle-ci a l’avantage de rester clinique et pratique. Dans certains cas, il sera difficile d’étiqueter certains névropathes, les troubles présentés par eux ne constituant souvent pas des tableaux purs. L’anxiété qui, nous le verrons plus loin, joue un rôle important, quant à la décision thérapeutique, peut se manifester ‘au cours de l’évolution de toute psychonévrose. C’est donc pour schématiser et faciliter la discussion des indi- ‘ations ét des contre-indications de la convulsivothérapie par les courants électriques, que nous avons retenu cette classification. En fait, seule l'expérience clinique permet le diagnostic; l'intérêt du malade fixera la conduite thérapeutique à tenir.