CONCLUSIONS
L'efficacité de la Convulsivothérapie par les courants électriques ayant transformé le pronostic de la Mélancolie, il ne faut pas s’étonner que les Médecins aient songé à recourir à cette méthode dans les divers états névrotiques qui comportent une forte charge d’angoisse. Il importe de préciser cependant que dans les syndromes névropathiques conscients par définition, cette cure ne constitue qu’une thérapeutique d’exception.
Peuvent en bénéficier, sans doute, certains états dépressifs conscients, endogènes ou de l’âge moyen qui s’apparentent à la mélancolie, ainsi que certaines dépressions réactionnelles avec élément d’angoisse dominant.
La névrose d’angoisse comporte, comme on le sait, des paroxysmes impressionnants, mais ce ne sont que des états de mal anxieux et les répétitions fréquentes des crises qui commandent le recours à la Sismothérapie.
C’est très exceptionnellement que l’on peut mettre en œuvre les Electro-Chocs au cours de la névrose obsessionnnelle. Dans quelques cas, ils permettent d’atténuer une phase aiguë, lorsqu’elle interdit au malade toute vie sociale; mais il faut toujours faire intervenir simultanément la psychothérapie dont relève avant tout la névrose d’obsession.
Il ne faut pas oublier que des formes mineures de psychose périodique évoluent, souvent, de longues années sous le masque d’états névrotiques conscients. À moins qu’il ne s’agisse de forme circulaire, ils peuvent être écourtés par les Chocs. C’est un bon diagnostic positif qui commande alors la thérapeutique.
Le psychasthénique classique qui souffre d’impressions pénibles quant à l’exercice de sa pensée et pour son contact avec le réel, ne peut obtenir de soulagement par les Chocs.
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De plus, ceux-ci risquent de faire naître chez lui, ou d’aggraver, le sentiment si rebelle de dépersonnalisation.
L’hypocondrie reste classiquement un syndrome qui peut s'exprimer par de l’angoisse, de l’obsession, même de l’idée fixe et du délire. Il ne faut donc envisager qu’avec une extrême prudence, toute thérapeutique agressive chez les hypocondriaques.
Le pithiatisme et l’hystérie, comme l’ont défini BABINSKkI et FROMENT, ne comportant pas de charge émotionnelle, ne doivent pas bénéficier de l’Electro-Choc. Cependant, l’étude journalière des névroses nous oblige à tenir compte des formes intriquées, de surcharges pithiatiques dans les états anxieux et obsessionnels. De telles manifestations constituent en principe une contre-indication à: cette thérapeutique.
L’Electro-Choc enfin a rendu d’incontestables services au cours de cures de désintoxication, tant chez des alcooliques que chez des morphinomanes pour calmer l’état anxieux que détermine la carence en la drogue favorite.
Comme toute thérapeutique nouvelle, la, Convulsivothérapie, dont l’usage remonte à plus de 15 ans, soulève évidemment des problèmes délicats de Médecine Légale.
Pour ces états névrotiques conscients, la jurisprudence exige l’assentiment des malades, ce qui est recevable, mais lorsqu'elle fait au Médecin une obligation contractuelle de renseigner le malade sur les risques du traitement préconisé, elle
ne vient certes pas faciliter sa tâche de psychothérapeute.
Va: Ha VUS Le Doyen, Le Président de la Thèse, HERMANN. J. DECHAUME,
Vu et permis d'imprimer :
Lyon, le 23 Octobre 1953 LE RECTEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L’UNIVERSITÉ, A. ALLIX.