Principe
La première crise d’épilepsie, créée par Von MEDUNA, dans un but thérapeutique, chez un aliéné, le fut à l’aide du Cardiazol, en injection intra-veineuse lente. Ce produit entraîne, en effet, à des doses variables selon chaque individu, lé déclenchement d’une crise convulsive, par abaissement du seuil épileptogène. Si l’on suit une injection de Cardiazdl, à l’aide de l’électro-encéphalogramme, on voit apparaître, au fur et à mesure que la dose de drogue s’accroît dans l’organisme, des anomalies du tracé, de type comitial (ondes lentes, ondes dégradées, pointes ondes, etc...).
Cette méthode, encore utilisée aujourd’ hui dans certains cas, en particulier après échec des autres thérapeutiques, a l'inconvénient d’être d’un emploi délicat, peu pratique, parfois dangereux, c’est pourquoi l’électro-choc lui a été substitué.
Ce procédé offre les mêmes avantages, créant une crise comitiale qui suit immédiatement le passage du courant, dont on peut relativement régler l’intensité. C’est ainsi que dans les cas d’Electro-Chocs simples on peut schématiquement distinguer :
— les absences, avec du sans apnée, simple perte de conscience suivie d’une phase d’obnubilation;
— les infra-crises, où l’on voit en plus une hypertonie;
— les crises comitiales typiques, avec perte de connaissance, suivies d’une série de troubles pyramidaux, extra-pyramidaux et végétatifs;
— les super-crises dues au passage d’un courant trop fort.
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Pour CERLETN, cetie thérapeutique ne constitue pas une cure électrique, mais une cure convulsive, l'électricité jouant, comme le Cardiazol, le rôle d’agent déclenchant.
Depuis le premier appareil, des modifications, surtout tech-. niques, ont été apportées. Toutes visent à atténuer le spasme électrique et les réactions tonico-cloniques, responsables des accidents généralement observés (Electro-Chocs prolongés, Electro-Chocs contrôlés, Electro-Narcoses, etc..). C’est également pour diminuer les risques, que l’on tenta de faire des chocs. sous curare, sous barbituriques.…
Pour l’Electro-Choc classique, on fait passer à travers le crâne, avec des électrodes temporo-pariétales, un courant moyen d'environ 140 V. pendant un temps variable (1/10° de seconde ou plus) selon l'effet recherché. Dans ce cas, les réactions observées se déroulent toujours selon un même ordre :
1) Spasme électrique : phénomène primaïre — contraction spasmodique de toute la musculature. En même temps, il y a perte de connaissance, apnée, apparition de phénomènes neuro-végétatifs : ralentissement du pouls suivi d’accélération, hÿpotension artérielle à laquelle succède une hypertension rem-
placée elle-même par une nouvelle hypotension, mydriase, salivation, etc...
2) Phase tonique suivie d’une phase clonique, analogues à celles de l’épilepsie.
3) Phase stertoreuse pendant laquelle le sujet est inconscient et peut présenter des mouvements automatiques.
4) Réveil du patient qui d’abord obnubilé, se réoriente progressivement. |
Après l’application de la sismothérapie, il y a une amnésie rétrograde plus ou moins durable, portant sur un temps variable, qui peut donner une impression pénible au sujet (cf. l’auto-expérience de BERSOT).
À la suite de la convulsivothérapie, on note un certain nombre de troubles biophysiques, biochimiques et neuropsychiques. C’est ainsi que l’on a pu décrire un véritable syndrome humoral (DELAY et SOULAIRAC) caractérisé par une augmentation des protides et lipides sanguins, une élévation
ER
du taux des électrolytes (K et Na) et de la calcémie avec acidose; de plus, il y a une hyperglycorachie ainsi qu’une oligurie avec forte concentration de l’urée et des phosphates.
Les méthodes dérivées : Electro-Choc prolongé, Electro- Choc contrôlé, etc, ont un principe sensiblement analogue, seuls les temps et les intensités des courants diffèrent selon les effets recherchés. Ils entraînent les mêmes réactions humorales, vaso-motrices et sympathiques.
Il. — Méthodes d'application. |
L’indication de sismothérapie étant posée, on la pratique à raison de deux à trois séances par semaine selon les cas, le nombre total variant avec l’évolution de l’affection. On obtient parfois une rémission rapide, alors que d’autres fois, il faut un grand nombre d'applications pour avoir un résultat. Dans certains Cas, on est conduit à interrompre le traitement, et ce sera à la première ou seconde reprise, que l’état pathologique pourra céder. On a ainsi l’impression qu’il existe une période de maturité thérapeutique où un ou deux chocs, faits en temps Gpportun, entraînent un succès immédiat. Mais, en règle générale, il y a intérêt à pratiquer encore quelques, séances de consolidation après guérison, les rechutes cédant souvent plus difficilement.
Dans des cas très graves, des auteurs ont pu faire plusieurs chocs dans une même journée, pendant un temps variable (Electro-Choc par sommation. STRAWN. G. HEUYER) jusqu’à la confusion mentale. Le malade est ensuite soumis à une psychothérapie intense.
Parfois, on a intérêt à pratiquer la convulsivothérapie sous couvert d’une narcose barbiturique, ce qui a l’avantage de réduire l'inquiétude ou l’anxiété pré-critique du patient. Cette peur n’apparaît souvent qu'après plusieurs séances. Elle serait due, pour CERLETTI, à une « terreur défense », provoquée par les modifications biologiques et psychologiques entraînées par le choc pendant la période d’inconscience. Par contre, LOPEZz- IBor l'explique par la brusque cessation de la conscience, entraînant une discontinuité, véritable angoisse du néant.
Laurent
Le RS
Aux Electro-Chocs, on peut adjoindre linjection préalable de substances vaso-dilatatrices cérébrales (nicotinate de sodium). Elles offrent l'avantage de renforcer la vaso-dilatation. due au passage du courant, favorisant ainsi les nombreux processus métaboliques, et de réduire la période de confusion post-critique.