‹ Indications, Contre-Indications De La Convulsivothérapie Par Électro-Chocs Dans Les Syndromes NéropathiquesChapitre 9 sur 44 · III. — Mode d'action · texte numérisé non relu

III. — Mode d'action

‘Jusqu'à présent, la facon dont agit la sismothérapie, nous est mal connue, ce qui explique le grand nombre de théories visant à interpréter cette action thérapeutique.

WAGNER, SMITT et WEGGENER ont montré sur le cadavre que le courant passant au niveau du cerveau est minime, 90 à 95 % du voltage total se perdant dans les différents tissus. De plus, ils montrèrent que le stimulus électrique passe en majeure partie dans les lobes frontaux, avec des électrodes temporofrontales, alors que sa répartition est plus uniforme pour des. bipariétales. |

Lorsque l’on enregistre un tracé électro-encéphalographique aussitôt après le spasme électrique, on constate l’apparition de modifications analogues à celles des crises d’épilepsie, ou de linjection de Cardiazol. Ces perturbations sont identiques, nous l’avons vérifié, aussi bien après Electro-Choc prolongé, qu'après Electro-Choc contrôlé, ou qu’Electro-Narcose.

Au cours de la phase tonique, on voit des ondes rapides, d'amplitude élevée (400 à 500 microvolts), alors que dans la phase clonique, ce sont des bouffées de pointes également rapides et amples à 500 microvolts. Ces bouffées s’espacent et dans la période de coma, on trouve des ondes lentes et amples de longue durée, ainsi que des pointes-ondes et des oppositions. Ces modifications tendent à disparaître au fur et à mesure que le sujet reprend conscience. Toutefois, après un certain nombre de chocs, des anomalies peuvent persister pendant un temps variable (plusieurs mois); elles se traduisent par des bouffées d’ondes lentes spontanées, ou provoquées par l’hyperpnée.

Lorsque, au cours de la sismothérapie, l’on obtient une absence, le tracé est analogue à celui du petit mal.

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Mais, en plus des modifications du rythme cérébral, il est évident que cette thérapeutique a une action simultanée sur de nombreux organes et fonctions. C’est ainsi qu’il y a une cinquantaine de théories tendant à expliquer le mécanisme des Electro-Chocs. Selon HirscH GORDIN, on pourrait les classer en deux groupes : He

— les théories somato-génétiques, — les théories psycho-génétiques.

En fait, il est impossible de diviser de telle sorte une action aussi complexe. Pour CERLETTI, on doit distinguer trois catégories :

a) les-théories se basant sur des processus destructifs, des actions inhibitrices, déprimantes ou relàchantes, portant sur des fonctions neuro-psychiques;

b) celles qui pensent à des actions stimulantes, excitantes, activantes, s’exerçant aussi bien sur des organes nerveux (en particulier système neuro-végétatif : diencéphale) que sur des fonctions psychiques;

c) enfin les théories ambivalentes, en particulier celles des processus organiques de « dissolution-reconstruction » (DELMAS- MARSALET). Après une dissolution obtenue par la crise, au, réveil, le malade aurait tendance à reconstruire, à partir des instincts les plus primitifs, un psychisme normal.

Les chocs pourraient agir comme un ensemble d’aggressions de l’encéphale, provoquant à ce niveau et dans le reste de l’organisme, la formation de substances défensives (acroagonines de CERLETTI). À partir de ces idées, DoussINET et Mie JacoB firent sur des malades des injections de sang, puis de liquide céphalo-rachidien, de sujets ou d'animaux venant de subir des Electro-Chocs.

Ceux-ci ont certainement une action organique. Ils provoquent en particulier une vaso-dilatation cérébrale, qui favorise les divers métabolismes indispensables, et dont l'harmonie assure le bon équilibre de l'individu. Ils ont une action complexe sur lhypothalamus : « cette petite zone médiane et archaïque de la base du cerveau, que pourrait cacher l’ongle du pouce (ou) se trouve le ressort. essentiel de, la vie instinctive, végétative, émotionnelle et affective, que l’homme s’est efforcé de recouvrir d’un cortex d’inhibitions > (CUSHING). Les

DOVE Electro-Chocs déclenchent ainsi de multiples réactions biochimiques, endocrines, neuro-végétatives, qui entraînent ellesmêmes d’autres réactions réflexes, automatiques, instinctives, affectives.

La sismothérapie aurait donc surtout un effet dans les dysthymies, en tendant à les normaliser, grâce aux phénomènes neuro-psychiques provoqués.

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