OBSERVATIONS
Nous allons maintenant publier les observations que nous avons recueillies dans le service du D' Delagénière depuis le mois de juillet 1909. Après :les avoir décrites et mettant le plus possibleeñ relief ce qu'elles présentent d'intéressant au point de vue qui nous occupe, nous les grouperons pour constituer une statistique de tous Îles cas de péritonite diguë diffuse qui ont été traités suivant la méthode chirurgicale que nous avons exposéé et en tirerons logiquement, au point de vue pratique,
les déductions qu'elle comporte.
OBSERVATION I (Personnelle)
Charles G..., cinquante-cinq ans, porteur de journaux. Le 26 juillet 1909, à r heure de l'après-midi, cet homme est pris dans la rue de douleurs abdominales extrêmement violentes. On le transporte aussitôt à l'hôpitalet on le met dans un service.de médecine. Étant de garde, nous fûmes appelé d'urgence pour examiner ce malade et nous fûmes immédiatement frappé de la gravité de son état général : facies péritonéal, contracture exagérée de la
| paroi abdominale, pouls filant, incomptable. Après avoir,
A TR par un minutieux interrogatoire, fouillé le passé pathologique de ce malade, envisageant toutes les hypothèses permettant l'explication de ces accidents, nous retinmes que ce malade souffrait de l'estomac depuis très longtemps, ayant même présenté des hématémèses abondantes : nous étions amenés dès lors à considérer ce fait brutal à savoir que, à midi, le malade avait pris son repas comme d'habitude et que une heure après, subitement, il avait été frappé au niveau de l'épigastre d'une douleur très vive, semblable à un coup de poignard, disait-il, Devant ces renseignements, nous fimes le diagnostic de perforation et prévinmes aussitôt M. Delagénière, A peine le péritoine était-il ouvert par l'incision chirurgicale, qu'un flot de liquides et solides à demi-digérés, jaillissaient de la plaie opératoire réalisant une véritable inondation péritonéale. Après nettoyage rapide de la séreuse, il fut procédé à la recherche de la perforation ; le méso-colon étant effondré, on trouva à la partie postérieure de l'estomac un orifice à bords indurés et large comme une pièce de 50 centimes c'était une perforation par ulcère prépylorique. Avec l'avoir répérée, puis suturée à trois plans, on pratiqua le drainage du péritoine d'abord au niveau du foyer, puis on fitune incision de décharge au-dessus de l'épineiliaque antéro-supérieure droite.
Le maladefut mis dans la position de Fowler, combinée au décubitus latéral droit, et on pratiqua l'injection intrarectale de sérum suivant la méthode de Murphy.
Dans la nuit suivante l’état du malade s'améliore, le facies devient meilleur et le pouls remonte: Les jours sui-
vants, l'amélioration persiste et au quatrième jour tout
danger semble conjuré. En effet, l’état général progressivement devient meilleur et les forces augmentent. Trois mois après le malade est opéré à nouveau pour périgastrite adhésive et adhérences à la paroi, suites des accidents du 16 juillet. Onpratique la résection de la cicatrice et après décollement de l'estomac on suture et referme sans drainage. Le malade guérit complètement: nous l'avons revu six mois après : il ne souffrait plus de l'estomac, il digérait parfaitement bien et avait augmenté
de 3 kilogrammes.