OBSERVATION II
Métrite parenchymateuse chronique.
Mme Rochez, 35 ans, a été réglée à 11 ans, toujours régulièrement ; elle est peu sujette aux pertes blanches. Elle a fait une fausse couche il y a dix ans et, depuis, elle n’a pas eu d'autre grossesse. Après cette fausse couche qui a eu lieu à 2 mois 1/2, la malade est restée huit jours au lit et a repris ensuite ses occupations habituelles,
Depuis cette époque, Mme Rochez éprouve des douleurs dans la région des reins, dans le ventre; ces douleurs sont particulièrement violentes sur le devant des cuisses. Les règles viennent toujours aux époques voulues, mais elles sont extrêmement douloureuses; les grandes souffrances commencent avec l’apparition du flux sanguin et s’apaisent après sa terminaison; le sang est généralement clair, et il semble contenir quelques petits lambeaux qui ne s’écrasent pas sous la pression des doigts.
L’appétit est capricieux, mais les digestions sont bonnes; la constipation est opiniâtre. En marchant et en montant l’escalier la malade éprouve quelques battements de cœur; elle est devenue très nerveuse et très impressionnable.
: Mme Rochez est sujette aux douleurs rhumatismales ; il y a trois ans, elle a eu une crise sérieuse qui a duré environ six mois. Îl existe des manifestations herpétiques.
La malade était sujette aux maux d’yeux, étant enfant; elle a conservé une grande sensibilité pour la lumière.
L'examen nous donne les résultats suivants :
Au toucher, on trouve un co dur et douloureux, l'utérus est peu mobile.
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Au spéculum, on constate qu'il existe des granulations sur le col et qu'il y a en outre un catarrhe assez abondant.
Le diagnostic porté est celui de métrite parenchymamateuse chronique d’origine arthritique,
Le traitement qui fut institué a visé trois indications : l’état local, l’état spinal et l’état général.
Le traitement local a consisté en pansements glycerinés pratiqués tous les deux jours pendant plus de trois mois; en injections quotidiennes avec de l’eau de guimauve et de pavot.
On a traité l’état de la moelle par des frictions sédatives sur la région des reins, avec un mélange de chloroforme, d’éther et d'alcool camphré.
Enfin, le traitement général s’est résumé dans l’emploi des purgatifs, de l’arséniate de soude et des bains sulfureux.
Ce traitement préparatoire a été continué pendant trois mois et demi environ, époque à laquelle une opération d’ignipuncture fut proposée à la malade. À ce moment l’état général s’était très notablement amélioré, l’impressionnabilité était moins grande, la constipation, facile à s'établir, était d’ailleurs facilement combattue par les moyens appropriés.
L'examen des organes permet de constater une mobilité plus grande du corps de l'utérus, et le catarrhe du col a en partie disparu.
L'opération d’ignipuncture profonde fut pratiquée à la clinique du D' Chéron vers la fin du mois de décembre 1883. 40 flèches furent pratiquées.
Je n’entrerai point à nouveau dans les détails de l'opération et du traitement postérieurs et que j'ai décrits dans les deux précédentes observations, Il m’a été donné de
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revoir Mme Rochez quatre mois environ après l'opération et voici dans quel état se trouvait cette malade :
Les forces sont en grande partie revenues.
La malade n’éprouve aucune fatigue à se livrer à ses occupations quotidiennes ; la constipation est devenue rare, et comme je le disais plus haut, il est facile d’y remédier.
Les règles ne sont plus douloureuses.
Il est d’ailleurs recommandé à la malade de continuer l'usage de ses frictions.
Enfin, l'examen de l’appareil utéro-ovarien fait constater une diminution très considérable dans la longueur du corps et du col de l’utérus. Ce dernier est moins lourd, plus mobile ; le col a également diminué de volume et le toucher n’en est pas douloureux.
La malade est enchantée du résultat de l'opération, d'autant plus que depuis près de dix ans elle n’avait encore trouvé aucun soulagement à ses souffrances.
(Décembre 1885.)