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époque à laquelle elle fut reprise par Jobert de Lamballe et érigée en méthode. C’est à ce chirurgien distingué que re vient l'honneur d’avoir enrichi la thérapeutique gynécologique d’un moyen de traitement aussi efficace et aussi puissant. Il nous a donné tous les détails relatifs à son application, il nous à démontré qu’elle est indolente, qu'elle abrège généralement la durée d’un certain nombre d’affections inflammatoires chroniques soit de l'utérus en totalité, soit de son col.
Depuis cette époque elle a passé dans la pratique courante, chacun en use largement, je dirai même en abuse, et iln’est pour ainsi dire pas de maladies du col de l'utérus où on ne l'ait employée à la façon d’une pauacée universelle comme si un même traitement pouvait être appliqué avantageusement à des maladies différentes par leur nature, leur manière d’être, leur terminaison, et qui n'ont véritablement de commun que le siège.
Nous n’entrerons pas dans une description détaillée de divers instruments employés pour lacautérisation actuelle; nous les rappellerons en passant. Jobert se servait du simple cautère à boule chauffé au rouge par les moyens les plus simples; il en avait fait construire de diverses formes, selon la variété des besoins, tels étaient les cau: tères en roseaux, conique, en rondache, circulaire, num mulaire, olivaire, etc., etc. Aujourd'hui, on emploie aussi le cautère à gaz, le galvanocautère, le thermocautère.
Mais la cautérisation du col de l’utérus par le cautère actuel, qu’elle fût pratiquée soit avec le cautère à boule simple, soit avec le thermocautère, soit qu’elle fût inhérente, transcurrente ou objective, était seulement révulsive et peu destructive ; M. le professeur Richet, en 1847, en imaginant l’iganipuncture, a ajouté à ces actions destructi-
ms HD — ves et révulsives du cautère actuel, l’action limitante et éliminatrice de l’ignipuncture.
L'historique général de l’ignipuncture ne rentrant pas dans notre sujet, nous ne nous occuperons que de la partie qui se rapporte à la gynécologie.
L'ignipuncture, ce genre spécial de cautérisation qui consiste dans l'introduction dans des tissus vivants d’une pointe de fer effilée et chauffée au rouge cerise, et au moyen de laquelle on détermine une action substitutive très peu destructive, mais surtout limitante et éliminatrice, a été imaginée par M. le professeur Richet en 1847, et depuis appliquée à une grande quantité d’affections diverses. Son emploi dans les maladies de la matrice est de date récente, et le premier travail dans lequel il soit question de l’application de l’ignipuncture, aux affections utérines, est celui du Dr Trapenard, qui, dans son travail inaugural sur l’ignipuncture, a émis l’idée qu’on pourrait se servir de ce genre spécial de cautérisation dans le traitement de certains allongements hypertrophiques du col utérin. Mais le premier travail sérieux paru sur cet intéressant sujet est celui de M. le professeur Courty, qui, en 1876, fit au Congrès de l'Association pour l’avancement des sciences, tenu à Clermont-Ferrand, une communication sur l’emploi de l’ignipuncture dans le traitement des métrites chroniques. Mais selon le D' Caron, MM. Gallard et Siredey l’employaient bien longtemps avant cette communication dans leurs services. Nous pouvons, pour notre part, dire que notre maître le D' Cheron employait aussi cette méthode dans son service à Saint-Lazare bien longtemps avant ladite communication et avec de bons résultats, et nous pouvons dire que c’est lui le premier qui a appliqué d’une façon méthodique et rationnelle l’ignipuncture dans la thérapeutique gynécologique.