SOINS À DONNER AUX MALADES AVANT DE PRATIQUER L’IGNIPUNCTURE DU COL
Nous verrons plus loin, en parlant des contre-indications, qu’on ne doit jamais pratiquer l’ignipuncture lorsqu’on setrouve en présence d’une inflammation péri utérine,
sous peine de voir celle-ci se propager au péritoine; mais cette inflammation n’est pas toujours facile à reconnaître, Ainsi conseillons-nous avant de pratiquer lignipuncture de faire à la malade des pansements glycérinés qui nonseulement ont pour objet de dissiper l'inflammation périutérine, si elle existe, mais en outre de décongestionner l'organe.
Ces pansements se font avec de la glycérine pure marquant 30° à l’aréomètre Baumé. Notre maître le D' Chéron a démontré par une expérience faite en 1878, à l'Ecole pratique, dans un cours libre de gynécologie, le pouvoir osmitique de cette substance.
Voici en quoi consiste cette expérience : il introduit dans une vessie surmontée d’un tube en verre une certaine quantité de glycérine et place cette vessie dans un vase contenant de l’eau ; au bout de quelques minutes l’eau traverse la vessie en telle abondance, que le liquide s'écoule bientôt par l’extrémité supérieure du tube en verre.
: M. Chéron a appliqué ce pouvoir osmotique à la glycérine pure marquant 30° à l’aréomètre Baumé dans la congestion de l’utérus et a obtenu des résultats excellents. Le pansement à la glycérine se fait de la façon suivante : un tampon de ouate ou de charpie est imbibé de glycérine pure et rectifiée et placé sur le col mis à découvert au moyen du speculum. Ce tampon est gardé par la malade environ douze à dix-huit heures. La glycérine exerce son pouvoir osmotique à travers les parois du vagin, et attire en dehors la partie liquide contenue dans les tissus utérins engorgés; de cette façon elle emprunte aux tissus enflammés à peu près dix fois sun volume de liquide; c'est-à-dire qu'un pansement qui renferme quarante grammes de glycérine, amènerait l’exsudation de quatre cents grammes d'un liquide aqueux contenant quelques
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sels et très peu d’albumine. Sous l'influence de ces pansements pratiqués pendant quinze à vingt jours, l’utérus se décongestionne, et s’il y a quelque trace d’inflammation péri utérine on la verra disparaître, et l’ignipuncture pourra alors être pratiquée sans crainte de voir survenir des complications.