‹ Indications et contre-indications du transport par avion dans les affections chirurgicales: de l'abdomen, du thorax et du crâneChapitre 54 sur 68 · C. XXIII Eclamptique, transportée par avion, des bords · texte numérisé non relu

C. XXIII Eclamptique, transportée par avion, des bords

de l’Euphrate à Alep.

(DUGUET et CAUSERET, in «Rapport au ler Congr. Av. Sanit. 1929»).

CEE

CHAPEEREN XI

ETUDE CRITIQUE DES DOCUMENTS CLINIQUES

Plaies du crâne par armes à feu.

Les plaies pénétrantes du crâne par armes à feu constituent la plus grande partie de nos observations (obs. C.1 à 13, C.I à VII, C. XIX à XXII). La première chose qui frappe est de la plus grande importance: quatre blessés ont été opérés sur place, le jour même de la blessure et évacués très tôt, le lendemain ou le surlendemain, tous quatre sont morts (C.9, 10, 11, 12). Treize blessés ont été transportés avant l'intervention, il y a eu diceuérisonsCul CSA SCALE CE XIX a XXII SE parmi les 3 cas de mort, l’un est celui d’une femme indigène qui présentait un gros fracas osseux de la fosse temporale droite, arrivée ‘dans le coma et inopérable {C. 2); si l’on n'en tient pas compte, on trouve une mortalité de 16,6 % pour les plaies pénétrantes du crâne transportées avant l'intervention. Il semble donc qu’on ne doive absolument pas transporter les blessés du crâne qui ont été opérés. La règle dictée par l'expérience de la guerre européenne, à propos des moyens de transport terrestres, reste vraie: les blessés du crâne peuvent être immédiatement transportés, sans. que leur élat soit aggravé, à un hôpital, même éloigné, où l’on peut pratiquer l'intervention aseptique définitive.

D'un autre côté, parmi les blessés évacués immédiatement et opérés au loin, si l’on compare les transports par avion et les transports terrestres, on trouve des chiffres très voisins : dans le premier cas, mortalité de

16,6 %, comme nous venons de le voir ; dans le second cas, mortalité de 20% (dans le service de Lecène à Epernay, pendant la guerre).

Enfin, les lésions observées dans les plaies pénétrantes du crâne par armes à feu sont tellement variables qu'on ne peut tenter d'établir une relation quelconque entre l'altitude observée par l'avion et l’évolution ultérieure.

Dans un dernier cas, le blessé a été trépané le jour même de la blessure et évacué le 14: jour ; il a très bien supporté le voyage, bien qu'il fût assez long, près de 500 km., mais J’avion, longeant le littoral, ne s’est see que de quelques centaines de mètres (C. 13).

Deux cas de plaies non pénétrantes du crâne (C. VIII et C. IX) se sont terminés par la guérison; le premier avail été opéré avant le transport.

FRACTURES%DE-ACRANE

Fractures ouvertes de la voûte.

Les fractures ouvertes de la voûte du crâne, dont nous publions les observations, ont toutes été opérées après le transport. Cinq cas se sont terminés par la guérison (C: 17,20, XX EEXTT) "trois" par la mort (C215, 1819); ’armi ceux-ci: une fois (C.15) les lésions étaient telles qu'il semble bien que l’état du malade était désespéré; deux autres fois, il y a eu des complications infectieuses sur lesquelles nous aurons à revenir tout à l’heure ; mais, dans l’un de ces derniers cas (C. 19), une première intervention avait été pratiquée avant le transport en avion, de sorte qu ‘on ne sait, devant ce résultat malheureux, si lon doit incriminer un transport trop tardif ou une wopéralion mal faite.

Il semble donc que, dans aucun de ces cas, l'avion ne soil responsable d’un accident ou d’un incident quelconque. Par contre, il a toujours permis d'opérer de façon extrêmement précoce. Dans l'observation C. 12, par exemple, le blessé, qui a franchi 270 km. à wol d'oiseau. aurait dû. par voie terrestre, parcourir 440 km. de pistes, dont la presque totalité en zone d'insécurité. dans lextrême sud marocain.

Une autre observation (C. 17) doit aussi être menlionnée à part: il n’y a pas lieu de discuter ici les raisons qui ont fait décider un tel voyage; notons seulement que

ce voyage-record de 5.000 km. a été, dans l’ensemble,

fort bien supporté par ce jeune garçon, dont la fracture du crâne remontait à moins de 15 jours.

D'autre part, il a été noté qu'à 2.000 m. d'altitude, l'enfant présentait de la céphalée et des vomissements incessants, lesquels ont disparu lorsque le pilote a pris l'iniliative de voler à une altitude beaucoup plus basse: 200 mèlres — ce qu’on est en droit d'interpréter comme un signe d'hypertension intra-crânienne et qui confirmerail les données expérimentales du Chapitre IX. Il est d’ailleurs juste de remarquer que les vomissements ont repris au cours du pansement et du transport en automobile à Casablanca, mais ceci n'infirme pas l'hypothèse.

Fractures de la base du crâne.

Trois observations de fractures de la base du crâne, irradiées de la voûte, sont assez peu démonstratives. L'une (C. 16) concerne une véritable dislocation de la boîte crânienne, comme l’a confirmé l’autopsie. Une autre (GC. XIIL: s’est compliquée de méningite à streptocoques et décès au bout d’une semaine. Dans la 3e (C. 14), malgré une otite suppurée, la guérison a été finalement obtenue mais il persistait quelques troubles de l'audition et de Ê équilibration.

Un cas de fracture fermée de la voûte du crâne, compliquée de plusieurs lésions rachidiennes, s’est terminé aussi par la guérison (C. 21).

COMPLICATIONS DES TRAUMATISMES CRANIENS

Nous avons réuni dans le même paragraphe les diverses complications qui peuvent survenir aussi bien dans les traumatismes fermés que dans les plaies de guerre ou dans les diverses fractures du crâne.

Tout d'abord, une petite remarque s'impose; il ne faut pas en exagérer l'importance, mais, même si l’on ne peut en tirer des conclusions formelles, il est intéressant de constater le fait: sur les 45 cas de traumatismes de crâne transportés par avion, que nous avons signalés, il y a 19 morts ; or, parmi ces 19 cas, 15 fois l'avion sanitaire a cer tainement atteint ou dépassé 2.000 m. d'altitude (C.2, JAN lo M6: 184 LALLSXTIE XVII, XVIIT) ; les autres fois, on n’est pas certain de l'altitude maxima atteinte,

mais dans deux cas (C.IV, VIT) l’avion s’est élevé au moins à 1.500 m.; un cas (C. 19) s’est compliqué de hernie cérébrale bien que l'avion ne se soit élevé que de quelques centaines de mètres, et le dernier blessé (C.VI) présentait des lésions considérables.

Inversement, presque tous les blessés du crâne transportés à haute altitude sont morts. En effet, sur 42 cas où l’on connaît l'itinéraire de l'avion, 93 fois l’avion a dépassé 2.000 mètres AC. F2 74075 ,0 12012 015 Fr AS 020 OCR XIII, XVI à XVIIL); or, sur ces 23 cas, il y a eu 15 morts ultérieures, 3 cas de hernies du cerveau (C.5, 6, 7) qui ont fini par guérir, une fois (C. 17), dont nous avons parlé, le blessé présentait des vomissements à cette altitude et 4 fois seulement (C.20, X, XII, XVI) les blessés ne paraissent pas avoir souffert de l'altitude.

. Nous pensons cependant qu’il ne faut pas attacher une trop grande importance à ces considérations, car elles reposent sur des faits cliniques vraiment trop disparates.

Complications infectieuses.

Il nous reste peu de choses à dire sur chacune des principales complications.

Parmi les observations comportant quelques détails, on a noté sept méningo -encéphalites avec hernie du cerveau : deux fois (C. 18, 19) sur 7 fractures ouvertes de la voûte et cinq fois (C. 3 à 7) sur 8 plaies de guerre transportées avant l'intervention ; il semble bien aussi que dans les 4 cas (C.9 à 12) où l’on a transporté aussitôt après l'intervention, la mort soit survenue du fait de cette même complication.

Deux cas de méningite traumatique à streptocoques n'apportent aucun fail nouveau au point de vue altitude: l’un (C. XIH) s’est terminé par la mort, mais lobservation en est rapportée sans détail; l’autre (C. 20), après l'emploi réitéré du sérum de Vincent, a fini par guérir: il ne semble pas qu'il ait été influencé par le transport en avion.

Complications mécaniques.

Les blessés atteints de commotion cérébrale (C:-22! XV) ou de contusion cérébrale (C. XIV. XVI. XVII) ou de

choc marqué (C. XVIII) ne semblent pas avoir souffert du transport en avion. Les deux derniers son! morts dans les jours suivants, mais ils présentaient en outre de nombreux el graves traumatismes de toutes les régions du Corps.

Complications cicatricielles.

Nous n'avons aucune observalion de malade revu longtemps après un traumatisme crânien avant légitimé un (ransport en avion; nous n'avons done aucune idée. sur les séquelles de ces blessures, mais il n'apparaîl aucune raison légitime de supposer qu’elles soient différentes de la pratique habituelle.

Nous voudrions enfin rapprocher quelques symptômes observés dans les différents cas.

Deux fois seulement, on a noté des vomissements : dans un cas sur lequel nous avons suffisamment insisté (C. 17), ils se sont produits en vol à 2.000 m.;, dans un autre (C. 22), ils avaient disparu le % jour du traumatisme el le vol effectué alors à plus de 2.000 mètres ne les avail pas fait réapparaître.

Cinq malades sont arrivés dans le coma ; quatre sont mortst (072.15, 716, XVII): mais: la gravité des lésions suffil à expliquer une telle issue. Le 5e (C. XXI) qui a guéri, présentait aussi une blessure grave, mais na pas dû voler à haute altitude. Deux fois, on a noté à l’arrivée un état d’obnubilation marquée (C. 14, 21), mais, au moins dans le dernier cas, cet état existait déjà avant l’embarquement.

Dans ce même cas on a noté, à l’arrivée, un pouls lent à 50. Mais dans un autre cas (C. 22), le pouls, ralenti du fait du traumatisme, n’a pas élé influencé par le vol: il ne s'est accéléré qu'après une semaine,

Les cas de paralysies ne paraissent avoir aucun rapport avec l’altitude: nous avons signalé 5cas d'hémiplégie. Quatre paraissent bien en rapport ‘avec la blessure, mais les observations sont incomplètes (C. 1, 15, IV, X). Dans un cas (C.13) le transport lardif, au 14e jour, n’a eu aucune influence sur une hémiplégie gauche primitive, qui a continué à rétrocéder régulièrement et rapidement.

Nous n'avons pas de cas de transport de malades véritablement agités, mais seulement d’une éclamptique (C. XXIID et d'un blessé atteint de méningite traumatique (C: XX) et qui présentait des crises localisées aux membres inférieurs. Dans les deux cas, le transport paraît s'être effectué sans incident. Mais par contre, on raconte, qu'au cours d'un transport effectué en Suède, le pilote eut de cros déboires à lutter lui-même avec léclamptique qu'il transportail……

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