‹ Indications et contre-indications du transport par avion dans les affections chirurgicales: de l'abdomen, du thorax et du crâneChapitre 63 sur 68 · C.— Il y a lieu de discuter le transport par avion · texte numérisé non relu

C.— Il y a lieu de discuter le transport par avion

— des fractures du crâne avec signes d’hypertension intra-Crânienne, mais ponction lombaire impossible ;

— des hernies du cerveau constituées (et des abcès traumatiques cérébraux précoces) ;

— des agités (?) selon la cause de lexcitation corticale.

Il semble, a priori, que la dépression soit dangereuse dans des cas; mais, à vrai dire, nous n'en avons pas encore eu la preuve Clinique certaine.

D.— Quant aux affections chroniques du crâne, la contre-indication est posée également par la présence ou la possibilité d’une hypertension du liquide céphalo-rachidien, ce qui correspond finalement à la majorité des cas.

DÉS US CEIRURGIEN

1.— La question la plus importante est celle du déplacement du chirurgien ou même de l’équipe chirurgicale. Nous pensons que :

A.— Le déplacement du chirurgien doil être tout à fait exceptionnel, mais il est nécessaire dans certains cas précités.

B.— Le chirurgien ne doit emmener que le strict minimum :

— un anesthésiste ;

— Je matériel stérilisé en rapport avec l’intervention prévue ;

— Je matériel d'éclairage du champ opératoire.

C.— Le médecin qui attend près du blessé peut, facilement, se préoccuper de préparer une salle d’opération.

2. — Si le chirurgien opère un malade qui devra être ensuite transporté par air, il pourra, avec avan- ‘age, dans certains cas, modifier un peu sa technique, particulièrement pour ce qui est du drainage. Mais c'est une question de détail qui n'a pas une importance primordiale.

3.— Seules des raisons impérieuses pourront légitimer le transport des opérés viscéraux récents. On devra se baser sur :

— l'état de shock après l'intervention et le mode

d’anesthésie employé :.s’il y a eu anesthésie générale par inhalation, il ne faut pas lransporter avant que la période de vomissements ne soil largement dépassée ;

— Ja nature de l'intervention pratiquée : il est prudent d'attendre 2 ou 3 semaines pour les trépanés, et 10 ou 15 jours pour les opérés du thorax. Les laparotomisés pourraient lêtre beaucoup plus tôt, mais il faut au moins attendre que le malade ait évacué les gaz péritonéaux (à moins qu'il n’y ait drainage). ;

Pour terminer. nous dirons deux mots, tout à fait à l’ordre du jour, de l’infirmier volant, accompagnant le malade à bord de lPavion.

L'intérêt de cette présence est à la fois :

— d'ordre moral: les militaires mont pas à en tenir compte, mais dans la pratique civile, laccompagnement est souhaitable;

— d'ordre médical : nous croyons l’accompagnement inutile dans la plupart des cas. mais indispensable dans d’autres. particulièrement lorsqu'on doute de l’état du cœur, ou lorsque le port d'un masque à oxvgène esl nécessaire,

Enfin, ce travail terminé, nous nous excusons ‘de son inanilé et de sa brièveté;: nous avons voulu seulement essayer de tracer une ligne de conduite dans les Cas simples. Malheureusement. en Médecine, chaque cas est compliqué, où plutôt complexe, et particulièrement ici où la décision du médecin praticien dépend de tant de facteurs, d'importance très inégale, el dont les principaux proviennent :

soit du malade (nature de la maladie. gravité de la maladie, étal du cœur, des reims, retc.):

soil du chirurgien (possibilité ou non de se déplacer sans Compromeltre le succès de Pintervention);

soil du matériel (caractéristiques de lPavion: puissance, vitesse en l'air et au sol, portance, plafond, rayon d'action, stabilité) :

soit des circonstances géographiques (possibilité d’atterrir près du malade, altitude relative des points de départ et d'arrivée, altitude des obstacles à franchir);

soil des circonstances météorologiques (vents, brume, nuages, saison, heure du jour, etc.)

C’est pourquoi nous n'avons jamais eu la prétention de donner une règle précise dans chaque cas, mais nous serions heureux si tous ceux qui peuvent avoir à utiliser l'avion sanitaire, instruits de ses avantages comme de ses dangers, n’hésitaient plus à prendre leurs responsabulités, connaissant toute la complexité du problème.

Vu : Le Doyen, Vu ; Le Président de These,

BALTHAZA DUR Etat (| Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, CHARLETY. |

RE viR

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