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CONTRE-INDICATIONS TIRÉES DE L'ÉTAT LOCAL

L’hémiplégie succède toujours à une lésion cérébrale : elle est la conséquence, soit d’une congestion cérébrale, soit d’une hémorragie cérébrale, soit encore d’un ramollissement. Nous avons réuni dans un chapitre commun les indications thérapeutiques de ces divers états morbides ; nous ferons quel-

ques distinctions à propos des contre-indications.

La congestion cérébrale est due à un afflux considérable de sang vers le cerveau ; elle est l'apanage des sujets pléthoriques et sanguins : si cet état est manifeste, les eaux de Balaruc devront, sinon être exclues complètement, du moins être employées avec beaucoup de modération, afin de ne pas amener des récidives. On remplira ce but en se contentant d’user de l’eau en boisson et en ne permettant des bains de courte durée et quelques douches, que lorsque l’organisme sera habitué à l'emploi des eaux.

L'hémorragie cérébrale est traitée, à Balaruc, sur une vaste échelle. C'est elle qui y amène chaque année Île plus grand nombre de malades, et c’est elle qui avait contribué à la vieille réputation des eaux de Balaruc pour le traitement des paralysies. Aussi, si nous parcourons les divers auteurs depuis Dortomannus Nicalius, en 1579, jusqu'au commencement de notre siècle, nous voyons que tous nous parlent de la paralysie suite d’hémorragie, et qu'ils s'occupent fort peu de faire des distinctions et de poser des contre-indications ; quelques-uns, cependant, ne craignent pas de mentionner les funestes résultals qui avaient suivi une cure à Balaruc, et, peu à peu, on en vint à reconnaître que, si les eaux étaient d'une grande utilité, dans certains cas cependant elles étaient nuisibles. C’est ainsi qu'en 1773, le D* Farjon, de

es notre Faculté de Montpellier, écrit : « Les malades ne doivent plus revenir à Balaruc, s'ils n'y ont trouvé qu'un faible soulagement. On ne doit point le leur conseiller, lorsqu'on s’aperçoit qu’ils ont le corps pesant, la tête lourde, l'esprit sombre, tardif; ils en seraient des victimes. » Et il nous cite à l'appui l’observation d’un capitaine suisse, âgé de soixantehuit ans, affligé d'une hémiplégie imparfaite à la suite d'une attaque d’apoplexie, qui eut recours aux eaux de Balaruc; mais, au bout de quelques jours de traitement, il fut frappé d’apoplexie forte qui le conduisit au tombeau. Quelque temps après, un célèbre avocat y eut le même sort. On comprend qu'en présence de pareils résultais, on se soit empressé de tracer une ligne de conduite un peu plus réservée et qu'on ait hésité à envoyer des malades à Balaruc. Aujourd'hui, les contre-indications sont nettement posées, et, en usant toujours de prudence, ces dangers ne sont plus à redouter, mais il ne faut pas hésiter à défendre les eaux de Balaruc dès que l’on se trouve en présence de malades suspects. Mieux vaut ne pas guérir que d'aggraver la maladie!

Une première indication nous est fournie par la lésion cérébrale elle-même : une lésion jeune, de date récente, ne peut qu'être aggravée par Balaruc. Lorsque une hémorragie s’est produite, le caillot sanguin subit un travail actif de réparation ; il se forme autour de lui une vive prolifération, et il faut bien se garder d'intervenir par des moyens énergiques et d'interrompre ainsi la marche naturelle de ce travail. Nous avons posé en règle générale que les eaux de Balaruc ne doivent pas être utilisées avant dix ou douze mois ; bien que cette limite soitavec intention un peu reculée, nous la croyons prudente. En tout cas, nous a déclaré M. le docteur Planche, jamais je ne consentirai à faire prendre des eaux avant six mois : il y aurait certainement du danger à un emploi prématuré.

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Une seconde contre-indication nous est fournie ici encore par le tempérament de l’individu: s’il est trop fortement sanguin, ou d’un tempérament nerveux exagéré, les eaux de Balaruc risqueront de déterminer de nouveaux accidents.

Dans le ramollissement cérébral, les eaux de Balaruc ont été souvent contre-indiquées : la lésion cérébrale est en effet, ici, certainement liée la plupart du temps à une lésion du cœur, et la paralysie n’est donc que le phénomène secondaire et consécutif à la lésion cardiaque. Si la lésion du cœur n'est pas trop avancée, si Le ramollissement a été déterminé, comme c'est le cas le plus fréquent, par une embolie, et chez un artério-scléreux, nous croyons cependant que le malade pourra retirer quelques bénéfices au point de vue de sa paralysie, qui est d’origine corticale.

Toutes les fois que la lésion cérébrale sera corticale, il semble que les eaux de Balaruc auront une action plus efficace sur elle; si, au contraire, nous avons affaire à une lésion initra-cérébrale, intéressant la capsule interne, il est certain que nous risquons de déterminer des accidents, mais nous tirerons alors nos contre-indications des symptômes révélateurs de la lésion. Les lésions irritatives, s’accompagnant de contractures, sont du nombre.

3° CONTRE-INDICATIONS lIRÉES DE L'ÉTAT SYMPTOMATIQUE

Les symptômes habituels de toute excitation cérébrale se traduisent par des phénomènes révélaleurs, de la plus haute importance, qui servent à la fois au diagnostic et au pronostic. Ce sont ces phénomènes que nous aurons souvent à envisager pour savoir si nos paralytiques peuvent être envoyés à Balaruc.

L'hyperesthésie est de ce nombre : elle contre-indique en

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effet les eaux de Balaruc parce qu’elle témoigne déjà d’un certain degré d’excitation que nous ne ferions qu'augmenter. On rencontre fréquemment ce symptôme dans la méningite cérébro-spinale : or personne n’a songé à traiter une telle aftection par les eaux de Balaruc! À côté de l’hyperesthésie, nous trouvons les divers phénomènes d’excitation motrice, se traduisant par des contraclures, de l'exaltation des réflexes tendineux,et quelquelois de la érépidation épileptoïde. Dans ces cas, la lésion cérébrale à intéressé la capsule interne, ou un des ventricules, et il est à prévoir que les eaux minérales ne pourront avoir aucune action.

Ce sont des phénomènes du même ordre qui contre-indiquent les eaux de Balaruc dans le traitement de lataxie locomotrice. M. Brousse à posé comme contre-indication : « Ne jamais employer les eaux de Balaruc, lorsque les phénomènes douloureux ont pris une grande intensité. »

Telles sont les diverses contre-indications nécessaires à connaître pour employer utilement les eaux de Balaruc. Elles se ramènent toutes au principe suivant:

Ne jamais intervenir, toutes les fois que nous serons en présence de phénomènes aigus, se traduisant par une excitation quelconque: nous ne ferions qu'ajouter à cette activité l’action encore plus vive des eaux de Balaruc.

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