‹ Indications et Contre-indications ThérapeutiquesChapitre 28 sur 33 · OS · texte numérisé non relu

OS

opiniâtre. La malade a un peu perdu de sa corpulence, les symptômes de pléthore sont moins caractérisés.

Je prescris le même traitement : demi-bain à 32° céntigiadeste boisson à dose purgative ; bains de jambes ; gargarismes ; et je recommande d'une manière expresse l'application de la compresse d’eau froide sur la tête pendant les diverses immersions. Les mêmes symptômes d'excitation cutanée se manifestent. La malade se plaint aussi d’un peu d'oppression. Je conseille de nouveau à M°° R... de ne faire usage que de la boisson et des bains de jambes. Elle ne veut pas y consentir ; bien plus, elle exprime le désir de prendre des douches, puisque les bains l’excitent trop, dit-elle. Prévoyant ce qui peut arriver, je cherche à la dissuader de ce projet, en lui faisant un tableau bien noir des conséquences d’un pareil entêtement. Rien ne fait, et, un matin, elle se présente à la baigneuse pour prendre la douche. La baigneuse, connaissant ma répugnance pour l'application d'un pareil moyen balnéothérapique à M°®° R..., lui donne fort heureusement une douche en pomme d’arrosoir sur tout le corps, à une température peu élevée sur les parties supérieures, et à une température plus élevée sur les membres inférieurs, et d’une très courte durée. Pendant toute la journée, phénomènes d’excitation générale, très manifestes, rougeur de la face, les pommettes sont violacées par plaques, le pouls est excité. Vers le soir, je suis appelé en toute hâte auprès de M°° R..., qui présentait tous les symptômes d’un nouveau raptus vers le cerveau. Je prescris 30 sangsues au rectum, lavement fortement purgatif. Révulsif cutané.

Le lendemain, je fais subir une nouvelle perte de sang, et je continue les autres moyens. Au bout de quelques jours, l'orage fut dissipé, et la malade quitta Balaruc dans un état relativement assez satisfaisant.

J'ai eu des nouvelles depuis, j'ai su que les symptômes de paralysie diminuaient d'intensité, mais M®° R... n’est plus revenue.

OBSERVATION VIII (INÉDITE) Paraplégie a frigore

R... G..., cocher, né à Vaisseaud (Ardèche).

Père mort de vieillesse à quatre-vingt-quatre ans : atteint de hernie

inguinale. Mère morte à soixante-six ans, À eu cinq frères et deux Sœurs : deux morts, pas de renseignements. |

Le malade est d’un tempérament nervoso-bilieux. Bonne constitution. Pas de maladies antérieures à signaler. Excès de masturbation pendant sa jeunesse.

Histoire de la maladie, d’après les notes du service :

Était cocher à Arles-en-Provence, lorsqu'un jour, après avoir accompagné son maître à la campagne, il fut chargé d’arroser des arbres. En puisant de l’eau dans un ruisseau, il glissa, et tomba dans l’eau, tout couvert de sueur. Il fut immédiatement après s'asseoir sur des fagots et se sécher. Quelques heures après ce bain forcé, il ressentit des frissons et des fourmillements dans les membres inférieurs.

Il put néanmoins atteler la voiture et conduire son maître à Arles : mais, en descendant de voiture, ses jambes fléchirent et il s’affaissa, C'était le 11 avril 1870.

Depuis lors, douleurs articulaires se réveillant par la marche. Il entra à l'hôpital d'Arles, le 19 avril 1870, huit jours après l'accident, et y resta jusqu’au mois d'août.

Bains sinapisés. Fumigations. Électrothérapie. Un mois après environ, il fit une chute, et dès lors se déclara une paraplégie. Application de deux cautères volants au niveau de la 4° vertèbre lombaire.

La maladie s’aggravant, R. vint à Montpellier et entra le 15 août à Saint-Éloi. M. le professeur Füster ordonna des bains de vapeur, suivis d'irrigations froides. Frictions à l'essence de térébenthine au niveau de la région lombaire. Amélioration.

Nouvelle chute du malade, suivie de l’abolition du mouvement. Douches. La funeste guerre amenant à l'hôpital un grand nombre de blessés, le malade est envoyé à l'Hôpital Général.

Il entre, en octobre, dans le service de M. Combal: il avait en même temps un catarrhe vésical et une constipation opiniâtre. Bains de vapeur. Diurétique. Purgatifs, cautères. Le même traitement est suivi jusqu'en mai 1871. Amélioration. À cette époque est envoyé à Balaruc, et il revient en août de la même année. M. Crouzet était alors médecin-inspecteur : pendant ces deux premières saisons, le malade prit l’eau en boisson (10 à 12 verres par jour, nous dit-il! !). Bains et douches. Après la seconde saison, fut un peu amélioré.

En mai 1872, saison à Balaruc ; quelques mouvements limités d’abord; puis, au bout d’un certain temps, put marcher.

Page 1