FRA L
grande quantité de terre depuis longtemps imbibée par l’eau salée. On comprend donc que les houes soient fortement minéralisées : au contact continuel de l’eau thermale, elles se chargent de ses principes minéralisateurs ; elles renferment en outre une assez forte quantité d’iodures, laissés par l'eau de létang de Thau.
Les boues ainsi conservées et préparées s’appliquent localement, et elles agissent par leur action résolutive. Cette action est même si intense que l’on voit fréquemment de vieilles douleurs se réveiller au niveau des cicatrices et des phénomènes d'une réaction assez vive se produire.
Leur usage est indiqué dans les engorgements en général, soit du système ganglionnaire, soit des articulations ; elles donnent d'excellents résultats dans les tuberculoses locales, et on se trouve bien aussi de leur emploi dans les cas d’atrophie musculaire ; elles agissent alors en suractivant la vitalité des parties atteintes.
On emploie encore les eaux de Balaruc en gargarismes, en lotions et en injections. M. Planche a communiqué les succès nombreux qu’il avait retirés des injections, dans les cas de paralysie de la vessie. Nous n’insistons pas sur tous ces divers moyens.
. Avant de terminer cet exposé, il est utile de mentionner un traitement, mis en usage à Balaruc par M. Planche, sur les inspirations de M. le professeur Tédenat. L'eau de Balaruc est employée en douches utérines, contre diverses affections de l'utérus. Un ingénieux appareil a été aménagé à cet effet dans des salles spéciales, où l’on peut en même temps prendre un bain et faire des applications de boue. Un réservoir, appliqué sur une règle graduée, et renfermant de l’eau minérale à sa température native, peut être élevé à volonté à l'aide d'un système de poulies. Ce réservoir est placé à l'extrémité de la baignoire, contre le mur, et est muni d’un tube en caout-
RO LUE chouc avec canule. La malade prend elle-même la douche utérine : la présence toujours gênante d’un aide est ainsi inutile.
Voici comment procède M. Planche: dans les cas de métrite et d’endométrite, la malade prend d'abord un bain d’eau minérale ; pendant les dix à quinze dernières minutes du bain, elle prend la douche utérine, à une très faible pression de 60 à 70 centimètres de hauteur. Dans les cas d’engorgement péri-utérin, et dans certaines tumeurs de Putérus, dans les fibromes par exemple, en commence par faire une application de boue sur le ventre, pendant vingt-cinq à quarante minutes. On fait ensuite prendre un bain tempéré de vingt-cinq à trente minutes, et pendant les dix à quinze dernières minutes, douche utérine à plus ou moins faible pression, en ayant toujours soin de commencer par cette dernière. La pression est presque toujours de 60 à 70 centimètres de hauteur; elle est d’ailleurs fixée par le médecin traitant, avec défense absolue de l’augmenter, sans son approbation. Les malades, en effet, ont beaucoup de tendance à vouloir l’élever ; la douche utérine a été proscrite par beaucoup d'auteurs, mais les heureux résultats que l’on obtient à Balaruc semblent la remettre en honneur! Ce qu'il y a de bon ici, c'est que la pression peut être modérée à volonté.
Les succès sont surtout obtenus facilement dans les cas de métrite et d’endométrite, chez les femmes à tempérament lymphatique. Des fibromes et autres tumeurs énormes de l'utérus ont subi une rétrocession notable après ce traitement. Des hémorragies fréquentes ont cessé, et les règles, anormales jusque-là, ont repris leur cours régulier.
Toutes ces généralités nous ont paru indispensables en tête de notre travail; nous les avons exposées d’une façon rapide, insistant seulement sur quelques points principaux.— Nous allons aborder maintenant la partie la plus importante, les indications et contre-indications thérapeutiques.