CONDUITE A TENIR VIS-A-VIS DU FRAGMENT
Quelles que soient les formes anatomo-pathologiques de la fracture du condyle externe de l’humérus, une fois l’intervention sanglante jugée nécessaire, tout se ramène au fragment osseux détaché, sa forme, ses dimensions, son déplacement, d’abord, sa réduction ensuite. C’est celle-ci que nous essayerons d'envisager dans un court aperçu critique.
Quatre méthodes se partagent la faveur des chirurgiens : ce SOnt :
L’extirpation ;
La reposition simple ;
Le vissage ;
La fixation par un point prenant le périoste.
A. — Extirpation.
Ce procédé a été utilisé par Kocher dans un certain nombre d'interventions : il semble qu’il faille adopter le moins possible. Enlever un fragment épiphysaire, c’est compromettre plus ou moins le résultat esthétique. On désinsère le ligament latéral externe, ainsi que les muscles épicondyliens, permettant ainsi les déviations en cubitus valgus.
C'est pourquoi la méthode en question ne doit s'adresser
Mb
qu'aux fractures à tout petit déplacement luxé très en arrière de la diaphyse et très remonté contre sa face postérieure.
B. — Reposition simple.
Mouchet signale (Observations 69 et 70 de sa thèse) deux cas pour lesquels à été pratiquée la reposition sanglante sans suture ni enchevillement. Le maintien de la réduction a été parfait, mais on ne peut en dire autant du résultat fonctionnel qui a été passable chez un enfant, perdu melheureusement de vue vingt jours après l'opération, mauvais chez un autre, qu’une suppuraltion locale et une scarlatine ont frappé en même temps.
La reposition simple semble suffire dans les fractures du condyle irréductibles, par rotation du fragment. Il suffit d’aborder celui-ci aussi directement que possible, de lui donner l’orientation qui lui convient, et de lui faire reprendre sa situation première, pendant qu'un aide fait des tractions pour permettre la réduction. Tout se passe en somme comme dans la réduction non sanglante avec cette différence toutefois que lorsqu'on voit les lésions, on peut corriger les déplacements et triompher des obstacles qui fonf les irréductibilités. La reposition simple est souvent insuffisante, à cause de la traction vers le bas des muscles épicondyliens qui tendent à faire basculer le fragment.