B. —— VOLUME DU FRAGMENT
Chez l'enfant, le plus souvent, il est petit ; on a peu de prise sur lui, Mais il en est autrement dans beaucoup de cas. Dans le Journal de chirurgie de 1913, Tome X, Lecène, analy-
RUSTILee
sant un rapport de Von Saar (Innsbrück) paru dans le DBeitrage zur Klinischen Chirurgie, tome LXXXI, Vestschrift für Prof. von Hacker, novembre 1912, p. 519-528), parle d’une fracture par éclatement du condyle huméral « Abschalungstfraktur» des auteurs de langue germanique. Il s’agit d’un arrachement de la
Fig. 1. — Fracture par éclatement du condyle huméral. Le fragment devenu libre se luxe en arrière et en dehors.
totalité ou d’une partie du revêtement cartilagineux du condyle huméral, lequel, devenu libre, se luxe en arrière et en dehors.
En dehors de cet exemple un peu particulier, on peut dire d’une façon plus générale que la fracture est partielle ou totale. Partielle : le fragment détaché comprend le tiers ou la moitié externe du condvyle. Totale : ce même fragment peut intéresser
Le HITS
non seulement le condyle, mais la lèvre externe, voire même la : lèvre interne de la trochlée.
30 De la fracture classique du condyle externe, on peut rapprocher une lésion spéciale connue depuis Mouchet sous le nom de décalottement du condyle huméral.
C’est une fracture qui s’observe assez rarement et, dans la littérature médicale, on trouve des observations et des articles isolés publiés par plusieurs auteurs.
Pour la première fois, la question fut abordée par Hahn de Stuttgart en 1896. Il décrit ce genre de fracture d’après une pièce sur le cadavre d’une femme traitée quatre ans auparavant par lui pour une fracture du coude. [1 lui donne le nom de fracture de l’«<eminentia capitata». Plus tard d’autres auteurs étrangers s'occupent du sujet et apportent des observations (Wright? Cotton, Stimson, Stebbin, Wilms, Hoenisch).
En 1896, Kocher publie un important mémoire suivi de trois cas personnels comprenant le genre de fracture différant sensiblement de celui décrit par Hahn et qu’il dénomme fracture partielle de la rotula. |
Steinthal (1898) apporte une observation en même temps qu'il fait une analyse du sujet en se basant sur la variété de fracture décrite par Hahn. :
C’est à cette même époque que Mouchet dans sa thèse de doctorat reprend la question et la discute.
Il appelle cette fracture décalottement du condyle huméral, dénomination plus claire, plus exacte que les noms de fracture donnés par les auteurs étrangers.
Comme une noix trop mare, le condyle externe s’écale, mais le cartilage ne se détache pas seul ; il entraine une certaine épaisseur de substance osseuse.
Le diagnostic exact d’une telle lésion est difficile. Seule la radio de face et de profil montre la forme précise et les dimensions du fragment ; son mode de déplacement, son coincement, s’il y a heu dans l’interligne articulaire.
Une fois le diagnostic posé, le meilleur traitement consiste à extirper le fragment qui-forme un corps étranger. C’est, cette mé-
thode qu'ont suivie les auteurs qui se sont intéressés à la question.
Des articles très intéressants de Sicard (Revue d’Orthopédie de juillet 1928, n° 4), de Clavelin (Revue de Chirurgie de 1925), de Billet, de Richard, en France ; de Lorenz, de V. Saar, de Hahn, à l'étranger, constituent une nomenclature précieuse sur cette variété de fracture du condyle huméral.