‹ Indications Générales Du Traitement De La Tuberculose Du TesticuleChapitre 7 sur 26 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Etude clinique et anatomo-pathologique

Etiologie. — Pathogénie

La tuberculose dü testicule peut être primitive

ou secondaire.

= Primitive, elle se localise au testicule ou à l’épididyme et plus souvent à l’épididyme qu’au testicule. D’après certains auteurs la tuberculose débutant au niveau de l’épididyme se propagerait ensuite d’un côté sur le testicule, de l’autre vers le déférent, la vésicule et la prostate.

D’autres fois la tuberculose d’abord cantonnée sur les organes urinaires, rein, vessie, se propage à l’appareil génital, la prostate et la vésicule étant toujours envahies par le bacilleavant le testicule ou l’épididyme,

Certains auteurs ont signalé l’origine de la tuber-

culose génitale par contagion, à la suite de rapports sexuels. Conheinn avait discuté cette éventualité. À la suite, MM. Verneuil, Verchève, Fernet ont publié sur la question d’intéressants mémoires. Le fait doit être rare et les expériences entreprises sur les animaux par MM. Cornil, Dobroklanski, Gaïtner n’ont pas été concluantes.

Plus fréquemment, la tuberculose du testicule est secondaire. L/infection suit la voie sanguine et les bacilles sont déversés dans les tissuspar diapédèse ou par effraction. Il en est ainsi lorsqu'il existe des lésions tuberculeuses manifestes des autres appareils, plèvres, poumons, os, articulations. Il doit encore en être ainsi lorsque les lésions viscérales sont peu évidentes. Les travaux de MM. Legroux, Grancher, et Hutinel sur la micro-polyadénopathie de l’enfance ont démontré l’existence de l'infection bacillaire latente chez beaucoup de sujets indemnes de lésions tuberculeuses proprement dites. Les ganglions lymphatiques, surtout ceux du médiastin peuvent sans lésions apparentes à l'examen histologique renfermer des bacilles que révèle l’inoculation.

Comparée à la fréquence de la tuberculose des poumons, la tuberculose du testicule se trouve dans la proportion de 2 o/o (Reclus). Elle survient le plus souvent sur un terrain prédisposé par l’hérédité, pré-

‘paré le plus souvent par un traumatisme, une orchite ancienne ou récente à s’infecter plus facilement.

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Anatomie pathologique

L'appareil génital peut être différemment touché par la maladie. Ces localisations variables dépendent de la durée d’évolution, de la virulence du microbe, de l’état général. Tantôt, tout l’appareil génital est malade depuis le testicule jusqu’à la prostate. Tantôt, les lésions sont localisées à l’épididyme ou au canal déférent, le testicule, la vésicule et la prostate paraissant indemnes.

Lorsque la tuberculose-est généralisée, on peut trouver à l’autopsie un testicule volumineux dont la consistance est augmentée en certains points qui font des saillies irrégulières. Au niveau de ces saillies, la coloration normale de l’organe a fait place à une teinte jaune caractéristique. Quand les lésions sont plus anciennes, on constate des abcès caséeux, des cavernes communiquant avec l'extérieur par des fistules.

Le tissu cellulaire périphérique est épaissi, lardacé, avec des dépôts de matière caséeuse. La tunique vaginale très épaissie présente des lésions de pachyvaginalite chronique. Entre les deux feuillets 1l s’est fait parfois des cloisonnements entre lesquels s’épan-

che un liquide séro-purulent ou purulent. L’'albu-

ginée envahie, détruite, pourra déterminer l’apparition du fongus bénin. Les différentes couches du scrotum ne sont pas à l'abri de l'infection et au voisinage des trajets fistuleux. elles apparaissent épaisses, lardacées. On ne peut plus mobiliser la glande sur ses enveloppes extérieures.

L'épididyme augmenté de volume, bosselé peut être atteint dans toute sa continuité. D’autres fois, les lésions sont plus marquées aux extrémités, à la tête ou à la queue.

Le canal déférent présente des lésions de même ordre, il est gros, induré, bosselé. Les lésions sont plus avancées à ses extrémités.

Les vésicules tuberculeuses présentent ( une masse volumineuse, faisant saillir la paroi rectale, lisse et généralement peu consistante, donnant au doigt la sensation d’une poche injectée au suif, de mastic ». (Guelliot).

La prostate est augmentée de volume, bosselée, l’urèthre peut présenter des ulcérations à bords plats surmontant un fonds granuleux.

L’examen microscopique des lésions tuberculeuses dans le testicule a été fait par Malassez et exposé dans la thèse de M. Reclus.

Lorsque les lésions sont jeunes, on aperçoit de petites granulations arrondies, transparentes de 400 à 700 y. La partie centrale de la granulation est en de-

générescence granulo-graisseuse, et à ce niveau on

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voit l’épithélium proliféré. A la partie périphérique du nodule sont des éléments embryonnaires. Malassez admet que la granulation se développe sur les parois du tube, les lésions de l’épithélium sont secondaires. Mais il n’est pas exclusif, et pour lui, les lésions peuvent aussi apparaître dans les espaces lymphatiques intercanaliculaires.

Dans le corps d'Highmore, l’épididyme et le canal déférent, on ne rencontre que des noyaux caséeux, la granulation grise fait défaut.

Les lésions progressent du centre à la périphérie. Gaules n’admettait pas ce double processus et pour cet auteur, les lésions ont toujours leur point de départ au niveau de l’épithélium canaliculaire.

D’autres admettent que les germes pathogènes peuvent s'arrêter le long des vaisseaux sanguins et lymphatiques.

MM. Hutinel et Deschamps admettent chez les enfants l’origine vasculaire. On a décrit aussi chez eux la tuberculose du testicule consécutive à la propagation par le canal vagino-péritonéal.

Symptomatologie

La tuberculose du testicule peut évoluer suivant ‘ün processus aigü ou chronique.

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