‹ Indications opératoires dans le cancer de l'anse iléo-caecaleChapitre 3 sur 16 · RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES

Nous avons réuni 168 cas de cure radicale de cancer de l’anse iléo-cæcale. 28 cas se rapportent au côlon ascendant, 20 à la valvule de Bauhin^ deux seulement à l’appendice, tous les autres au cæcum. Ce dernier a donc été atteint dans plus des 2/3 des cas.

De ce nombre nous retrancherons immédiatement 28 cas d’interventions pratiquées avant 1890. Jusqu’à cette époque, en effet, l’asepsie n’est pas définitivement établie, et on ne peut tenir compte des résultats obtenus par la chirurgie abdominale. Notre revue critique des résultats ne portera donc que sur les cas, au nombre de 140, opérés depuis 1890.

Or, nous voyons que, dans ces 140 interventions, trois grandes méthodes opératoires ont été employées:

D Entérectomie en un seul temps, suivie du rétablisse • ment immédiat de la continuité du tube intestinal;

2"" Entérectomie, suivie de l’abouchemenf des deux bouts à la paroi abdominale ;

3^" Opération en deux temps : l’entérectomie avec suture intestinale ayant été précédée de l’exposition de la tumeur ou de l’établissement d’un anus contre nature.

Nous examinerons d’abord les résultats opératoires immédiats donnés par chacune de ces trois méthodes. Nous indiquerons ensuite les résultats éloignés, qui ont pu être obtenus dans ces différentes tentatives de cure radicale du cancer de l’anse iléo-colique.

Entérectomies en un seul temps suivies du rétablissement immédiat de la continuité du tube intestinal. — C’est le procédé opératoire qui incontestablement a été employé le plus souvent. Nous trouvons rapportés dans les différentes littératures 123 cas. Nous enregistrons 43 morts. Sa mortalité globale est donc élevée, soit 34,45 7o- Mais les conditions opératoires différaient considérablement dans ces diverses interventions. Nous devons donc établir plusieurs groupes.

1er groupe. — Cas ou le néoplasme était très étendu, adhérait intimément aux organes voisins et s accompagnait d’une infiltration ganglionnaire considérable . Nous trouvons 31 interventions dans ces conditions. Certains chirurgiens ont montré une audace inouïe. Dans un cas de Graff, la tumeur adhérait au rein, et oa dut faire une néphrectomie complémentaire. Fræntze fît une triple résection intestinale. Czerny mit 4 heures pour terminer l’opération, et vit mourir son malade dans le collapsus.

Sur ces trente-et-une interventions nous trouvons 1 6 morts. La mortalité est donc considérable (51, 61 ""/o). La plupart des morts sont dues au collapsus et à la septicémie péritonéale, causés par la longueur de l’opération et la difficulté des manœuvres opératoires.

2me groupje. — Entérectomies au cours crime complication mécanique ou septique. 15 de ces interventions ont été pratiquées en pleine occlusion intestinale. Elles ont donné 7 morts, soit une mortalité de 46, 66 ""/o- Une mort est due au collapsus, les autres ont été causées par la septicémie péritonéale. Une fois les sutures ont été insuffisantes ; une cfois la péritonite a été consécutive à une nécrose intestinale.

Les difficultés des manœuvres opératoires sur un intestin fortement distendu, qu’il faut quelquefois ponctionner, donnent les raisons de ces nombreux cas d’infection péritonéale. 4 cas ont été opérés, alors qu’il existait des fistules stercorales ou des abcès péritonéaux consécutifs à une perforation intestinale ; deux fois la mort est survenue par collapsus ou péritonite, soit dans une proportion de 50 7o-

3nie groupe. Cas ou ü existait une généralisation cancéreuse. Sur 5 cas opérés, nous trouvons 5 morts. Toutes sont dues au collapsus et sont survenues le plus souvent le jour même de l’opération, quelquefois même 4 à 5 heures après.

4nie groupe. Cas où r intervention a été pratiquée dans des conditions favorables, la tumeur étant limitée, le malade assez résistant.. C’est sur ce groupe que doit porter surtout notre attention . Dans tous les cas précédents, nous avons trouvé une mortalité effrayante, décourageante, semblant interdire toute tentative de cure radicale. Voyons maintenant si les résultats obtenus, lorsque le chirurgien a trouvé des conditions opératoires favorables, autorisent à tenter cette extirpation totale de la lésion.

Nous examinerons trois points : la mortalité globale ; la mortalité suivant le mode de réunion intestinale employé ; la mortalité donnée par les statistiques intégrales seules.

68 cas ont été opérés . Nous enregistrons 11 morts. Voici quelles ont été les causes de la mort :

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