Indication opératoire dans le cas de tumeur
TRÈS adhérente
On ne peut penser alors, nous l’avons dit, à tenter une cure radicale. Les dangers de mort opératoire sont trop grands pour le malade ; le bénéfice qu’on peut attendre de l’opération, une survie de peu de durée est trop peu considérable. Toutefois le chirurgien ne reste pas impuissant. Une indication se pose : dévier le cours des matières fécales et assurer leur libre circulation dans l’intestin. Cette intervention aura un triple résultat : elle relèvera l’état général du malade. Nous avons vu, en effet, que la cachexie, dont étaient atteints les malades, était rarement le fait d’une généralisation cancéreuse, mais était due le plus souvent à deux causes ; U Dénutrition, car le malade n’ose pas s’alimenter par crainte des douleurs que lui ramène le travail de la digestion ; 2" la stercorémie, consécutive à la stase des matières. Tous ces troubles disparaîtront dès que les matières pourront s’écouler librement. Le malade sera à l’abri des deux complications qui souvent mettent brusquement sa vie en danger immédiat, l’occlusion intestinale et la péritonite par perforation de l’intestin malade. En troisième lieu enfin, l’anse malade sera mise au repos et l’évolution de la lésion par cela même retardée. Pour atteindre ce but le chi-
riirgien a le choix entre deux méthodes : Texclusion etl’entéro-anastomose simple.
Ex.clusion de rintesthi. — Il existe plusieurs modes opératoires : l'’ rexclusion unilatérale, qui consiste dans la section unique de l’intestin, avec occlusion du bout distal et anastomose du bout proximal avec le reste de l’intestin, au-dessous de la tumeur ; 2’ l’exclusion bilatérale, qui consiste à sectionner deux fois l’intestin, au dessus et au-dessous de la tumeur^ et à le réunir ensuite. Dans ce cas, la façon de traiter les deux bouts de la portion exclue peut varier. On peut, en effet, se comporter de troisfaçons : a) laisser l’im et l’autre bouts ouverts et les fixer à la paroi ou exclusion sans occlusion ; b) fermer l’un des bouts et aboucher l’autre à la paroi ou exclusion avec occlusion partielle; enfermer les deux bouts ou exclusion avec occlusion totale.
Nous avons trouvé 10 cas de cancer iléo-cæcal dans lesquels on a fait l’exclusion de l’intestin. Dans deux cas on a pratiqué l’exclusion avec occlusion totale, c’est-à-dire qu’on a fermé les deux bouts de la portion exclue. Il s’est produit une mort, et, dans le cas quia guéri, on dut ouvrir l’anse au quatrième jour. Tous les auteurs sont d'accord d’ailleurs pour rejeter l’exclusion avec fermeture des deux bouts, quand il n’existe pas une fistule stercorale, qui sert de soupape de sûreté.
Dans 4 cas, il a été pratiqué une exclusion avec occlusion partielle, le bout distal ayant été abouché à la paroi. Il ne s’est produit qu’une mort. La mortalité n’est donc que de 25 °/o, mais l’inconvénient de ce procédé, c’est que la fistule stercorale peut persister pendant longtemps.
Enfin l’exclusion unilatérale a été pratiquée 4 fois aussi, et n’a donné qu’une mort. La mortalité est donc la même que dans le procédé précédent. D’autre part, il n’existe pas
choix.
V Entéro-anasiomose simple, — Elle a été pratiquée 17 fois et n’a donné que deux morts. La mortalité est donc seulement de l'!,20 7o. Que devons-nous conclure de ces résultats? Certes l’exclusion a de nombreux avantages sur l’entéro-anastomose simple. Elle garantit davantage le malade contre les complications septiques, puisque la lésion exclue est à l’abri de l’irritation et de l’infection apportées par les matières fécales Elle met l’anse plus complètement airrepos et doit donc retarder davantage l’évolution de la lésion. Nous avoirs vu que c’est l’exclusion unilatérale qui est le procédé de choix ; la mortalité est assez peu élevée, il ne persiste pas de fistule stercorale.
Mais^ d’un autre côté, l’entéro-anastomose simple a l’énorme avantage d’une mortalité bien moins élevée jusqu’ici, 11, 20 Yo5 lieu de 25 7o-
C’est donc l’avenir qui doit décider entre l’entéro-anastomose simple et l’e.clusion unilatérale de l’intestin.