INTRODUCTION
Il semblait, depuis les travaux de Delagénière et Gosset d’une part, de Kehr d’autre part, que la cholécystectomie était l’intervention de choix dans la lithiase biliaire, la cholécystostomie devant être limitée aux contre-indications de l’exérèse. On reprochait à la cholécystostomie de ne pas être une opération élégante, de nécessiter des pansements fréquents du fait de l'écoulement de la bile, et surtout de ne pas être une opération radicale, exposant aux récidives.
Depuis quelques années une réaction se dessine. De nombreuses statistiques, tant étrangères que françaises, de nombreuses expériences sur l'animal, tendent à montrer que la cholécystectomie n’est pas sans inconvénients. « L'opération est trop radicale. » Elle supprime un organe physiologiquement utile. Il faut compter avec la fonction vésiculaire. Toutes les fois que cette fonction paraît conservée, tant par les
signes cliniques que par les constatations opératoires,
il faut respecter la vésicule. Mais on peut aller plus
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loin : la cholécystostomie est un mode de drainage parfait du foie, des voies biliaires, et l’on insiste de plus en plus sur les bienfaits de ce drainage lorsqu'il est prolongé. Aussi les indications de, la cholécystostomie ne cessent de gagner du terrain, dépassant le cadre des cholécystites pour s'étendre aux infections, à l’ictère, aux pancréatites.
Mais ce drainage pour être efficace doit être prolongé et alors l'écoulement de la bile souillant les pansements, irritant la peau, constitue un écueil.
Notre maître le D' Desplas qui, avec le D" Jacques Dalsace s’est rallié aux défenseurs de la cholécystostomie, a mis au point une techique de cholécystostomie continente qui élimine tous ces inconvénients et permet un drainage prolongé, compatible avec une vie active, une cure thermale.
Nous avons eu la bonne fortune, au cours de nos études médicales, d’avoir été l’élève du D' Jacques Dalsace lorsque nous étions l’externe de notre regretté maître le D' Enriquez (1927) et d’avoir été l’interne du D' Desplas à deux reprises (1931-1934).
Nous avons ainsi eu l’occasion de voir pratiquer de nombreuses cholécystostomies. Le D' Desplas a bien voulu nous aider à en faire quelques-unes.
Nous avons été vite séduit par cette technique élégante et par la simplicité des suites opératoires.
Nous avons été ainsi amené à demander au D: Desplas de bien vouloir nous confier ses observations pour exposer sa technique et ses résultats. Nous
avons volontairement limité ce travail aux observa-
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tions hospitalières recueillies avant le 15 octobre 1933.
Nous avons dû ainsi éliminer les nombreuses observations de clientèle et de la maison de santé des gardiens de la paix. Ces observations nous auraient permis de baser ce travail sur une expérience beaucoup plus étendue. Nous regrettons de n’avoir pu le faire. Quoi qu'il en soit les observations ainsi limitées sont au nombre de 43.
Elles tirent tout leur intérêt de ce fait que la cholécystostomie fut pratiquée d’une manière systématique avec de très larges indications.
La plupart de ces observations sont communes au D: Desplas et au Dr Jacques Dalsace.
Après avoir étudié rapidement les inconvénients de la cholécystectomie, les incidents, accidents et avantages d'ordre général de la cholécystostomie, nous étudierons les indications auxquelles notre maître, le Dr Desplas, a obéi, et les résultats qu’il a obtenus suivant chaque cas particulier. Nous avons été ainsi amené à insérer les observations dans le texte, groupant chaque catégorie à la fin de chaque chapitre.
Nous voudrions remercier les D'S Desplas et Jacques Dalsace de leur enseignement qui nous fut si précieux, et de l’affectueuse bienveillance avec
laquelle ils nous ont conseillé et aidé au cours de ce
travail.
Le D' Germaine Chevillon, chef de laboratoire et
anesthésiste du D° Desplas, nous a été d’une aide efficace dans le collationnement des observations ; qu'elle veuille bien trouver ici l'expression de notre
reconnaissance,