UN CURIEUX MAGISTRAT
Un peu après, Poulmann, qui vivait en concubinage avec une femme mariée, raconta que, fuyant Paris avec sa maîtresse, il savait que le mari était sur leurs pas : « Notre tyran nous poursuivait... — II en avait bien le droit >•, interrompit le président de sa voix la plus solennelle.
C'est ainsi que ce procès, qui se termina par une condamnation à mort, fut émaillc de réflexions quelque peu drolatiques par le magistrat qui le dirigeait.
Cela n'empêcha pas M. Didelot d'être nommé, quelques années plus tard, au mois d'avril 1844, procureur général à la cour royale de Caen. C'est là que l'attendait une mésaventure qui dépassa de beaucoup les naïvetés du procès Poulmann et eut alors un grand retentissement. Chargé du discours de rentrée^ M. Didelot prit pour sujet de ce discours l'éloge de Malesherbes et, le confondant avec Malherbe le poète, il ne manqua pas de rappeler que c'était la ville de Caen qui avait eu l'honneur de lui donner le jour...
L'erreur fit un tel bruit que le garde des sceaux d'alors s'empressa de changer M. Didelot de résidence, et l'envoya comme procureur général à Bourges. C'est à ce propos que le rédacteur de la chronique de la Revue de Paris fit cette maligne réflexion : « C'est