KT SON PÈRE
postérité qui, dégagée des passions du moment, dira si, chez M. de Girardin, c'était Junius ou Mercadet qui dominait.
Nous ne vouions aujourd'hui que raconter un incident qui est un bon spécimen de la manière de M. de Girardin et qui pourra aider les Saumaise futurs dans leur appréciation.
Comme on le sait et comme cela a été souvent expliqué slvec détails, l'absence d'un état civil régulier qui, une première fois, l'avait fait exclure de la Chambre, pesait d'un poids bien lourd sur l'existence de M. de Girardin; ce n'était pas l'audace qui lui manquait, et, un jour, il se décida à prendre, sans y être autorisé, le nom de l'homme qu'il avait quelques raisons de regardercomme son père.
Ce nom, qui ne manquait pas d'éclat, était alors porté par plusieurs membres de la famille, et l'un d'eux, qui siégeait à la gauche de la Chambre des députés, se montrait parti-
404 EMILE DE GiRARDIN
culièrement irrité de ce qu'il regardait comme une usurpation. Le général Alexandre de Girardin, malgré de vives obsessions, résistait et il fut plusieurs fois question d'instance judiciaire pour faire cesser l'abus d'un nom irré' gulièrement porté.
Une fois la reconnaissance, que l'on sait, laborieusement obtenue, la réconciliation fut complète et le général se montra très affectueux pour ce fils si longtemps méconnu. Le général n'avait pas d'enfants, il avait une belle fortune et son nouveau fils, qui était un homme fort entendu en affaires, eut, à ce sujet, d'ardenles convoitises.
Il fut question d'une donation entre vif^; le général, sans prendre d'engagement absolu, ne se montra pas trop récalcitrant, mais il laissa entendre qu'en échange d'une aussi grosse faveur, il serait bien aise d'obtenir la pairie que l'on ne pourrait guère refuser à un