‹ Indissolubilité et divorceChapitre 1 sur 29 · APPROBATION DE L'ORDRE · texte numérisé non relu

APPROBATION DE L'ORDRE

Sous avons examina, — ^jar ordre du ï . II. Pcre Chocarnc, Provincial des Frères PrècJieui's de la Province deFrance , — l'ouvrage du T. R. Père Didon, ayant pour titre : Indissolubiliti; et Divorce. Sous l'avons juge digne de l'intpression.

Fr. Amomn Yillard,

Maître en Sacrée Tliéolojjic.

Fr. Paul Monjardet,

Prédicateur gcnéral.

Paris, le 23 janvier 1880.

Imprimatur :

Fr. Bernard Chocarne,

Provincial.

LA

LL'TTE rOLITIQUE ET RELIGIEUSE

Il est dur poui" un homme qui ne veut renier ni la Foi, ni la Raison, ni la Science, qui croit à la mission divine de l'Eglise catholique et à l'évolution providentielle des peuples, d'assister à la lutte dont les éclats remplissent le monde.

Où il voudrait voir 1 harmonie, des sectaires s'évertuent à semer la discorde.

S'il parle de la Foi, ils lui opposent la Raison et la Science ; s'il fait appel à la Raison et à la Science, ils lui opposent la Foi ; s il affirme la mission divine du Catholicisme, ils lui ohjectent l'évolution des peuples : et s'il tient compte de l'évolution des peuples, ils lui reprochent de ne pas se contenter de 1 immuahlc Ëghse,

vin LA LUTTE POLITIQUE ET RELIGIEUSE.

La Raison et la Science interdisent-elles donc la Foi? Et la Foi n'a-t-elle pas besoin de la Raison et de la Science? L'évolntion des peuples est-elle donc incompatible avec une Église immuable dans ses dogmes? Et lEglise immuable ne contracte-t-elle pas des alliances toujours renouvelées avec les peuples toujours mobiles?

r^es sectaires étroits, obstinés, crient à 1 antagonisme : ils ne Font jamais prouvé.

La guerre religieuse est partout dans la vieille Europe : en Italie, en Autricbe, en Allemagne, en Russie, en Espagne, en France, en Belgique, en Suisse; dans les petits et dans les grands États; dans les pays de race latine et dans ceux de race germaine et saxonne. Elle est dans les deux mondes : le nouveau n'y a point échappé. Et cependant, on ne peut le méconnaître, la libre Amérique est moins assaillie par la tourmente. Les Yankees, à la forte individualité, étonnent le continent par une activité indomptable, ils laissent les Européens s épuiser, dans ce qu ils nomment // lutte civili^atî'ice, et eux

LA LUTTE POLITIQIK ET R ET^IGI EL S E . ix

se grandissent clans les luttes pacifiques ponr la con qn etc du [;1 obe .

Que dautrcs se plai[jnent et s'attiistent, qu'ils envient le sort de la libre Amérique. Pour nous, persuadés que les regrets, la plainte et Tenvie sont indignes d'un homme; convaincus surtout qu'ils ne changent point les événements, nous gardons la seule attitude qui convienne à des soldats de Dieu : nous essayons de comprendre la grandeur de la guerre engagée, de déterminer Iheure de ces journées mémorables ; et nous prenons notre place, au champ du combat.

Apres tout, ces vastes mêlées où s'engagent toutes les forces sociales, humaines et diviues, sont-elles sans grandeur? Ne pronostiquent-elles pas un grand avenir? Les conflits sont-ils éternels? Et, pour qui sait voir au delà, ne représentent-elles pas ce chaos dans lequel, sous lincubation de l'Esprit, se préparent et s'organisent les mondes?

Que les esprits clairvoyants regardent donc et écoutent. Quils comprennent, s'ils le peu-

X LA LLTTK POMTIQrE ET RELIGIELSE.

veut, la lui providentielle à laquelle tout doit obéir, et qu ils 1 exécutent, s'ils en ont la vertu héroïque. L'honneur de l'homme est de se sacrifier lui même pour préparer l'évolution progressive de l'humanité ; et comme le Christ tient la tête dans ce mouvement, le devoir de ses disciples est qu ils se renoncent, prennent leur croix et le suivent.

Lorsqu'on arrête ses regards sur la France, on est frappé tout d'abord par le spectacle des divisions politiques.

Entre républicains et monarchistes, démocrates et bourgeois, opportunistes et intransigeants, autocrates et libéraux, la guerre est sans trêve et sans merci. La république, maitresse, ne parvient pas à rahier les dissidents, à endormir les regrets de ceux qui pleurent les régimes finis, ni à décourager les espérances de ceux qui en désirent la résurrection. Les partis vaincus n'ont point désarmé : ils attendent; ils vont jusqu'à prophétiser, quelques-uns même, à souhaiter des catastrophes nouvelles qui leur permettraient peut-être de ressaisir un

LA LUTTE POLITIQI E ET RE r.IGI E U SE. xi

pouvoir perdu par leur faute et que la uatioii souveraine, exécutant les ordres de Dieu, finit toujours par reprendre aux mains de ceux qui n'en sont pas dignes.

An delà de la lutte des partis, Fobservateur attentif découvre la guerre sociale.

Les partis ne font que se disputer le pouvoir ; et tout le conflit porte sur la forme du gouvcrnemeut : la guerre sociale va plus avant ; elle n'atteint pas le citoyen de telle ou telle condition, mais le citoyen même. Il y a des tiavailleurs, dans 1 humanité, et des capitalistes : il v a des riches et des pauvres ; il y a des misérables et des heureux. Les travailleurs sont pauvres, souvent misérables : une lourde fatalité pèse sur eux. Les capitalistes sont riches t opulents. L'organisation sociale ne pourraitremédier à ces inégalités souvent choquantes? et sans rêver, avec les utopistes, un Eldorado, sans croire à la suppression totale du vice, des passions, des infortunes qui dévorent tant de victimes humaines, serait-il impossible de s'élever à la formule équitable qui donnerait

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