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deveaus des théâtres , où serait le progrès? Lorsque , dans im peuple façonné au gré des doctrines nouvelles, il n'y aurait plus de prières, y aurait-il moins de douleur? Quand il y aurait plus de jeux et de plaisir, aurait-on trouvé le secret de tarir les larmes et de consoler scientifiquement les désespérés? Quand, avec lEglise, le Christ serait mort dans lame des peuples; quand le ciel percé à jour aurait montré le néant à tous ceux qui regardaient vers lui, pour trouver Dieu , la terre donnerait-elle ce que l'âme affamée d'infini appelle avec une insatiable énergie? Que me fait ce qu on nomme Tunité nationale et la paix, si c'est Tunité dans le néant, et la paix du cadavre? J'aime mieux des vivants qui se combattent que des morts s' embrassant dans un même sépulcre. J'aime mieux des autels au pied desquels le blasphème et la prière rivalisent, que des boulevards où l'indifférence n est réveillée que par les folles ivresses du plaisir.
Mais, en vérité, où donc ont-ils pris la naïve confiance d'exterminer à la longue la race immortelle des croyants, ceux qui s'imaginent de
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vaincre l'Église par l'Etat? Ils ne sont que d'un jour : la Foi a pour elle tous les siècles. Ils ne peuvent garantir leur propre postérité , car l'avenir n'appartient qu'à Dieu ; et Dieu n'a promis Findéfectibilité qu'à la race du Christ.
Les peuples et les mondes finiront; la terre passera. Les cieux conquis par le Christ pour ceux qui l'ont aimé ne passeront point.
— Alors, ce sera la guerre, la guerre sans fin, la guerre avec le sombre espoir de l'extermination? — Oui, à moins que le vaincu ne soit l'Etat, à moins que les esprits sages, s'élevant au-dessus des partis acharnés, ne se décident à entrer dans les solutions pacifiques. Tout serait sauvé : l'honneur et la liberté, la Science et la Foi, l'État et l'Église.
Que l'État renonce donc à ses prétentions dogmatiques. Tout le lui commande : l'ère de liberté politique dans laquelle le monde moderne est entré , aussi bien que son propre génie. Il n'a plus à regarder en arrière et à marcher dans l'ornière des monarchies théocratiques, il doit regarder en avant et accepter
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le rôle nouveau que lui impose la rupture de l'unité des croyances. Pourquoi ferait-il de la théocratie à rebours? Pourquoi s'infligerait-il à lui-même la honte d'une inconséquence flagrante? S'il renonce à être le protecteur armé de la doctrine catholique, pourquoi aspireraitil à être l'apôtre de la science athée? Il ne veut plus être l'exécuteur des ordres de la théologie, pourquoi se ferait-il le serviteur du positivisme ?
Il n'a qu'un rôle équitable : la neutralité. Qu'il se renferme dans ses attributions civiles. Gardien de la tranquillité et de la paix publique, qu'il laisse la religion, et la religion catholique en particulier, accomplir, dans les consciences, 1 œuvre divine dont elle a reçu le mandat.
Lorsque, en France, le gouvernement républicain comprendra son devoir, il ne trouvera dans l'Église qu'un auxiliaire puissant. Le conflit scientifique s'apaisera de lui-même ; et si les croyants attaquent l'État, ce ne sera qu'aux heures où, infidèle à la justice, il sera surpris, violant le droit commun et portant