LA LUTTE POLITIQUE ET RELIGIEUSE. XLV
atteinte à cette liberté qu'il a le suprême devoir de sauvegarder contre toutes les tyrannies.
Alors, reprenant sa vraie place, le grand procès ouvert par les savants exclusifs, entre la Science et la Foi, disparaîtra du terrain brûlant de la politique et se poursuivra, devant Topinion, dans la région plus sereine qui convient aux problèmes de l'esprit.
L'Église n'a rien à redouter du régime viril de la discussion publique; ses dogmes sont à l'épreuve du fer et du feu; son ennemi le plus redoutable, c'est l'ignorance; son péril, c'est la servitude. L'erreur seule a intérêt à se cacher, à se dérober. Seule, elle gagne à s'abriter sous d'humiliantes protections. Que deviendraient les schismes et les Églises nationales, si on les livrait à leur propre destin? Les tyrans et les sectaires le savent : aussi profitent-ils de tous les régimes concordataires, les uns pour avoir puissance sur la vérité, et pour faire payer l'appui qu'ils ont l'air de donner par un asservissement habilement déguisé, les autres pour donner une apparence