‹ Individualisme et socialisme: Robert Owen, 1771-1858Chapitre 28 sur 104 · Autobiographie, p. i54 à i · texte numérisé non relu

Autobiographie, p. i54 à i

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complètement la société à travers le monde dans son esprit, dans ses principes et dans ses pratiques, à transformer le milieu social de telle sorte qu'il ne restera plus du vieux monde pierre sur pierre. Cette première annonciation à l'univers du seul vrai système rationnel de société pour l'espèce humaine, l'annonciation d'une nouvelle existence pour l'homme sur la terre occupa et surexcita au plus haut point l'attention du monde civilisé pendant l'été et l'automne de 1817. » Dans de grandes réunions publiques qu'il entoure d'une formidable publicité, Owen expose à Londres ses vues morales et sociales; du 3o juillet au 10 septembre, les colonnes du Times et des autres journaux sont remplies par le compte rendu de ces réunions ; Owen achète 3o 000 exemplaires de ces journaux, qui donnent une reproduction in extenso de ses discours, et les envoie aux ministres des paroisses, aux membres du Parlement et à toutes les autorités sociales. Il fait tirera 4o 000 exemplaires le compte rendu de ces meetings. En deux mois cette publicité ne lui coûte pas moins de cent mille francs * . Owen dit dans son autobiographie

1. Autobiographie, p. 1 56, i57, i58, i5<). Après la réunion du i5 août, l'envoi par Owen d'un nombre extraordinaire de prospectus et de journaux, met les malle-postes en retard de vingt minutes... Owen prétend que ces événements qui avaient fait de lui l'homme le plus populaire du jour alarmèrent le gouvernement,

qu'il était décidé à dénoncer « les puissances des ténèbres », quelles qu'en pussent être les conséquences, fut-ce même au péril de sa vie 1 . Les puissances des ténèbres, c'étaient « les religions aux mille formes et la prêtraille qui maintiennent l'âme humaine dans l'erreur et enchaînent l'homme à un système de société artificiel ». (( J'avais découvert, dit Owen, que le grand obstacle à tout progrès réel et durable et à toute amélioration humaine se trouvait dans les religions qui font de l'homme l'esclave d'une ignorance grossière et enfantine 2 . »

C'est à la réunion du 21 août qu'Owen veut porter un coup mortel à toutes les fausses religions du monde ; avec son optimisme habituel il déclare qu'il était : « le seul individu vivant qui eût quelque chance d'accomplir une pareille tâche ». Owen commence son discours au milieu d'une salle comble et il prépare peu à peu l'assem-

et que, dans une entrevue, lord Liverpool lui demanda : M. Owen quel est votre désir ? en ayant Pair de lui dire que ce qu'il demanderait lui serait accordé « car il était évident qu'ils sentaient qu'ils étaient entre mes mains. » Mais Owen ne songeait à aucun avantage personnel : il désirait seulement être autorisé à mettre les noms de lôrd Liverpool et des membres de son cabinet sur la liste d'un comité. Sans révoquer en doute la véracité du récit d'Owen, on peut se demander jusqu'à quel point son optimisme ne l'a pas illusionné sur les craintes qu'il inspirait au gouvernement.

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