Douze heures sans compter les repas
OWEN INITIATEUR DE LA LÉGISLATION DU TRAVAIL 18o
payés à l'effet d'assurer l'exécution de la loi ; Tact au contraire, malgré l'expérience antérieure, laisse ce soin aux justices de paix. Enfin, tandis qu'Owen avait voulu soumettre à la loi toutes les fabriques occupant plus de 20 personnes, Tact de 18 19 ne prend en considération que les fabriques de coton. Malgré cet échec partiel, Owen était parvenu le premier à faire inscrire dans la législation anglaise le principe de la limitation des heures de travail. Ses efforts dans cette voie ne devaient pas se borner là ; il devait prendre une part active au mouvement de 10 heures qui aboutit àl'actde 18^7.
L'activité d'Owen durant cette période n'a pas été absorbée par les discussions de la commission d'enquête sur la situation des enfants employés dans les manufactures. Pendant les années 1816, 181 7, 1818, sa vie a été marquée par d'autres événements importants : sa participation aux travaux de la commission d'enquête sur la situation économique (1816-1817), sa déclaration d'indépendance religieuse (181 7), son voyage en Europe et son mémoire aux souverains d'Aix-la- Chapelle (1818). Il est nécessaire de résumer brièvement ces événements qui manifestent la confiance d'Owen en la toute-puissance de la vérité et de la raison et sa foi en la vertu réformatrice des gouvernements.
186 PH1LANTHR0PISME PATRONAL
Une crise économique, accompagnée de ses signes habituels, baisse des prix, surproduction, arrêt du travail et chômage de nombreux ouvriers, avait suivi la paix avec la France. Dans le but de rechercher les causes de la crise et les remèdes qu'on pouvait y apporter, une commission d'enquête s'était formée qui comprenait des hommes politiques, des économistes et des hommes d'affaires. Dès la première réunion, l'archevêque de Gantorbéry, qui présidait, pria Owen d'apporter a la commission le concours de son expérience. Le bon patron de New-Lanark fut amené ainsi à prendre la parole pour exposer les deux causes principales qui selon lui expliquaient la situation économique. La guerre avait créé une demande et une hausse de prix artificielles, bientôt suivies d'une crise de surproduction ^t de sous-consommation ; le développement du machinisme, qui avait marqué le dernier quart de siècle, avait eu pour résultat une diminution dans la demande et la valeur du travail 1 . A la suite de ce discours, la commission chargea Owen de rédiger un rapport sur les remèdes à apporter à la crise économique. Ce rapport au Comité de l'association pour le sou-
i. Autobiographie, p. 124, ia5. Owen évalue que la puissance productive du nouveau machinisme est égale, dans la seule filature de coton, au travail de 80 millions d'hommes et, dans les industries textiles, à celui de 200 millions.
lagement des ouvriers des manufactures et travailleurs pauvres (mars 1817) fut adressé à la commission des lois des pauvres de la Chambre des communes qui refusa de le prendre en considération. Ce rapport se rattache au chapitre suivant et à l'exposé des idées d'Owen sur la réforme sociale.
Un autre événement mérite d'être mentionné ici : la déclaration solennelle d'indépendance religieuse qu'Owen fit en août 1817. Dans son autobiographie i Owen annonce avec emphase le récit de cette déclaration publique qu'il considère comme l'acte le plus important de sa vie : « J'ai maintenant, dit-il, à raconter certains actes de ma vie publique, qui attirèrent l'attention du monde civilisé, alarmèrent les gouvernements, étonnèrent les sectes religieuses de toutes dénominations et créèrent dans toutes les classes de la société une agitation quasi-révolutionnaire. Un filateur d'une culture moyenne annonçait publiquement au monde un système de société nouveau et inconnu. C'était là un événement sans précédent dans les annales de l'histoire, événement qui a eu pour résultat de jeter dans la société un ferment nouveau destiné à régénérer l'esprit humain, à lui donner une vie nouvelle, à changer