Tous trois élus par l'assemblée
ils nomment leur surintendant sous réserve de la ratification de l'assemblée générale.
Le Conseil exécutif dirige les affaires de la communauté conformément aux volontés exprimées par la majorité de rassemblée. Chaque semaine, des rapports sont soumis à l'assemblée par le Conseil exécutif qui exprime son opinion sur le caractère des intendants ; de leur côté, les intendants doivent donner leur opinion journalière sur les différentes personnes qu'ils dirigent. Enfin, chaque semaine, les résultats de la balance des comptes de la communauté doivent être communiqués à l'assemblée.
La communauté d'Egalité-Parfaite repose sur l'égalité des privilèges : « Tous les membres de la communauté sont considérés comme une seule et même famille. Tous ont droit à la même nourriture, au même habillement, au même logement et à la même éducation. » Désormais les services des membres de la communauté n'entrent plus en ligne de compte dans l'évaluation du crédit qui leur est ouvert ; quelle que soit la valeur de ces services, tous ont droit aux mêmes avantages ; on ne se préoccupe plus du travail fourni, mais seulement des besoins et de l'égalité des droits : par là, la communauté d'Egalité-Parfaite se différencie théoriquement de la Société préliminaire.
L'établissement de la communauté d'Egalité- Pariaite a pour premier résultat une scission : un certain nombre de membres de la Société préliminaire se refuse à signer la Constitution et deux petites communautés se forment à côté de la première : Macluria et Feiba-Peveli. Les raisons de cette scission semblent avoir été des motifs d'ordre religieux et surtout l'amour-propre blessé d'un homme, le capitaine Macdonald, dont les vues n'avaient pas prévalu à la Convention constitutionnelle. Du reste, les deux nouvelles communautés adoptent des constitutions identiques à celle de la communauté-mère, à cette différence près qu'elles refusent aux femmes le droit de vote.
La mise en application de la nouvelle Constitution amène un désordre et une anarchie tels que, le même mois, le Conseil exécutif demande à Owen de prendre en main, pour quelque temps, la direction de la communauté. La Constitution continue à subsister théoriquement, mais, en fait, elle est comme suspendue par la dictature d'Owen.
Dès le 22 mars 1826, la New-Harmony Gazette avoue le mal profond dont souffre la communauté : « Nous avons passé notre temps à discuter des principes abstraits ; nos activités se sont dépensées en vains efforts, chacun s'efforçant de
convaincre les autres qu'il possédait seul le pouvoir de leur procurer le bonheur social 1 . » La New-Harmony Gazette ajoute que les assemblées ne sont que « des arènes d'orateurs combattifs » et que les rues présentent le spectacle habituel de groupes de causeurs paresseux. En effet, à New- Harmony, on parle, on discute, on ne travaille pas. On se trouve en présence, non d'ouvriers laborieux, mais d'inventeurs de systèmes; on est préoccupé, non de la production des objets nécessaires aux besoins, mais de la recherche d'une Constitution idéale.
Les renseignements, fournis au jour le jour par la New-Harmony Gazette, révèlent les difficultés incessantes que rencontre l'administration. Au commencement d'avril 2 , la Gazette déclare qu' « une communauté ne devrait pas au début comprendre plus de 20 à 3o personnes, parce que, si le nombre des associés est supérieur, il y a plus de chances qu'ils ne s'entendent pas ». L'administration publie des considérations et recommandations très suggestives sur ce qui se passait à New-Harmony 8 : « On doit éviter les injures, les murmures et les conversations bruyantes ; on, ne doit pas critiquer ni blâmer le