CONCLUSIONS
L'œuvre française en Indochine reste donc vaste et profonde, riche et variée. Elle s'est essayée à trouver des solutions à tous ies problèmes qui s'y présentaient ou à y apporter des remèdes. Mais cette œuvre matérielle fut surtout réalisée grâce à un sens social aigu qui nous permit d'assurer la protection d'êtres sans défense contre eux-mêmes et contre autrui, par de nombreuses mesures d'assistance et de prévoyance.
Qui donc pourrait nier que l'Indochine n'ait pas gagné à notre effort ? Qu'était-elle il y a seulement soixante ans ? Certes, l'Administration française ne fut pas sans défaut : on peut critiquer ses méthodes, accuser ses abus, faire le procès des bureaux et de leur encombrante paperasserie ! Mais rien ne s'oppose à ce que la France ne continue son œuvre en Indochine, d'autant mieux qu'il ne faut pas oublier que ce pays d'Annam n'est pas toute l'Indochine ; qu'à côté des Annamites vivent sur les sols voisins d'autres races et d'autres peuples à qui nous avons promis notre protection. Il nous faudrait les abandonner ?
Qui ne voit qu'une pareille hypothèse est franchement inadmissible ? Qui pourrait envisager ce recul ?
La France des temps modernes a toujours voulu faire triompher dans le monde les principes de justice et d'humanité pour lesquels elle a tant lutté et tant souffert.
Aujourd'hui, demain, comme toujours, elle ne cessera de fournir de bons ouvriers du progrès humain. (A. Varenne, discours).
L'histoire, nous l'avons vu au début de ces pages, est là, présentée dans un faisceau de faits, ce qui a permis à M. Paul Doumer de dire dans Coup d'œil sur l'Indochine (1923) :
« Aux xvii* et xviii> siècles, les Français se sont « occupés de l'Indochine et ont exercé une sorte de < protection sur ses différents Etats qui doivent à « nos compatriotes leurs moyens de défense, leur c organisation intérieure, les succès qu'ils ont rem- « portés. Puis, nous avons oublié... L'activité fran- « çaise s'est dépensée, toute, en Europe et les mis- « sionnaires établis sur le sol Indochinois ont seuls
* constitué la chaîne qui relie le passé aux événe- « ments" modernes. C'est pour eux que nous sommes
* intervenus et que, trouvant un gouvernement dont « les ressorts étaient faussés, qui était incapable de « maintenir l'ordre dans ses provinces, de donner la « paix intérieure à ses sujets, la sécurité à ses hôtes, « nous avons dû nous substituer progressivement à « lui. Morceaux par morceaux, contraints que nous « étions par les événements plutôt qu'agissant de « propos délibéré, notre prise de possession de l'In- « dochine s'est faîte. »
Races habitant l'Indochtm